mercredi 25 mars 2015

Vulnérabilité

Voici où j'en suis.
Je suis tombé par le plus grand des hasard sur cette conférence cette semaine.
Seulement, je ne crois plus vraiment au hasard.
Cette dame résume en 20 minutes seize secondes ce que j'ai compris en sept mois de thérapie.
Voilà.
Ce pourrait bien être la dernière chose que je publie ici, je n'en sais rien, et je m'en contrecalisse pas mal, honnêtement.
Accepter d'être imparfait et vulnérable rend fort.
Je suis entier.
Enfin.
Checkez moué ben aller.

vendredi 13 février 2015

Indestructible et Straight to Hell



And I know, I'm indestructible
And I know, I'm indestructible
Tonight!

Break down! Come on tell me its not true
It's a shakedown! Come on tell me who are you
It's so fake now, everything I see right through
I'm ashamed now, to say I ever know you


See, the Great Athenians, man, their not even from Athens
And the kid from Avenue "A", man, he ain't even from Manhattan
And nothing is what it seems so I'll just stand here laughing
I'm gonna keep on going though, I can't get distracted

And I know, I'm indestructible
And I know, I'm indestructible
Tonight!

Playback Rock and Roll come and save me
It's a safe bet that you will never ever betray me
And I'll give back everything that you gave me
And I know that no one can ever ever contain me

And I won't get bogged down like some American consumer, nah
And I'm dancing now to a whole different drummer
And I'll keep listening to the great Joe Strummer
cause through music, we can live forever

And I know, I'm indestructible
And I know, I'm indestructible
Tonight!

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Remettre, encore une fois, les pendules à l'heure.
Paper planes? I don't think so.
Straight to hell.

dimanche 28 décembre 2014

Dans nos Forêts

Je ne suis pas mort.
En fait, oui, mais non.
Le Guillaume qui tenait ce blogue n'existe plus, et c'est tant mieux.
Le blogue, l'internet, était une fuite vers l'avant.
La fuite a mené à un cul-de-sac, une crise. La crise m'a fait naitre, mais m'a dépossédée de ma compagne que je croyais avoir à mes côtés pour toujours.
J'apprends à marcher seul, sans avoir à me valoriser par le regard des autres.
J'y arrive. De plus en plus.


Je voudrais écrire, mais j'ai la tête ailleurs, les yeux voilés et le coeur lourd.

Aujourd'hui, une amie inestimable, femme d'un ami tout aussi important, m'a fait parvenir ce texte de David Desjardins que je relis aux quinze minutes depuis ce matin. « (...) la douleur de cette brûlure qui vous fait arpenter la ville comme un fantôme, et ce sentiment d’être soudainement un étranger, touriste dans sa propre vie, où même les amis, tiraillés, deviennent fuyants comme des étrangers »

Je vous souhaite à vous qui vous vous égarez ici comme dans un parking de centre d'achat fermé, une année 2015 lucide. Pleine de lumières. Et de courage.
Le courage d'affronter vos démons.


Dans nos forêts
27 décembre 2014 |David Desjardins
Les lumières multicolores à la devanture des boutiques, celles entortillées en rubans incandescents sur le fer forgé des balcons. Le sapin dans un coin du salon, attendant qu’on lui installe ses ornements le lendemain. La musique de Bing Crosby, la bande sonore de Charlie Brown, usées comme un vieux cardigan dont on refuserait de se départir, ses mailles évasées recelant mille souvenirs.

C’était juste avant Noël. À la Buvette Scott, les gars derrière le comptoir farfouillaient dans les piles de disques vinyle, s’essayant à tous les mariages, même abominables. Les Stones et Kurt Vile, d’accord. Mais Plume tout juste après ? Leur enthousiasme était beau à voir. De nouveaux proprios d’un resto de quartier tout neuf, juste assez bancal pour qu’on l’aime tout de suite.

On s’est assis au comptoir, un nouvel ami et moi, on a beaucoup parlé de vélo, de courses, d’entraînement : passion commune. On s’est un peu raconté nos vies, et puis je lui ai demandé, avec toute l’indélicatesse dont je suis capable : t’as pas de blonde, toi ?

Son regard s’est voilé. Pendant le reste de la soirée, il m’a raconté une passion dévorante partie en vrille, comme un avion qui perd une aile. Un bonheur qu’il n’imaginait pas, la douleur non plus.

Je n’ai rien trouvé d’intelligent à dire. Je lui ai parlé du temps, son ennemi d’aujourd’hui, son allié de demain. Des choses qu’on entend sans les écouter quand on a si mal.

