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dimanche 6 octobre 2013

24CH

Bonjour, je m'appelle Guillaume Pâquet. Vous vous souvenez peut-être de moi, j'animais ce blogue autrefois. Non? Pas grave. Me revoici, pour ce soir au moins.

Il est trois heures du matin, je résume brièvement ou j'en suis:

J'ai eu un bien drôle d'été. Nous avons déménagé dans un appartement pas mal plus grand que le placard que nous habitions depuis 12 ans. Incidemment, le placard a passé au feu la semaine dernière, notre tour n'était pas venu on dirait bien. Déménagement donc, ce qui implique beaucoup de travail, peu de sommeil et la joie de devoir tempérer les craintes et frustrations d'enfants qui changent de maison pour la première fois de leur vie.
Un drôle d'été pour deux autres raisons:
— Mon recueil de nouvelles, L'inventaire, s'est retrouvé orphelin, mon éditrice ayant quitté la maison d'édition. Comme je n'avais toujours pas de contrat, je suis un peu dans les limbes présentement. Ça sortira un jour, mais je ne sais pas quand, ni où, évidemment. Faudra attendre un peu.

— Autre chose vraiment étrange. Grâce au fait que Montréal ce n’est quand même pas si gros et que je commence à connaitre des gens un peu partout, j'ai été brièvement approché cet été pour faire partie de ce qui aurait été l'équipe de production de l'émission 24 CH, une émission hebdomadaire sur les coulisses des Canadiens de Montréal. Je n'ai finalement pas été retenu. En y repensant, si j'avais réussi à avoir cette job là, ça aurait été un peu comme si le coach m'avait pointé du doigt dans les estrades pour venir remplacer au pied levé un joueur blessé.

Je m'étais promis d'écrire ce que j'imaginais comme introduction à la série. Voici le premier jet, sans trop connaitre les contraintes et les directives, j'aurais bien voulu le finir avant, mais que voulez-vous, j'avais autres choses à faire, genre élever trois enfants et faire du 7 à 4 à ma job plate.

La première émission de 24 CH était ce soir, je n'ai pas le câble, vous saurez me dire si c'était bon.

                                                                                     ****
Intro :
Son fantomatique de la dernière sirène de fin de match de la saison. Les lumières du Centre Bell s'éteignent section par section. Il n'y a plus de glace sur la surface de jeu, les baies vitrées ont été enlevées ainsi que les publicités sur les bandes. On entend les commentateurs qui font un bref bilan de la saison. Les dernières lumières s'éteignent, ont entend le "clonk" du disjoncteur qui se ferme. Noir. Le narrateur débute aussitôt :

— Le hockey au Québec, c'est 12 mois par année, sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Un click se fait entendre, une télévision s'allume dans le noir, un jeune adulte joue à un jeu vidéo de hockey.

— Pour plusieurs d'entre nous, la saison ne se termine jamais vraiment.

Gros plan au sol d'une balle de hockey cosom, le temps semble figé puis un bâton la frappe soudainement, le focus change sur le gardien qui fait l'arrêt et arrête le jeu, s'en suit un attroupement autour de lui. On reconnait un joueur des Canadiens dans le groupe. Sifflet.
Buzzer d'aréna, on se retrouve au-dessus du cercle de mise en jeu d'une patinoire, l'arbitre laisse tomber la rondelle entre les deux joueurs de centre, un match estival de ligue de garage débute.

— Le décor et les éléments changent, mais l'intensité reste la même.

La caméra est derrière la bande, du côté de la zamboni. À travers la baie vitrée embuée, on aperçoit deux joueurs se disputant vigoureusement la rondelle dans le coin de la patinoire.
Panoramique et zoom out. Plan large de stationnement d'aréna, le focus se fait sur les joueurs qui marchent en sandales avec leurs sacs d'équipement, la chaleur est visible.


— Au Québec, le hockey c'est une religion. Pour le non-initié, certains gestes peuvent sembler anecdotiques ou au mieux; paraitre pour de vulgaires superstitions. La vérité c'est qu'au fil du temps et des matchs joués, ces gestes deviennent rituels, des actes sacrés qui ne pourront faire autrement que de mener l'équipe à la victoire.

Un garçon embrasse une mini rondelle de table de hockey et effectue la mise au jeu, il joue contre son père, le propriétaire des Canadiens. Fondu au noir.


Début de la musique de présentation avant les matchs du CH

Une fille lance une valise dans le coffre de sa voiture. Un fanion des Canadiens est accroché à la portière, on la voit rouler sur la 132 près de Percé. Pendant le montage on la suit sur sa route vers Montréal
Une mère et son fils sont dans le métro de Montréal, le fils tient un chandail de Brendan Gallagher contre son coeur comme si c'était la chose la plus précieuse au monde.
Les joueurs des Canadiens s'entrainent hors glace, on les voit rigoler dans le vestiaire, c'est le début du camp d'entrainement. Un groupe de personnes s'approchent du Centre Bell, il y a foule, c'est jour de match. On reconnait la fille de l'auto dans la foule ainsi que la mère et son fils.

