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mercredi 30 septembre 2009

Vieille croute

Les cockés d'en haut piochent sur leur plancher.
Notre plafond.
Juste pendant que j'essaie d'endormir Fiston.

J'ai un vieux réflexe qui me revient.
Prendre ma basse, la plugger dans l'ampli, le coucher sur le plancher, faire un feedback, monter le volume à dix, laisser agir.
Sauf que je n'habite plus avec Poiron au troisième du 2535 D'Iberville.
Je suis dans la chambre de mon fils, au rez-de-chaussée, à l'heure du dodo.
C'est pas exactement le temps de crinquer l'ampli et de toute façon les basses descendent, elles ne montent pas.
Les désavantages du rez-de-chaussée...

BOMBOM. BOUM-boum pokpok.
Kessé stie, tu en train de faire une crise d'épilepsie?
Boum-BOUM pokpok, Boum Boum pok pok.
Crisse.
Du drum.
Façon de parler.
Du drum de manchot.

Ça joue à Rock Band ou quelque sorte de Guitar Hero à la con.

Oui.
Me voilà dévoilé.
Je suis une vieille croute.
J'abhorre ces jeux d'adresse et de timing qui se jouent avec des guitares en plastique aux manches avec les pitons placés À L'ENVERS du sens habituel.
Ben, pas à l'envers tant que ça, mais ça fait pas de sens.
Bon.
Pis ça se trouve que Jack White et Jimmy Page pensent comme moi.
Faque. Ouais.

Toujours est-il que les cockés dans haut piochent sur un drum en plastique, des guitares pasteurisées et chante avec une voix, que, sincèrement, je ne saurais définir autrement que fatikante et incertaine.
Ajouté au fait que ça empêche mon fils de dormir, comment pourrais-je aimer ces abrutissements?
Crisse, ACHÈTE-TOUÉ UNE GUITARE! GRATTE!
FAIT TOUÉ SAIGNER 'É DOIGTS!!!
Mais, non.
Je les connais.
Pas leur genre.
Ça achève, y vont se fatiguer ben vite.
Pas en forme ces gens là.
Même en plastique, c'est fatigant à jouer, du drum.

Sont une gang à aimer ça en plus.
Milot pis DaWhite me contaient ça l'autre jour.
Y font des shows.
Des shows de jeux vidéos.
Leur groupe est en quelque sorte un band de cover de cover (Tiens, un BDCDC).
Wô.
On commence à être rendu loin dans le Spectacle en tabarnak, c'est de l'ultrapost-modernisme!
Là, c'est sûr en esti que le band y sonne pareil que le vrai band!
Criss, c'est le vrai band! Avec des clowns qui pitonnent!
Ouin mais le chanteur y chante pour vrâ!
Good.
Donc c'est du Karaoké!
Ça doit charger encore moins cher qu'un band de cover ça, un BDCDC.
Ça va remettre les bars à flots!
Urghh.


Y a quand même de l'espoir.
J'ai spotté un jeune sur YouTube qui joue de la guitare, de la vraie!
Pis y a d'autres jeunes qui commentent, qui jouent de la vraie guitare!
Fébrilité!
Pis en plus, c'est un cover de Propagandhi (vous ne vous attendiez quand même pas à ce que j'arrête d'en parler? C'est l'album de l'année!), l'histoire d'un cochon qui s'échappe d'un abattoir.

Admirez-moi ça cette belle jeunesse!




Oui monsieur, c'est pas une guitare à cinq pitons, ça c'est sûr.
Sus aux BDCDC!
Vive les Bands de Cover!
Genre.

lundi 22 juin 2009

Rock végétalien

Extrait de conversation de douche d'après match:

Moi : «Ouan, faque c'est ça, lundi 8h, st'au club Soda, mon chummy peut pas venir, faque j'ai un billet gratis à donner.»
Milot : «Criss, pensait pas que ça existait encore. (Se met à chantonner la run de bass de Ska Sucks)»
moi : «Han? Stie man! Sont rendu ailleurs en esti, ça doit faire 20 ans qui ont pas joué cte toune là live, chu pas mal sûr. Ah non man, ça arrache en tabarnak astheure. Sont plus métal que punk je te dirais.»
Milot : «Cool, mais jpeux pas lundi, dvaleur.»

