jeudi 28 mai 2009

41 semaines et deux jours

Tu parles d'une crisse d'idée toué, se lever à six heures du matin, sauter dans le char et se crisser dans le trafic à sept heures.
Pas personne qui va me convaincre de faire ça à l'année longue.
J'vas gagner moins cher, mais calvaire, jvas vivre chez nous, pas dans un char.
Tout ça pour dire qu'on avait un rendez-vous à Pital Lasalle à huit heures du matin.
Pour une échographie, histoire de voir comment ça se passe dans cette bedaine, vu que chose a pas l'air pressé d'en sortir.
Comme Fiston à l'époque, d'ailleurs.

Finalement, y avait pas de trafic.
On est arrivé 10 minutes en avance, y avait seulement deux femmes.
Faut dire qu'à chaque fois qu'on va là, c'est minimum quatre heures d'attente, même si on a un rendez-vous.
Faque, on se fait un lunch, des ti-cossins à grignoter, des jouets pour le plus vieux pis on attend.
Cette fois-ci, on a battu des records.
On a attendu en tabarnac.
On en a vu du monde passer dans salle d'attente.
Ça roulait.
Nous autres on restait là.
Une femme arrive avec sa fille de 7 mois, sa mère et sa sœur enceinte.
Une discussion enflammée entre elles s'en suit:
—Areuuuueuoillle gaaaaaaa!
—En tout côs les filles à jôb ont commencé à prendre des gôjures sul sexe du bébé d'une des filles dla job.
—Y dmendront pô lsexe?
—Yahiiiiigneueueue!
—T'a peu mon trésôr
—Ben non, y dmendront pô lsexe, sont spicial un peu.
—Ben lô, sa bidaine est comment?
—Pointu mais un peu sul large pareil...
—Un gâh!
—Ben non, sul large st'une fille!
—Ça dépends!
—Gazouiiiiiuouougneeeu

Elles ont fini par passer.
On est resté assis à attendre.
Une autre famille est entrée.
Trois enfants, une mère agressive/impatiente, un père soumis.
Ils en veulent un quatrième.
Z'étaient déjà pas mal bruyants pourtant.
—Mackenzie, come back right here! Leave that right there, do this RIGHT NOW!
Je suis sorti dehors avec fiston à la recherche d'un parc, il méritait bien ça, y avait pas dit un mot de travers et ça faisait déjà un bon deux heures qu'on attendait.

On est revenu une heure plus tard, Douce était plus dans la salle d'attente.
L'était dans une autre salle d'attente, pour un TRL, écouter le coeur du bébé, checker les contractions, blabla.
Anyway,
On est sorti de là y était deux heures moins quart.
On a quand même eu le bonheur d'être crissé sul cul par la baboune du bébé.



En sortant on a décidé de faire un détour sur Marie-Anne, au coin de Messier, manger un burger comme y en a pas ailleurs.
Ça faisait un bail que j'y était pas allé, rapport que le chum qui restait là est rendu ailleurs, loin.
Ça l'air de ça asteure:




Pas certain que ça va lui redonner le gout de revenir tant que ça.

Vers la fin du repas, une fille entre, s'assoit à la table à côté de nous.
Banale.
Jusqu'à ce que la serveuse lui demande si elle est prête à commander.
«Ben là, j'attends keukun!»
Pas banale.
Pas bête non plus, juste, hmm, chiante un ti-peu.

La porte s'ouvre, un homme entre en courant presque.
Il porte une longue boite de carton qui semble contenir un parasol, une grande affiche, banderole ou un autre objet de propagande matraquage endoctrinement marketing du genre.
Il dépose la boite sur la table, elle dépasse d'un bon trois pieds, et se met à parler sans arrêt.
Il la place, la replace, tentant de s'en accommoder, hésite, semble se demander comment il va réussir à manger avec ça sur la table.
La fille, sans dire un mot, saisit la boite et la dépose par terre, sous la table.
Le type n'a pas arrêté une seconde de parler.
—Saluuuuuut! Ça va?ouin,eillejtedisqueçalâchepastrophein???T'asturéussiàrjoindreMatis
pourlelocaldemain?
—Allo! Vous voulez le menu?
—Saluchépastrop! Kessquevousavezquisefaitvitevite?
Untisamouicheunesoupetêteben?
—Moui, on a la soupe du jour, crème de poireau, sinon, ben, on à la guédille.
—OUIlagueudillecébon!
—D'accord, sra pas ben long...
—Eillecélfun! Stassébonunegueudille!
—Cé quoi une guédille au fait?
—Ohlagueudillesfâpaslongtempsquejemangeçô, lô. J'aicommencéçôenGaspésie, stuassezbeaulaGaspésie!
Il avait deux accents, le gai et celui du Lac.
Ça m'a frappé parce que, il me semble, et ça se confirme avec les gais que je connais, le gai ne veut pas avoir l'air provincial.
La province ne veut pas de lui, pourquoi devrait-il en conserver l'accent?