— Au Québec, le hockey, c'est à longueur d'année, mais une fébrilité particulière se propage sur le territoire une fois que les blés sont mûrs et que les jours raccourcissent. Une nouvelle saison porteuse d'espoir s'amène et tout le monde se voit déjà au printemps en train de célébrer la victoire de la coupe Stanley.
Parce que c'est comme ça, à Montréal, on demande ce qu'il y a de mieux par habitude, parce ce que ce qu'il y de mieux dans l'histoire du hockey professionnel, ce sont les Canadiens.
Vos Canadiens de Montréal.
Voici votre nouvelle saison de 24CH.

lundi 3 septembre 2012

Louvoyer


Le frigidaire était vide,
on n'a pas eu le choix d'aller faire l'épicerie.
Ça l'air de rien, mais on fait pas ça souvent, c'est l'avantage d'habiter à 43 pas du marché.
Les courses se font à pied et au quotidien chez nous.
Sauf que, quand y a pu rien, y a pu rien. C'est ce que ça fait de partir trois semaines dans le bois.

On est monté dans le coin du Petit Liban; Sauvé/L'Acadie et on s'est lancé dans la foule et leurs paniers. C'était noir de monde comme si c'était un dimanche après-midi.
En revenant, le char était plein de sacs.
De la viande, de la crégnacé, des yogourts à boire, des pois chiches, du stuff à manger pour la rentrée.

La Petite dormait, mais pas fort fort, l'heure du boire s'en venait.
Fiston était à son poste, assis entre elle et le banc vide de Pépin, prêt à la divertir en cas de réveil.
L'avantage d'avoir travaillé en char dans ce coin-là pendant six ans c'est que tu finis par connaitre les subtilités de la circulation sur l'Acadie. Tu devines où te tenir pour pas trop ralentir et être pogné en arrière d'une file de chars qui savent pas où aller manger.

— Maman? La Petite est réveillée.
— Merci mon grand. Vas-tu prendre ton chemin par L'Esplanade ou bedon tu continues icitte?
— Sais pas sais-tu... Jvas continuer icitte, j'ai même pas le gout de passer proche du bureau...
— Ouan, je comprends ça... Mais, Jean-Talon?
— Boah, spa si pire. Ça descend plus vite icitte. Sur St-Laurent les lumiéres sont pas synchros, c'est fatiquant... Avec la Petite qui va vouloir téter tantôt pis la crégnacé en arrière j'aime mieux pas prendre de chance...
— Eille non, faudrait pas que ça fonde ste belle crégnacée là!

On passe l'échangeur qui surplombe la 40.
Arrêt à la lumière, départ, nouvelle confusion.
Chose qui veut aller au centre Rockland, l'autre qui en sort. Faut avoir des yeux tout le tour de la tête.
Je réussis une fois de plus à pas me faire rentrer dedans et on poursuit.

La Petite commence à faire ses sons de fille pas contente. C'est adorable.
Ça fait changement de ses frères qui étaient des affamés chroniques. Fallait leur donner le sein dans la minute suivant le premier chignement sinon c'était la crise.

Mais pas elle.
Elle fait la moue et son premier « Muuuuggnn » suit pas longtemps après.
Comme maintenant. On est encore loin, je viens à peine de contourner les pas-certains-de-comment-tourner-à-gauche-sur-Jarry, on approche St-Roch.
Les premiers pleurs commencent. On ne les entend pas souvent, c'est aigu, mais on l'aime.
Y a tout le temps un nifflette qui veut tourner sur Olgilvy qui met pas son flasher, je prévois le coup je suis dans la voie du centre.
On passe Ogilvy, ça pleure pas mal.
— On arrive bientôt papa? Chu tanné de l'entendre pleurer!
— Eh beh, t'avais oublié ce que c'était? On arrive sur Jean-Talon là.
— C'est proche de chez nous?
— 5-10 minutes, dépendamment du trafic.

Voie de gauche, file d'attente pour tourner sur Jean-Talon.
On attend, il passe six ou sept voitures à chaque flèche clignotante.
On n’est pas pressé, mais presque.

Je vois dans mon miroir qu'un autobus arrive par la droite à toute allure.
Il nous dépasse et je vois à qui on a affaire.
— Asti! L'ADQ! Ah ben câlisse, y veulent tourner à gauche en plus!
— C'est pas l'ADQ, c'est la CAQ, non?
— Y aurait beau changer le nom du Cheez-Whiz pour Délice Fromagé, ça resterait du crisse de Cheez-Whiz.
— Tu sacres, papa.
— Boah, pour les fois... Check ça! Y bloquent deux voies les caves!
— Gui, y a assez de bruit avec la Petite, crie pas en plus...
— Je crie pas, chu émotif. Fuck, j'aimerais ça qu'y débarque de son autobus, le champion, venir prendre une photo avec le bébé, juste pour voir comment ça passerait...
— Mais, y vont où là?
— On dirait ben que bloquer deux voies de ce bord citte c'était pas assez, y veulent bloquer l'autre bord itou. Y a pressé, pis pressé colon... Doivent avoir un débat avec la tivi kekpart.
— Spa une raison pour bloquer tout le monde!
— Fâche-toi pas après moi, on est du même bord! Bon, check ça, y passe sua rouge!
— Rendu là...
— Saint-esti, va falloir attendre la prochaine flèche. Check ça les amateurs, faut pas que tu roules à droite sur Jean-Talon, tout le monde se met sué quatre flashers pour aller s'acheter des cossins, ça jam ben raide. Faut rouler à gauche pis se placer à droite au coin de Wiseman pis Querbes. Méchant chauffeur...