Le lendemain matin, je me suis levé avant le soleil. La neige tombait doucement sur la rue noire, semée de déglaçant. À son contact, elle crépitait.

J’ai pris les journaux, les ai parcourus, puis j’ai lu quelques pages d’Un bonheur parfait, de James Salter. Ne vous fiez pas au titre ragnagna, dont on dirait qu’il est celui d’un roman de Marc Levy. Salter est un orfèvre de la vie ordinaire. Cette vie qui se dérobe sous nos yeux, les amours qui dérivent lentement. Il est un fabuleux styliste qui utilise la beauté du geste pour entrer dans la tête de ses personnages et imager ce qui les taraude. Ces pensées qui nous hantent, ces réalités dont les détails nous éludent.

À propos du couple au coeur de son roman, Salter écrit : « Leur vie est mystérieuse. Pareille à une forêt. De loin, elle semble posséder une unité, on peut l’embrasser du regard, la décrire, mais, de près, elle commence à se diviser en fragments d’ombre et de lumière, sa densité vous aveugle. […] Et toute cette texture solidaire est une illusion. En réalité, il existe deux sortes de vie : celle que les gens croient que vous menez, et l’autre. Et c’est l’autre qui pose des problèmes, et que nous désirons ardemment voir. »

Ce n’est pas par voyeurisme, ajouterais-je, autant que par simple besoin de ne pas être seul au milieu de l’opacité de sa propre forêt. De savoir que toutes les autres familles, tous les autres couples, tous les individus nagent en plein mystère. Et que, contrairement à ce que disait le poète, chaque homme est une île.

C’est un peu ce que me disait un autre ami, une semaine après le premier. On ne sait rien des autres, même pas ceux qui partagent notre existence.

Je connais celui-là depuis le tout début de l’adolescence. Son couple a duré la moitié de nos vies. Inutile d’entrer dans les détails, qui ne seraient qu’impudeur. Lisez le roman de Salter, qui, bien qu’écrit l’année où nous sommes nés, en raconte tous les détails. C’est sa détresse, ou enfin son désarroi, qui m’a touché. Comme chez mon autre ami. Leur impression à tous les deux d’avoir perdu pied, de chercher encore l’équilibre et d’avoir le sentiment qu’ils ne le retrouveront pas. Deux gars brillants, qui aiment la vie, emmurés dans la tristesse.

Et puis, il y avait leur regard. Cette manière de me dire que mon bonheur à moi m’interdit de comprendre leur malheur.

Ce n’est pas faux. Parce qu’on oublie la douleur de cette brûlure qui vous fait arpenter la ville comme un fantôme, et ce sentiment d’être soudainement un étranger, touriste dans sa propre vie, où même les amis, tiraillés, deviennent fuyants comme des étrangers.

Salter écrit : « La vie, c’est le temps qu’il fait, les repas. Des déjeuners sur une nappe à carreaux bleus où quelqu’un a renversé du sel. »

Tout est banal. Y compris la passion, la trahison. On a envie de s’en révolter, de brûler la nappe. De ne pas le croire.

C’est ce déni qui nous permet de nous envoler et provoque du coup cette terreur quand on nous coupe les ailes. Alors on s’écrase. On se relève péniblement. La vie reprend ses droits, comme la jungle, toujours aussi dense. On se guérit un peu en racontant sa chute. On en fait des récits pour les amis. Des romans. Des chansons. Autant de rappels de la précarité de ce qu’on aime, de la complexité des choses.

Autant de ponts que nous jetons entre nos îles de solitude.

Des lumières dans nos forêts.

lundi 20 octobre 2014

Rédemption

Je n'ai jamais trop su qui j'étais.
En même temps, j'étais pas mal convaincu que je savais.
J'ai vogué d'une opinion à une autre, sans trop savoir où j'en étais réellement, sans trop savoir que je ne savais pas.

J'écris ça, et c'est comme si soudainement, je sais.
Alors que non. Mais oui, en même temps.

Ne sachant pas trop qui j'étais, j'ai eu tendance
à mal évaluer ce que j'avais.
J'ai toujours eu l'impression de ne pas être à ma place, de mériter mieux.
Sans chercher à le mériter, ce «mieux», sans faire l'effort de l'atteindre.
La réponse viendrait d'ailleurs, de quelqu'un sachant ce que je vaux alors que je ne le savais pas
moi-même.
Je ne me fais plus d'illusion, finalement.
J'ai trop causé de peine, par immaturité, par égoïsme.