—BonfèkelôlôlôtumedisqueyavaitpluslebleuDVSpisqu'yvoulait
pasqu'onprennentlebleuroyalpasky l'ontpris su unautreprojetladernièrefouais?
—Ouan, c'est ça qu'y arrive icitte, tu fais le tour vite de Montréal.


C'est rare que ça m'arrive, mais, aussitôt que je l'ai vu entrer, j'ai eu le gout de le filmer, l'enregistrer pour ensuite tout retranscrire, pour que sa vie devienne un exemple de ce que cette hostie de machine peut faire à une âme, qui à la base, devait être ben correct.
Il me rappelait trop de gens que je côtoyais dans d'autres vies.
Du monde ben correct, mais complètement enduit du paraitre de ce milieu, qui en deviennent bêtes, froids, superficiels, cons. Des gens qui te donnent du «c'est quoi ton ti-nom déjà?» comme s’il n'y avait pas de lendemain. Tout ça en répondant sans cesse au cellulaire.

Sa soupe arrive.
Il la mange.
Sa guédille arrive, il cherche de la place, n'en trouve pas sur sa table.
Je suis concentré sur les notes que je prends, j'essaie de suivre son rythme.
Le crayon-feutre de fiston me fait des gros traits au fond de la main, je vais avoir de la misère à relire ça...
Il dépose son bol de soupe devant moi, sur ma table.
Parce que je suis son ami?
Parce que j'ai l'air de m'en aller?
Je le regarde, pour voir s'il va s'excuser.
Il m'ignore complètement.

Vraiment, faudrait le filmer.
Ou je pourrais le suivre et noter tout ce qu'il dit!
Dommage, cette envie de chier qui me tenaille m'oblige à rapailler les petits et partir.
J'en rencontrerai surement encore des comme ça anyway.
Un autre tantôt.

dimanche 24 mai 2009

Comiques

L'horreur.
Me suis mis à imaginer que les comiques dominaient tout!
Ils se faisaient des galas de comiques, avec des jokes de comiques que d'autres comiques applaudissaient parce qu'ils trouvaient ça comique, vu qu'y passaient à TV, vu que les galas passeraient à TV, comme de raison.
Après les galas, tous les comiques et leurs compagnes/compagnons, leurs producteurs, même des scripteurs (des undergrounds fuckés pis des scripteurs/comiques réguliers, officiels), tout le monde seraient là pour jaser, manger des samouiches qui goutent drôle pis se paqueter la yeule en riant pas des jokes des autres comiques, vu qu'y auraient pus de caméras après les galas.
Asti, tu parles d'un cauchemar.
Comme si y fallait que les comiques aient un gala en plus, crisses y sraient partout!
AH!
Ouf.
L'horreur.

samedi 23 mai 2009

Gêne-toi pas, bébé.

C'est sûr que c'est tannant les annonces.
Ça te parle d'être unique, rebelle, de défier l'autorité, mais de faire tout ça en mangeant de la Miracle Whip.
Tsé, la Miracle Whip, c'est même pas de la vraie mayonnaise anyway.
Faque, fait toi z'en pas si t'aimes pas ça.

C'est sûr aussi qu'entre les annonces c'est pas ben mieux.
Y a ben du monde qui vont essayer de te faire à croire que c'est le but, avoir sa place entre des annonces.
Tsé, c'est drôle, mais, un coup fermé, la TV, c'est moins tannant...
Faque, fait toi z'en pas si tes ongles brillent pas comme la gédaille de la météo.

C'est sûr aussi que tu m'entends pas souvent, d'en dedans.
C'est pas parce que chu pas là, que je te parle pas, c'est comme ça.
Tsé, je parle pas gros gros, ton frère le sait lui, ça le dérange pas, comme c'est là.
Faque, attends pas que je te le dise, gêne toi pas, bébé.
Viens-t'en.



dimanche 17 mai 2009

L'humorisse de la semaine

Je voudrais bien croire à l'objectivité des médias.
Me semble que ce serait mieux pour moi et ma famille.
Quoique.
Je n'aurais pas de fous rires aussi souvent que cette semaine.
Un certain Christophe Bergeron nous fait le bonheur de retranscrire son entretien avec l'humorisse Zoé Valdés.
On y apprend certaines choses, on retiendra surtout que Valdés, selon ses propres dires, n'est pas une historienne.
En tout cas, elle a un sens de l'humour très développé.
Elle jongle avec les mots avec légèreté, créant sophisme hilarant par-dessus sophisme comique. C'est un feu roulant de drôlerie.
Lisez plutôt :

On attribue à Fidel certaines réussites en termes de médecine et d'éducation. Mais vous dites qu'en fait, il a hérité d'infrastructures créées par Batista, le dictateur qu'il a renversé.