On a finalement passé. La Petite a braillé jusqu'à la maison, ça aura pris 15 minutes.
Ça aurait été 10, n'eût été de l'autobus des déplaisants.
Ils me diront, c'est juste cinq minutes.
Je répondrai, exactement.
J'ai pas de patience avec les déplaisants.







jeudi 30 août 2012

Factice

PETING
— Pépin! Combien dfois jt'ai dit de pas lancer ta balle là?
— Ok Guiôme. Veux jouer papa?
— Non, je peux pas. Pis viens donc icitte, on va t'habiller, chu tanné de te voir la bisoune à l'air.
— Non veut pas!
— Pourquoi tu veux pas? T'attends-tu de te coincer ça dans le cadre de porte encore?
PTINGGG
— PÉPIN!
— OK ok, cuuse. Moi gentil là, han papa?
— Tu vas être gentil quand tu vas être habillé pis que tu vas arrêter de snapper ta balle sur la chaise de ta soeur. Viens icitte. Maintenant.
— Ahahahaha!
— PÉPIN! Calisse de tête dur..
— Quoi papa? Caca? Ahahahaha!
— Viens t'habiller, maintenant, sinon je t'enlève ton bâton de hockey pour la journée. Comprends-tu, là?
— Okokok!

Le téléphone sonne.
Douce répond. Ça fait au moins cinq fois que ça sonne depuis une heure. C'est pas normal. Ce doit être le retour à la maison. La Petite, surtout. Tout le monde veut savoir. « Pis, la petite? »
Je comprends tout de suite c'est qui, juste en entendant le sourire dans la voix de Douce; « Oui oui, t'le passe, tapeu! »
C'est un directeur artistique.
Il a laissé deux messages sur le répondeur pendant qu'on n'était pas là, ça fait 7 ans que j'ai pas travaillé pour lui.
La dernière fois, il avait pas aimé la façon que j'avais posé un morceau de tape dans les estrades du Colisée Laval.
C'était pour une pub de quincaillerie avec Elvis Stojko, juste avant les Olympiques de Turin.
Il hurlait à partir de la patinoire qu'on voyait mon morceau de tape tout croche, là haut, juste sous mon pied, dans la dernière rangée de sièges. Je lui avais répondu que tout ce que moi je voyais c'était la banderole The House of Pain, au plafond de l'aréna.
Il ne m'a jamais rappelé.
Jusqu'à aujourd'hui.
— Oui allo?
— C'est-tu bon signe si c'est une fille qui répond chez vous un dimanche matin?
Pépin se sauve de moi et court vers la Petite pour lui donner un lourd bisou. Je surveille.
— Mmmm?
— Écoute Guillaume, je sais pas si je te l'avais déjà demandé, es-tu disponible du 10 au 15?
— Euh.
— Pis j'ai autre chose aussi après, à partir du 27.
— Ben, je sais pas si tu me mélanges avec un autre Guillaume, mais ça fait six-sept ans que j'ai ma job steady, faque...
— OK. shhhbUp.
— Allo?
— buuuuuuup
— Ah ben calisse.
— Quoi? Kessé qui voulait?
— Y m'a raccroché au nez le cave!
PETING
— Pépin, simonac!
— Buuuuuut! Ole ole ole oléééé!


dimanche 4 mars 2012

Sortir de l'Ombre

Une fois n'est pas coutume, je passe à tivi demain, j'imagine que ça va peut-être intéressé deux trois personnes.
 http://www.telequebec.tv/emissions/toutlemondedehors/episode.aspx?idCaseHoraire=102498225
C'est pas long, mais c'est suffisant pour rire au moins deux trois fois.
Lundi 5 mars, 19h30.
Pour les ceuzes comme moi qui regardent pas la tivi, ou qui pogne pas Télé-Québec, ça va être sur le net éventuellement, j'aviserai.

mardi 7 février 2012

Odeurs

Une dame aujourd'hui sentait la même chose que le bureau du vétérinaire où on a fait opérer ma chienne, quand j'avais sept ans.
Ça fait du chemin en sale pour une odeur de trois ou quatre secondes.

Plus tard dans la journée, dans un bureau, j'avais à aller dans un garde-robe isolé au liège et ça m'a renvoyé direct dans les locaux de répétitions dans la classe de musique à la polyvalente d'Amqui. Sans grande surprise, les souvenirs associés à cette période étaient moins agréables que ceux du temps où je jouais avec ma chienne encore toute jeune et fringante...