On ne me sauvera pas.
C'est moi qui le ferai.

Ça y est.

dimanche 13 juillet 2014

Jerusalem




"Maybe I'm only dreaming, and maybe I'm just a fool, but I don't remember learning how to hate in Sunday School..."

samedi 17 mai 2014

En vie

mercredi 9 avril 2014

Arrangez-vous avec ça

Le Québec en deux minutes et demi, un portrait limpide et clair.



Y'a du monde qui donnent
Pis d'aut' qui en reçoivent
Y'a du monde qui t'volent
Pis d'aut' t'en doivent
Y'a du monde c'est d'même
Courent après leurs cennes
Pis d'autres « eh ben » la peine qu'y cernent

J'ai pour mon dire
Qu'les poches ben pleines
Quand t'es r'gardes pas
Y vident les tiennes

Y'a du monde dans l'trouble
Pis d'aut' dans l'ch'min
Y'en a un qui a toute
Un autre qui s'plaint

2, 3 becs plates
Avant d'y aller
Pis ben du courage
Pendant l'souper

À toutes les soirs y'est 22 heures
Pis y'a du monde que'que part
Ça' l'air ailleurs

Des gars ben croches
Qui roulent la patente
Pis du monde ben drette
Ça coupe des planches

Entre le 9 à 5, pis l'gars qui s'crinque
M'as t'dire
Eh que ça suce quand tu t'crosses rienque

Fait a'ec c'que t'as quand tu n'as pas...
On est gros!
Pis on est là!
Pis on mange ben du Gadoua!

Moi j'préfère la Mont-Royal
Checker les babes
Ça ça m'parle
Surtout quand y fait beau
Avec le Gyps pis Robicheau

Du monde qui ont toute
Rien à manger
Eh qu'ch'tanné
D'dire chus tanné

Y'a du bœuf dins chars
Du bum dins parcs
Pis du monde dins rue en tabarnak

Des gars ben fiers
Ça t'pointe du doigt
Sont là, « R'garde ça
Checkes-y l'allure »

Mais y n'a tout l'temps un qui l'pointe sur toé
Pis là guess what?
Ben tu fais dur

Si tu m'demandes
Comment ça t'coûte
Manger des toasts
Finir tes croûtes

Ça dépend d'toi
De c'qui t'excite
Oùsse tu vas pis qu'est-ce tu fais icitte

Check la passe
Pis l'buffet
Maint'nant c't'icitte
Pis t'à l'heure c't'après

Check avec toi-même pour la soif d'l'espoir
Parc' la pinte est bonne
Pis on veut toute l'avoir

Tu fais a'ec c'que t'as quand tu n'as pas...
On est gros!
Pis on est là!
Pis on mange ben du Gadoua!

samedi 22 mars 2014

lundi 17 mars 2014

Slainte, Mrs. McGrath

Bon restant de St-Patrick aux ivrognes qui sont pas encore couchés!


"Mrs McGrath," the sergeant said,
"Would you like a soldier out of your son Ted?
With a scarlet coat and a big cocked hat
Mrs McGrath will you like that?"

With your too-ri-aa fol-ded-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa
Too-ri-aa fol-did-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa

Now Mrs McGrath lived on the shore
And after seven years or more
She spied a ship come into the bay
With her son from far away

"O captain dear, where have ye been?
You been sailing the Mediterranean
Have you news of my son Ted
Is he living or is he dead?"

With your too-ri-aa fol-ded-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa
Too-ri-aa fol-did-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa

Then came Ted without any legs
And in their place two wooden pegs
She kissed him a dozen times or two
And said, "my God, Ted, is it you?

Now were ye drunk or were ye blind
When ye left your two fine legs behind?
Or was it walking upon the sea
That wore your two fine legs away?"

With your too-ri-aa fol-ded-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa
Too-ri-aa fol-did-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa
With your too-ri-aa fol-ded-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa
Too-ri-aa fol-did-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa

"Now I wasn't drunk and I wasn't blind
When I left my two fine legs behind
A cannonball on the fifth of May
Tore my two fine legs away"

"My, Teddy boy," the widow cried
"Your two fine legs were yer mother's pride
Stumps of a tree won't do at all
Why didn't ye run from the cannonball?"

