Il y a un type à qui je dois beaucoup, et ça ne fait pas très longtemps que je m'en suis rendu compte.
Nous étions dans les mêmes cours au CÉGEP André-Laurendeau et ensuite à Concordia.
Pierre-Antoine Tremblay.
La dernière fois que je l'ai vu, il quittait l'université, dégouté de la lourdeur de la chose.
Notre prof au collégial était en extase devant ses photos et je ne comprenais pas trop.
À l'époque je découvrais avec stupéfaction les horreurs et les ravages de la pauvreté sur l'Est de la ville, lui semblait déjà ailleurs, étant plus vieux, il n'avait que faire des squats et autres taudis que j'arpentais à la recherche de LA photo mémorable.En y repensant bien, je ne faisais que répéter la même syntaxe et la même grammaire du topo spectacle des nouvelles de six heures.
Ses clichés détonnaient de cette bouilli pour les esprits pauvres, on n'y voyait en somme que très peu de choses, des bancs de métro, des débarcadères d'entrepôts et tout ce qu'il pouvait prendre de façon symétrique, clinique, froide, presque.
Ce n'est que maintenant que je comprends qu'on gagne bien plus en montrant l'horreur du quotidien et tous ses anesthésiants.
Quelqu'un pourrait aisément comparer mes photos actuelles avec les siennes qui datent pourtant de 15 ans.
Les siennes sont pourtant les siennes et les miennes sont évidemment les miennes.
Les choses sont là pour être photographiés.
À chacun d'y voir ce qui l'inspire.
Voilà pourquoi, je ne me choque plus quand je vois une photo comme celle-ci, dans le cadre d'une exposition dans le Montréal sous terrain.

Prise à part, comme je le fais présentement, on pourrait croire au plagiat, mais dans le contexte de ce projet, intitulé Stationnement, il n'en est rien. En fait, pour tout dire, elle cadre plus ou moins bien, et passe presque inaperçue, le gros du travail portant sur les petites cabanes des responsables des stationnements qui parsèment le centre-ville. L'esprit du projet reste quand même assez près de ce que je fais, et ce doit être une bonne nouvelle.
Ça ne me choque plus, mais disons que ça surprend quand même.
Ce doit être l'air du temps, 15 ans plus tard.
Faudra envoyer un chèque à Pierre-Antoine Tremblay, un jour.
2 commentaires:
S'il a un site, file-nous le. Mais si j'étais lui, je serais câlissement touché par le renvoi d'ascenseur, chose si rare de nos jours.
J'ai cherché des traces de lui sur les internets, je n'ai trouvé que sa page Facebook.
Il était pas du genre démonstratif, il a pas changé faut croire.
Sinon, je pourrais quand même nommer l'auteur de la photo que j'ai affiché ici:
Jean-François Gratton.
Enregistrer un commentaire