Le jour où la C.I.A. et ses publicitaires seront vraiment capables d'utiliser l'odorat pour vendre leurs cochonneries ont va être dans marde en câlisse.

vendredi 3 février 2012

Hilares

— Hey man! Ça va? T'étais où donc les deux dernières games? Mexique?
— Non non, ça c'est la semaine prochaine.
— Oh cool! Faque t'étais à?
— La première semaine à Québec,
— Eurk, ahah!
— Héhé, ouan, pis la deuxième à Saint-Louis.
— Ouuuh cool, pour un congrès sur les semences?
— Ouais, Monsanto sont là, on a visité ça.
— Héhé cool! As-tu vu Satan?
— Nah, y était en vacances en République.
— Ouah!

jeudi 2 février 2012

Sourds

J'arrive de la job, le téléphone sonne, évidemment.
Ça sonne tout le temps quand je suis :

  • Sur la bolle
  • En train de manger
  • En train de changer une couche
  • Les pieds pleins de neige, la porte ouverte, les lunettes embuées.
Et c'est jamais pour moi.
Sauf que là, oui.

— Bonjour! Ici Machin Chose, chui l'infirmière de l'école, z'êtes le père de Grand Fiston?
— Ah ben, bonjour, oui c'est moi!
— Oui monsieur, je suis dans la rougeole jusqu'au cou!
— Ah ben, nous c'était cet ét-
— Écoutez monsieur Pâquet, j'ai vu que dans le résumé de vaccination de Grand Fiston, il avait reçu deux doses du RRO, donc Grand Fiston est protégé y pas de problème, faudrait juste nous faire une copie du carnet de vaccination pour qu'on remette tout ça aux autorités concernées.
— Moui, ben, ok, sans problème. Il a eu la rougeole cet été, faque coté protection c'était pas fo-
— Oh, est-ce que vous avez le papier du médecin?
— Non, ça me semblait irresponsable d'aller à l'hôpital, infecter plus d'enfants (si bien protégés) pour recevoir un diagnostic que je connaissais déj-
— Ah, ben vous savez, avec la rougeole, ça peut être, la rubéole, la-
— Non. C'était la rougeole.
— Z'êtes certaiiiiin?
— Vous voulez les photos?
— Bon, Écoutez, de toute façons, il est protégé, faites-moi parvenir la copie du carnet, et on va mettre ça au  dossier.
 — Je vous met ça dans l'agenda de Grand Fiston sans faute!

lundi 23 janvier 2012

Apparaitre

Chu pas mort.
Chu juste pas là.
Icitte.
Chu ailleurs.
Pour tu-suite.

Jamais été trop trop là ousk y fallait,
dans le bon temps, à bonne place, pas gêné.
Pas trop souvent été égal à égal,
pas dominé, pas condescendu.

Là, chu là, pis pour une fois,
chu là.
À ma place. Ek le bon monde.
Pas de pétage de coche.
Du travail.
Du jasage.
De l'apprentissage.

J'anticipe du recommençage,
du travail.
Du Travail.
De l'amour, aussi.
Ben de l'amour.
Pis du travail.
De la bonne job, qui bourre
que t'as pu faim.

On travaille là-dessus.

mardi 29 novembre 2011

Hip

Je suis dans le café de l'heure du quartier.
Y avait un line-up l'autre soir tellement ça marche.
Plein de monde encore aujourd'hui, chacun son laptop, on écoute tous Across the Universe.
Jai guru deva om, nothing's gonna change my world, en mangeant des smorrebrods.
J'y suis, en train d'essayer d'incarner le rôle d'écrivain.
Ça avance pour le (s) texte (s), pour l'appellation contrôlée, y reste du chemin à faire.
J'ai mis ma chemise à carreaux, ma calotte de baseball avec un moineau dessus yenk pour être sûr qu'on me prenne pas pour kekun d'autre.
Justement, deux gars rentrent, habillés pour la job.
Me vire de bord pour voir par la fenêtre que j'ai bien raison, des livreurs.
Ils rentrent du stock, ressortent et entrent à nouveau, toujours en lorgnant la flore florissante.
Ils ont le même âge que moi, ont probablement des enfants aussi, finiront de travailler à cinq heures, seront chez eux à six?
Je suis là, avec le même ordinateur que tout le monde, en plein milieu de l'après-midi, à écrire, au lieu d'être au travail.
Crisse de luxe pareil.
Je le sens, à la façon que les livreurs toisent les clients et semblent se demander pourquoi ils travaillent pas eux aussi quatre jours semaines.
Ce doit être ce qu'on appelle l'avancement de la civilisation.
Ce doit être pour ça aussi que ça achève, les barbares s'en occuperont.
La toune finie, ça enchaine avec la musique ambiante officielle du Parti, je repars ma musique, juste pour pas oublier d'où je viens, et parce que c'est quand même le meilleur couvre-fond sonore et répulsif à péteux de broue que je connaisse.
Safe Home, en effet.