With your too-ri-aa fol-ded-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa
Too-ri-aa fol-did-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa
With your too-ri-aa fol-ded-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa
Too-ri-aa fol-did-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa

"All foreign wars I do proclaim
Live on blood and a mother's pain
I'd rather have my son as he used to be
Than the King of America and his whole Navy"

With your too-ri-aa fol-ded-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa
Too-ri-aa fol-did-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa
With your too-ri-aa fol-ded-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa
Too-ri-aa fol-did-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa
With your too-ri-aa fol-ded-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa
Too-ri-aa fol-did-dle-di-aa too-ri-oo-ri-oo-ri-aa

Hey!

dimanche 9 mars 2014

20e anniversaire du décès de Charles Bukowski

Je suis probablement dans le champ, mais j'ai cru remarquer que de nos jours, le top du top, l'ultime accomplissement pour quelqu'un de moindrement créatif, c'est d'aboutir chez Sid Lee pour créer des annonces de souliers de courses, de sent-bon ou de vodka cheap.
Je sais ben que ça paye les comptes, pis je sais ben que je suis probablement juste jaloux, mais, calisse, c'est tout? L'accomplissement ultime du créatif, c'est de vendre plus de papier cul que le concurrent?
Ou faire élire le moins pire candidat de la gang?
Oui, vraiment, quelle époque formidable.

Il y a 20 ans mourrait Charles Bukowski, à voir l'état des choses, je suis pas convaincu que ça lui tenterait de revenir si on lui donnait la chance entre reboire un dernier Bordeaux ou continuer de se faire manger le cul par les asticots.


“I had noticed that both in the very poor and very rich extremes of society the mad were often allowed to mingle freely.” 


“The problem was you had to keep choosing between one evil or another, and no matter what you chose, they sliced a little more off you, until there was nothing left. At the age of 25 most people were finished. A whole goddamned nation of assholes driving automobiles, eating, having babies, doing everything in the worst way possible, like voting for the presidential candidate who reminded them most of themselves.” 
― Charles BukowskiHam on Rye




samedi 8 mars 2014

Pour que les femmes aient plus qu'une journée, un de ces jours




if we lived in a world withought tears
How would bruises find
The face to lie upon
How would scars find skin
To etch themselves into
How would broken find the bones

If we lived in a world without tears
How would heartbeats
Know when to stop
How owuld blood know
Which body to flow outside of
How would bullets find the guns

If we lived in a wold without tears
How would misery know
Which back door to walk through
How would trouble know
Which mind to live inside of
How would sorrow find a home

If we lived in a world without tears
How would bruises find
The face to lie upon
How would scars find skin
To etch themselves into
How would broken find the bones

If we lived in a world without tears
How would bruises find
The face to lie upon
How would scars find skin
To etch themselves into
How would broken find the bones

How would broken find the bones
How would broken find the bones

jeudi 27 février 2014

Fin Février

Avec Détroit

mardi 7 janvier 2014

Une preuve que je ne suis pas mort

Un petit montage de photos de ciels de 2013, sur l'air de Highway 1 west de John K.Samson.
Chu pas mort. Non.

video

samedi 23 novembre 2013

Lecture au bar Les Pas Sages

Jean-François Thibaud remet ça ce lundi 25 novembre au bar Les Pas Sages et m'invite à nouveau à aller lire un texte ou deux.
Je dis pas non, c'est toujours bien plaisant! Il est accompagné par Franco Lombardo maitre ès basse, Laurent Trudel à la ruine babines/slide/sax/violon et Alain Quirion le king du drum et accessoirement ancien Zébulon.

Pour ma part je lirai Roméo et peut-être un autre texte de L'inventaire (tsé, mon recueil de nouvelles?), si les gens sont gentils.
Voici un extrait de Roméo, petit texte racontant la rencontre d'un travailleur comme tout le monde et Madame Rosenthal, une ainée pas comme les autres:

Personne en vue. La réceptionniste n’est pas là, le directeur et le concierge non plus. Juste elle et moi. Pendant le trajet porte d’entrée/réception j’apprends que c’est son fils qui l’a placée ici. On a avancé de huit pas, elle a eu le temps de me raconter la moitié de sa vie.


   J’étais malheureuse comme les pierres, mon mari, je ne l’ai jamais aimé, on nous a mariés, j’avais 16 ans, lui 26. C’était terrible. Z’êtes pas juif vous jeune homme? C’est terrible ces mariages forcés. Vous devriez vous enfuir si vous avez la chance!

On se voit là-bas, la pinte est pas chère!

951 Rachel est
20:30

vendredi 22 novembre 2013

Nul et Invalide

Silence.
Musique.
Pour l'ami McComber.