"En effet, il a hérité d'une médecine publique qui était déjà efficace. Quant à l'éducation, Batista avait déjà fait beaucoup d'avancées dans les années 40. Avant l'arrivée de Castro, le taux d'alphabétisation n'était que de 24 %, l'un des plus bas en Amérique latine.(...)"

C'est une magicienne!
Réussir à associer « beaucoup d'avancées » et « que de 24 % » en moins de deux phrases, et nous donner l'impression que c'est positif, il faut vraiment une grande maitrise de la rhétorique.
La chute de ce paragraphe en est une autre preuve éclatante :
« (...)La campagne d'alphabétisation de Castro était politique. C'était une manière pour lui de faire passer son message auprès des populations rurales. Les livres d'école sont des outils de propagande à Cuba

Voilà.
Je crie au génie!
Quelle clairvoyance!

Heureusement, on peut compter sur le Voir pour nous dévoiler ces perles.
Vous doutiez du capitalisme en ces temps difficiles?
À la page quatre, on va vous montrer comment on parle de ceux qui essaient de résister à l'Empire.
Oubliez ces barbares.
Gardez espoir en la piasse.
Allez consulter le cahier tendances.

C'est pas parce qu'on rit que c'est drôle, eh?

Voyez un peu comment la propagande fait son travail chez nous. Dans ma maison :

— Papa, tasse-toi, je vois pu la tévision!
— Pas grave, fils, c'est des pubs, c'est de la crotte la pub.
— Ben non papa! C'est bon la pud! Ça nous dit quoi acheter!


Allez, madame Valdés, continuez d'essayer de me faire oublier l'Histoire.





Faudra bien que je me résigne.

Je suis en mode rattrapage/déprogrammation.

Mes enfants ne m'appartiennent déjà plus.

Sieg heil!







"Welcome to the offices of Economic and Manpower Analyses here at our historic and sprawling West Point Academy campus! My name is Mindy! It is my distinct pleasure to introduce you to a loving father of three (and a champion of the sanctioned use of armed force in pursuit of policy objectives). Ladies and gentlemen, put your hands together for the project director of our newest recruitment strategy; our mission to staff future combat systems through current technologies. Without any further ado, I give to you Colonel Casey Wardynski!"

"Thank you! Let me begin with some sentimental appeals to our national myths; assorted clichés coined by the state; the ideological shorthand meant to sweep your private doubts [away] of this virtual training course. This portal; this Trojan Horse that you living idiots paid for and actually rolled into your own kids' rooms."

"Oops, did I just say that out loud? Oh, well, it's not like it's something new. It's just the logical extension of the decades of bilge water that you've let us pump into your homes. The pink noise that hums away in the background while you run the gauntlet we force on you everyday. The billowing candy floss that helps to soften the blow. Deep down you've always known that your children already belong to us, so why don't you cut the outraged parent routine, shut your mouth and get back in your seat. Your children already belong to us. What are you? You will pass on. And they won't know a fucking thing but this 'community,' this real life Ender's Game. Forget what you think you know"

jeudi 14 mai 2009

La vie

When Im lyin in my bed at night
I dont wanna grow up
Nothin ever seems to turn out right
I dont wanna grow up
How do you move in a world of fog
Thats always changing things
Makes me wish that I could be a dog
When I see the price that you pay
I dont wanna grow up
I dont ever wanna be that way
I dont wanna grow up

Seems like folks turn into things
That they'd never want
The only thing to live for
Is today...
Im gonna put a hole in my tv set
I dont wanna grow up
Open up the medicine chest
And I dont wanna grow up
I dont wanna have to shout it out
I dont want my hair to fall out
I dont wanna be filled with doubt
I dont wanna be a good boy scout
I dont wanna have to learn to count
I dont wanna have the biggest amount
I dont wanna grow up

Well when I see my parents fight
I dont wanna grow up
They all go out and drinking all night
And I dont wanna grow up
Id rather stay here in my room
Nothin out there but sad and gloom
I dont wanna live in a big old tomb
On grand street

When I see the 5 oclock news
I dont wanna grow up
Comb their hair and shine their shoes
I dont wanna grow up
Stay around in my old hometown
I dont wanna put no money down
I dont wanna get me a big old loan
Work them fingers to the bone
I dont wanna float a broom
Fall in love and get married then boom
How the hell did I get here so soon
I dont wanna grow up