lundi 21 novembre 2011

Poudre où Pourde? 1.2

Je remontais tranquillement St-Denis en marchant à côté de mon bécyk.
M'en allais rejoindre Mek, finir la 3e, sachant que la 3e s'était finie probablement au moment où je traversais le parc Laurier.
En arrivant en face du théâtre des comiques j'ai vu l'affiche, Le Blues dla Métropole, la comédie musicale.
J'ai continué.
Trois pas plus loin, j'entends un sshronfllllllllss iiish tabarnak qu'est bonne! Man!
Deux gars qui sortent d'un coin sombre de la façade du théâtre des comiques.
Je les entends discuter de tel ou tel pusheur qui est meilleur que lui ou un autre pis que ski vient de se crisser dans le nez c'est bon en câlisse pis que ça vient d'y donner faim, qu'y devraient aller au mcdoune.
Tout ça avec comme fond sonore, Hallelujah joué par un musicien de rue.
Sa version valait bien celle de Bon Jovi.

Suis arrivé au bar. L'ami était là, avait quelques litres d'avance sur moi.
Faut ski faut pour survivre à la grande foire du livre.
J'y étais jamais allé, à ce salon.
Ce pourrait être bien, avec un peu d'air.

Quelques heures plus tard, Mek dormait sur sa chaise en face de moi,
j'en suis venu à essayer d'élucider quelques charades littéraires pour passer le temps.
Y en a une couple entendues et lues depuis un boutte qui sont pas mal torvis.
Genre, on affirme à quelques endroits vouloir écrire le Nord, le Sud, l'Ailleurs, je dis bravo, évidemment, c'est bien!
Mais, comment tu veux faire ça comme du monde si tu sais pas ce que ça sent?

Pense pas que je vais la comprendre un jour celle-là.

dimanche 6 novembre 2011

Soirée

Vinny boy est à maison, avec Grand Fiston. Y couche chez nous, c'est pas trop de troubles, à cet âge là, c'est moins tannant d'en avoir deux ensemble que yenk un. Tsé, ça joue ensemble.
Le trouble, c'est quand le plus jeune veut embarquer, tsé. Là ça marche pas.
Hurlements, cris, déchirements, pleurs, rires et cetera.
Faque Vinny boy est à maison, soirée cinéma, c'est les Bagnolles 2 qui joue.
Boah.
Pépin épuise ses dernière minutes de tolérance à la chose télévisuelle.
Pas trop son fort de rester assis là pendant qu'on peut déranger les plus grands.

Y a une game en même temps. Montréal/NY.
Supposé regarder ça ek Mek.
Pas de nouvelles.
Je le texte.
Jamais autant utilisé ce guizmo que depuis qu'il est revenu par icitte.
Faut ben avouer, c'est pratique, tant que ça ne devienne pas une maladie mentale.

Aucune idée y est où. Té où que j'y écris.
Bedibedip, sur Fullum.
Bon, kidou.
Commence à texter, ça sonne, je réponds, allo allo, non pas reçu tes textos, fucké stie.
D'un coup, la voix devient féminine, Guillaume, tu fais quoi? Je regarde Flash McQueen 2, toué?
Moué je t'attends. Bon, ben, attends, bébé. Sra pas long.
C'est flyé pareil ces cellulaires là, on y entends de drôles de choses...

Le film fini, pogne la tuque, les tites lumières à bécyk, bisoux à todos pis on décolle.
C'est pas mêlant, chu descendu tellement vite, j'ai eu les oreilles bouchées un bon quinze minutes après être arrivé, rapport à la différence de hauteur entre mon quartier et le bas de la ville.

Ontario/Fullum.
Pas des coins que je visite trop souvent depuis une dizaine d'année, je m'embourgeoise peut-être.
J'entre dans le bar, c'est rénové. Beau gyproc pis toute. Frigidaires plein et TV partout.
Dans le temps, fallait sonner à la porte, pis si t'étais pas trop crotté, on te laissais entrer.
Maintenant tout le monde peut rentrer, mais la place est vide, presque.
Mek est au bar, une demi-douzaine de quinquagénaires sont là aussi, pas trop loin des machines à sous.
La serveuse, une certaine «Marylin» m'accueille avec un «stu fesait on t'attendait» juste assez sympathique pour avoir le gout d'y donner une piasse de tip.
Elle la joue bien, d'ailleurs, sa pièce, une vraie actrice.
Oh oui.
Il reste pas grand temps à la game, pas très grave, je venais pas vraiment pour ça anyway.
C'est 4-2 je pense, pourront pas battre Lundqvist en tirant de loin de même, tsé, franchement.
Ça fini.
Un chansonnier commence.
On se croirait à Amqui.
Roger et ses machines et sa guitare accessoire.
Douleur, malaise, cris, hurlements, malaise encore et pas de solo.
Puis, après une éternité et la Dame en Bleue, la place prend en feu.
Un petit bout d'homme se met à chanter, mais vraiment chanter.
Pas comme Roger et ses machines.
Non, en espagnol, amigo.
Le public comprends rien, moi non plus, mais on observe un être en pleine possession de ses moyens.
C'est beau.
Il enchaine avec quelques succès de boomer.
Quelques boomers de sexe incertain, probablement féminine, essaient de danser en ligne chacune de leur bord.
Même pas de malaise, on entend juste l'amigo à la voix d'or.
Faut le faire quand même.
Roger est à sa table, seul, et se questionne, pourquoi lui et pas moi.
Lâche tes machines, Roger, gratte ta guitare!