Faque c'est ça, y a commando8 qui peut pas venir au spectacle de Propagandhi ce soir.
Jvas y aller tout seul comme c'est là.
C'est ben correct, ça sera pas la première fois.

Si y a un groupe qui m'a éveillé à cette grande mascarade qu'est la géo politique, c'est bien ce groupe-ci.
Coté textes qui déculottent l'empereur, sont dur à battre.
Ça parait, tsé, quand quelqu'un li.


Je sais pas trop c'est quoi «la toune de l'été molsondryckoickmf fmmmm», je sais que moi, depuis le mois de mars, ma toune de printemps/été c'est ça :



When the credits finally roll for this, the worst story ever told, don’t bother sifting through the names for yours or anyone you know. Unless they were by chance a shepherd king, a virgin birth, a resurrection, a messianic prince or some such childish thing. You can storm the edit suite or move to block its theatrical release, but I think we can safely guarantee that there will be no revisions to the script made on behalf of a supporting cast(e). Because history exalts only the pornography of force–that of murderers and psychopaths (the rest of us, of course, stricken from the narrative wholesale: a back drop to the tale)–as we, the two-bits, are ushered on and swiftly off this stage with the jawbones of asses. No stirring curtain call for the masses. No floral bouquet. No breaking of legs. No recurring role. No artistic control. And so in these days, in this terminal phase, it’s all left to chance. A piece of advice: if you’re cast on thin ice, you may as well dance. Do what you feel you must, but as for me I was not put upon this earth to subjugate or serve.

Bon, donc, c'est surement pas cette toune-là qui est vendue comme étant « la toune de l'été-millerliterockdétente», pff, tsé.
En tout cas.

Cherchez-moi pas à soir, jvas t'être dans le pit.

dimanche 17 mai 2009

L'humorisse de la semaine

Je voudrais bien croire à l'objectivité des médias.
Me semble que ce serait mieux pour moi et ma famille.
Quoique.
Je n'aurais pas de fous rires aussi souvent que cette semaine.
Un certain Christophe Bergeron nous fait le bonheur de retranscrire son entretien avec l'humorisse Zoé Valdés.
On y apprend certaines choses, on retiendra surtout que Valdés, selon ses propres dires, n'est pas une historienne.
En tout cas, elle a un sens de l'humour très développé.
Elle jongle avec les mots avec légèreté, créant sophisme hilarant par-dessus sophisme comique. C'est un feu roulant de drôlerie.
Lisez plutôt :

On attribue à Fidel certaines réussites en termes de médecine et d'éducation. Mais vous dites qu'en fait, il a hérité d'infrastructures créées par Batista, le dictateur qu'il a renversé.

"En effet, il a hérité d'une médecine publique qui était déjà efficace. Quant à l'éducation, Batista avait déjà fait beaucoup d'avancées dans les années 40. Avant l'arrivée de Castro, le taux d'alphabétisation n'était que de 24 %, l'un des plus bas en Amérique latine.(...)"

C'est une magicienne!
Réussir à associer « beaucoup d'avancées » et « que de 24 % » en moins de deux phrases, et nous donner l'impression que c'est positif, il faut vraiment une grande maitrise de la rhétorique.
La chute de ce paragraphe en est une autre preuve éclatante :
« (...)La campagne d'alphabétisation de Castro était politique. C'était une manière pour lui de faire passer son message auprès des populations rurales. Les livres d'école sont des outils de propagande à Cuba.»

Voilà.
Je crie au génie!
Quelle clairvoyance!