Si ça marche pas, ben, c'est ça qui est ça.
Comme disait le vieux Joe, si ça fait un bout que t'essaye, on a déjà entendu ta chanson.
J'essaierai de m'en rappeler moi-même.

mardi 1 novembre 2011

Novembre

Octobre est passé comme il est arrivé.
C'était gris et ensoleillé.
Pour chaque moment bien, son contraire.

Pour un moment de retrouvaille, un décès.

Ainsi, une soirée incroyablement sympathique au lancement du livre d'un ami cher menant à
une poutine dégueulasse au Fameux, accompagnée de la nouvelle/photo de la mort d'un oncle que je n'ai à peu près pas connu, dans la section écrapou du hournal de Mourial.
Le beau et son contraire.

À une époque où les photos de cadavres font périodiquement la une des nouvelles de tout acabit, une photo de moissonneuse-batteuse, même affublé d'un titre racoleur, c'est peut-être pas assez dégueulasse pour faire vendre plus de papier-cul, c'est décevant à tout point de vu.
 Je m'en souviendrai longtemps en tout cas, QMI et PKP.

Un oncle, donc, que je n'ai à peu près connu que dans mon enfance, à la ferme familiale.
Je me souviens qu'il faisait la sieste de une heure moins quart à une heure et dix et quart.
Quand tu te lève à 5 heures pour tâter du pis, faut que tu dorme un moment donné.
Outre ça, je me souviens surtout de ses commentaires sur la façon que j'avais de tondre le gazon, de prendre les balles de foins, de ramasser les roches, de faire ci et de faire ça pas comme il l'aurait fait. Pas grand chose de différent de la façon dont je parle trop souvent à mes enfants, donc comment pourrais-je lui en vouloir?
Bien du temps a passé, je n'ai pas revu cet oncle depuis au moins 10 ans, on peut classer notre relation dans la catégorie rendez-vous manqué, un autre.

Ce qui se confirme, c'est que ma situation familiale est semblable à un étang vaseux;
c'est clair et limpide quand c'est tranquille, mais pas besoin de brasser le fond longtemps pour que le trouble remonte à la surface...
Est-ce vraiment différent ailleurs?
La littérature est là pour me prouver que non.

lundi 3 octobre 2011

Contresens

Un lundi de début octobre.
Octobre le sombre, le froid, l'humide.
Un lundi matin pluvieux d'octobre.
On décide tous d'en faire ce qu'on veut.
Personnellement, octobre me pue au nez depuis une quinzaine d'années.
Chaque fois qu'il arrive je me dis que non, pas cette année.
Cette année, ça va être super!

Oui, cette année, ça va être super au mois d'octobre!

Ce matin, donc, bruine, crachin, octobre.
On s'habille, imperméables, polars, tuques, bottes.
On part.
Après deux minutes, donc à mi-chemin, le plus vieux se rend compte que la gourde dans sa boite à lunch est en train de se vider.
Il s'en va cueillir des pommes avec sa classe, c'est pas le moment de mouiller ses culottes.
Trop tard.
Évidemment, je trouve une façon de le blâmer et on continue.
Je le dépose à l'école et j'amène le plus jeune à la garderie.
Pas de souliers pour lui, sont restés à la maison.
— On a oublié les suyers, on peu t'y vous en emprunter?
—«On»? Ahah!

C'est vrai que la vérité choque.

Les enfants déposés, pas trop d'anicroches, somme toutes.
Tout va bien!
Je rebrousse chemin vers la maison.
Un truc m'accroche le regard, juste comme j'allais le manquer.
Oh.
Un chat mort en plein millieu de Dante.
Octobre.
Je décide de passer outre.
15 secondes après, je me retourne pour voir à nouveau, un pick-up de la ville arrive, s'arrête.
Une femme sort, se penche, ramasse le corps inanimé, le dépose dans la boite du pick-up, enlève ses gants, rembarque, repart.
Professionelle la dame.
Pas comme moi, qui arrête pas de penser au gamin, à la gamine, la madame, le monsieur,  qui va chercher son chat en arrivant chez lui.
Et qui va attendre pendant tout le mois d'octobre, probablement.
Puis octobre va passer, et ce sera mieux, surement.

lundi 29 août 2011

Début

Pépin est dans le lit, je n'essaie même plus de le réveiller, ça fait 10 minutes que j'échoue.
Je déteste réveiller un enfant, c'est contre nature il me semble.
Il se réveille soudainement et lâche, les yeux grands ouverts:
— Ion, cole! ( qui se traduit par, Grand fiston va à l'école ce matin!)
— Oui!
— À bas à bas? (Là-bas là-bas? Près de ma garderie, comme l'an passé là?)
— Oui oui!
— Oh cooooool!

Ouais, cool. Fait trois jours qu'y dit ça, coool.
Pépin, touche pas à ça, c'est à Cécile, ah oui? oui. Elle fait caca par là, oh cool.

Ouais.
Cool.

En soirée, je remplis les feuilles et l'agenda où on me demande d'écrire trois ou quatre fois la même affaire, informations de l'enfant, personnes à contacter, etc.
Je fais tout ça diligemment et je me mets à fouiller l'agenda avec tout autant de diligence.
Ben simonac, la carte du monde est fourni par la C.I.A.
Crisse, sont ben capable de les avoirs fait payer en plus ces astis de charognes là...
Évidemment, y a juste moi qui va trouver ça un tantinet étrange qu'un organisme d'un état étranger, qui est si puissant qu'il en est en fait un état lui même indépendant, à la solde des plus grandes compagnies et autres crosseurs de l'univers, fournisse du matériel scolaire à mon enfant.
Ben non voyons.
Y a rien là.
C'est yenk une carte du monde.



dimanche 28 août 2011

Fin/Début

La boule au fond de l'estomac.
Le même genre que quand ils se font mal, vraiment mal, pis que c'est un peu de ta faute.
La pluie a balayée la ville, c'était une tempête tropicale apparemment.
En marchant avec eux sous la pluie, j'ai tendu la langue, pour gouter.
C'était pas vraiment salé, mais faudrait vérifier plus en profondeur, 
était-ce vraiment une pluie tropicale?
Ça n'a pas vraiment aidé à résorber la boule en tout cas.

Je le regarde aller, se transformer sous mes yeux, vieillir.
C'est moi qui vieillit aussi, mais ça, c'est accepté depuis longtemps.
Tant qu'à être ici, autant vieillir, si c'est pour devenir moins con.
Mais lui. 
Eux.
Tout ce que je laisse aller comme souvenir, que je n'arrive pas à retenir.
La façon qu'il a de me regarder ces temps-ci, un début de doute, parfois.
Chaque jour qui passe me rapproche de la fatalité.
Ils me détesteront un jour.
C'est accepté ça aussi, ce ne sera qu'une phase, c'est entendu.
Ou peut-être pas, ça dépendra de tellement de choses, vaut mieux pas y penser...

Seulement, ces journées charnières, comme demain, qui nous ramènent ces idées en tête.
Cette mortalité, en somme, l'impuissance.
Cette fin...

Le plus grand commence sa première année demain.
J'ai pas l'impression d'être prêt.
Je me roulerai bien en boule sur le plancher, le temps que ça passe.
Le temps de voir le début plutôt que la fin.
Le temps que la pluie passe.



samedi 20 août 2011

Chapelure

En entrant au dépanneur-marché, la poussette s'accroche sur le présentoir à journaux, je sens que ça va être long.
Pépin est content, fait longtemps qu'il s'est pas promené dans sa grosse poussette, c'est un marcheur, cycliste, hockeyeur, basketballeur, pas du genre à se laisser pousser. Je ne l'ai pas attaché, c'est un grand maintenant.
Reste assis chummy que j'y dit. Il m'écoute, des fois. se tourne dans tout les sens, «Bana papa?», «yup, bananes, hop», ci, ça, oui, non.
Je regarde la liste, de la chapelure, stie, c'est où ça? J'accroche une caisse de lait de soya, avec une roue de la poussette, j'arrête et replace le tout. Pépin s'assoit sur les genoux et me regarde, «masse papa?» «Ouais, ta-peu, on va avancer là, la poussette est un peu grosse oubedon y a plus de stock qu'avant icitte. 'ssis toué comme faut buddy». Il s'assoit.
Chapelure donc, je m'essaie dans la rangée des pâtes tiens.
je regarde en avançant, droite, les pâtes, gauche le café.
Non.
J'accélère, la poussette arrête aussitôt, bloquée par des macaronis en vente.
Je me rends compte, trop tard, que Pépin s'était réassis sur ses genoux, face à moi.
Il part vers l'arrière.
Ses petites mains battent l'air, ses yeux me supplient de l'attraper avec mon regard...
POK, sa tête sur le plancher, le coeur m'arrête, je me hais, profondément.
2 secondes, pour l'attacher. Mais non.
Il pleure, par terre, je le saisi aussitôt, doucement, ma main derrière sa tête, à la recherche de sang.
Rien.
Juste une bosse grosse de même.
Les yeux alertes quand même, grosse fatigue, mollo.
Tout les sons ambiants deviennent instantanément trois fois plus irritants.
La radio des caves qui joue de la musique de caves, avec des concours de bozos, le bedibedip de la porte qui s'ouvre aux 4 secondes, le terminal de Loto-Québec.
Tout, tout, tout.
Je me vois à l'hôpital, à endurer d'autres sons ambiants tout aussi irritants.
Pas aujourd'hui, ça va aller.
Ça passé proche, encore.
Tout ça pour du pain sèché, émietté.