Heureusement, on peut compter sur le Voir pour nous dévoiler ces perles.
Vous doutiez du capitalisme en ces temps difficiles?
À la page quatre, on va vous montrer comment on parle de ceux qui essaient de résister à l'Empire.
Oubliez ces barbares.
Gardez espoir en la piasse.
Allez consulter le cahier tendances.

C'est pas parce qu'on rit que c'est drôle, eh?

Voyez un peu comment la propagande fait son travail chez nous. Dans ma maison :

— Papa, tasse-toi, je vois pu la tévision!
— Pas grave, fils, c'est des pubs, c'est de la crotte la pub.
— Ben non papa! C'est bon la pud! Ça nous dit quoi acheter!


Allez, madame Valdés, continuez d'essayer de me faire oublier l'Histoire.





Faudra bien que je me résigne.

Je suis en mode rattrapage/déprogrammation.

Mes enfants ne m'appartiennent déjà plus.

Sieg heil!







"Welcome to the offices of Economic and Manpower Analyses here at our historic and sprawling West Point Academy campus! My name is Mindy! It is my distinct pleasure to introduce you to a loving father of three (and a champion of the sanctioned use of armed force in pursuit of policy objectives). Ladies and gentlemen, put your hands together for the project director of our newest recruitment strategy; our mission to staff future combat systems through current technologies. Without any further ado, I give to you Colonel Casey Wardynski!"

"Thank you! Let me begin with some sentimental appeals to our national myths; assorted clichés coined by the state; the ideological shorthand meant to sweep your private doubts [away] of this virtual training course. This portal; this Trojan Horse that you living idiots paid for and actually rolled into your own kids' rooms."

"Oops, did I just say that out loud? Oh, well, it's not like it's something new. It's just the logical extension of the decades of bilge water that you've let us pump into your homes. The pink noise that hums away in the background while you run the gauntlet we force on you everyday. The billowing candy floss that helps to soften the blow. Deep down you've always known that your children already belong to us, so why don't you cut the outraged parent routine, shut your mouth and get back in your seat. Your children already belong to us. What are you? You will pass on. And they won't know a fucking thing but this 'community,' this real life Ender's Game. Forget what you think you know"

mardi 14 octobre 2008

Triste Soirée

J'étais là, dans le cadre de porte, mon carton de l'électeur dans la main.
J'étais dans le cadre de porte.
À débattre de mes convictions.
"Votez bien, votez rien."
"Faut que tu votes Gui! Pense à nos ancêtres qui se sont battus pour ça!"

-Quoi tu fais papa?
-Je réfléchis, fils.
-À quoi?
-À toi.


Il y a de ces habitudes qui sont difficiles à abattre.
Je suis allé voter.

Quel simulacre, quelle sinistre farce.
"Votez stratégique!"
"Faut pas qu'y rentre!"
"Me fout de qui qui rentre! Tant que c'est pas eux autres!"

Voilà bien ce qui définit ce pays.
La négation.


J'ai fait glisser le petit papier dans la belle boite noire bien scellée, et tout ce que j'avais en tête c'est ça:



Does it seem strange to you? The confetti. The balloons. The mile-wide grins and the victory dance to welcome in the heir to a state of (utter and complete) disrepair? Because it sure seems strange to me: they're acting like they won the lottery! I mean, shouldn't they feel terror at the task that lies ahead: to feed and house the people that this system's left for dead. And could I have hit the nail much harder on the head? It's profits before lives. They are motivated by greed. First they taught us to depend on their nation-states to mend our tired minds, our broken bones, our bleeding limbs.


But now they've sold off all the splints and contracted out the tourniquets and if we jump through hoops then we might just survive. Is this what we deserve? To scrub the palace floors? To fight amongst ourselves? As we scramble for the crumbs they spit out, frothing at the mouth about the scapegoats that they've chosen for us. With every racist pointed finger I can hear the goose-steps getting closer. They no longer represent us so is it not our obligation to confront this tyranny?