jeudi 18 août 2011

L'éclipse

C'est pas un secret pour personne, j'haïs le monde.
Kess tu veux, chu pas capable d'endurer le monde.
Oh, pis je m'inclus dans la batch de monde que j'haïs, eh, même si chu pas du monde la moitié du temps.
Au moins, mais, crisse, au moins, je trip par sur les années 80.
Ô non mossieur.
En fait, si y en a qui sont là à essayer de trouver pourquoi j'haïs le monde, ben, cherchez pas plus loin,
c'est à cause des années 80, tiens, c'est une raison valable je trouve. Au moins pour à soir.
Parce que c'était pas assez d'être la décennie la plus pathétique de l'histoire du tout, faut qu'en plus on nous la ramène à chaque six mois...
Chu né en soussante et seize moi, oui monsieur, faque toutes les astis de tounes plates des années 80, je les ai dans mon moi profond, pask que quand t'es ti-cul hein, la mémoire, ça marche pas pareil hein, c'est comme si tout tes sens marchaient vraiment en symbiose, pis ça fait que tu t'en souviens en tabarnak de la fois que tu te changeais dans le vestiaire de la piscine d'Amqui, drette avant ton cours de natation, tsé, pis que dans le ti-sacrament de speaker cheap du plafond orange de l'ancienne piscine de Gagnon Ville, Paul Piché c'est mis à brâmer, cochez oui cochez non.
C'est pas mêlant, si chu assez bad lucké pour entendre cette chanson là aujourd'hui, y a comme une odeur de chlore qui me monte au nez.
C'est ça, les ASTIS d'années 80!
Vous vous attendez toujours ben pas à ce que je mette ces tounes-là en liens hein?
Parce que tsé, c'est pas assez triste de voir les ti-culs s'habiller comme en 84 (1984, toué, quand même drôle, tout le monde pareil, pis pas un asti pour se demander pourquoi on est en guerre sur trois-quatre continents) ben non hein, faut ENCORE endurer les jeans blanc ou bedonc délavé comme si tu t'étais pissé du javel sué jambes. Ô non, c'est pas assez.
C'est plus insidieux que ça.
Mettons que tu te lèves la tête au ciel, le soleil vient de disparaitre derrière un nuage pis comme d'habitude tu te demandes si c'est pas Mister Burns qui vient finalement de réussir à se l'approprier.
Curieux de nature, tu regardes et tu t'aperçois que le nuage ressemble à un coeur.
C'est beau! Le coeur éclipse le soleil.
BEN TABARNAK, y a pas moyen de voir cette photo là sans que Total Eclipse of the Heart t'arrives dans tête.
Ça, je ne le pardonnerai jamais!
Un si beau moment gâché, encore, par une décennie de marde.

lundi 15 août 2011

Péninsule

On pourrait croire qu'en plus de six ou sept année d'études en arts visuels et photographie et/ou autres, sachant que je suis d'Amqui, que mes photos empruntent souvent sa grammaire, quelqu'un m'aurait mis au courant du projet que Paul Strand a réalisé en Gaspésie dans les années trente.
Mais non.
Ou peut être étais-je trop jeune et con et en plein déni gaspésien que j'ai simplement refusé d'écouter.
Il se trouve que j'en ai découvert l'existence en lisant le Devouère chez des amis.
Il se trouve qu'un ancien prof à moi, Bertrand Carrière, présente une expo à Rimouski qui se veut un clin d'oeil à Strand.
Pis, bondance, ça fait beaucoup de choses à regarder en même temps.
C'est beau de voir ça.

mercredi 10 août 2011

Épiphanie

Je rentre dans la pharmacie, celle du fils de l'autre je pense ben, tsé, le bigboss aux cheveux blancs qui veut être mon ami? C'est son slogan.
Je rentre, me faufile à travers les allées, évite les dames aux cheveux bleus qui regardent les traitements pour les oignons du Dr.Scholl, je pense à ce que je pourrais faire de toutes ces idées qui trainent dans ma tête.
Idées de séries, nouvelles, webtv, autres?
Sais pas, c'est trop éparpillé.
J'entre dans le backstore, salutations d'usages, nonchalant, hophop, pas que ça à faire.
Je passe vite, entre dans la pièce où je m'en vais faire ce que je fais d'habitude.
Et là.
Drette là.
Paf.
Tout se met en place.
C'était toutte là, dans ma tête, mais juste pas dans le bon ordre.
Le sourire grand comme ça dans face.
Une montée de dopamine m'arrive dans tête, les idées affluent.
Oh yeah, ça va se faire.
Oui.
Cré moué sincère.

Je finis ce que j'ai à faire, et je sors, incapable d'arrêter de sourire.
Je retraverse le backstore, les gars me regardent d'un drôle d'air, effrayés par mon sourire je suppose.
Je recroise les dames aux cheveux bleus et je passe ben ben proche de leur donner un baiser sur la joue, tsé, pour propager le bonheur.
Je m'abstiens et je sors.
Peut-être en dansant, chu pas certain.