mardi 9 août 2011

Passager Sans Destin

Les poils retombent en touffes bien rondes, comme les buissons en boules dans le déserts des ztats-zunis, ça a brassé.
Sur le balcon, avec un ordi neuf sur les genoux, plogué sur le réseau internet de la ville.
Cancer gratis, mais c'est tellement plaisant.
Mes mises à jours se téléchargent sur le réseau municipal du parc Dante.
Cécile la chatte de garde se remet tranquillement de l'échauffourée qui l'impliquait y a pas deux minutes avec le bum du moment, un holstein blanc et noir avec les gosses grosses de même, qui ne recule presque pas quand tu fonces vers lui.
Pas de blessures apparentes, elle se lèche à coté de moi, sur le balcon avant.
Pendant ce temps, la machine dégage son odeur réconfortante de Chine riche.
C'est peut-être simplement toutes ces composantes rares provenant du continent le plus pauvre de l'univers, peut-être simplement le fait que la plupart des cossins que je me procure provenant de la Chine sentent le cul, peut-être simplement que ma marge de crédit me demande d'apprécier l'odeur se dégageant de ce clavier qui sent bon et qui ne fait pas de bruits quand je pioche maladroitement dessus.
Peu importe, ça sent bon et je me dis que ça sent la Chine riche, pour le temps que ça durera...

J'ai vu Louis CK en spectacle, c'était à en brailler de rire, ce qui fut fait.
Ça m'a réconcilié avec le stand-up comic, le vrai, et ça m'a fait prendre conscience de ce qui manque cruellement en humour au Québec, des juifs. Me semble que leur équipe a fait ses preuves, et qu'ici, plus ils en sors de l'école de l'humour, plus je baille.
M'enfin. ce que Louis CK fait, c'est de prendre le quotidien, et le raconter.
À sa façon, soit, mais c'est pas beaucoup plus que ça.
Et c'est drôle en tabarnane.

Ce qui m'amène ici.
Moi qui m'auto-censure continuellement, parce que je me dis, kessé que le monde en ont ben à crissé de ce que je peux écrire de sur ma vie.
Beh, pourquoi pas, au fond. Entre ça ou rien.
Pas pire qu'un autre, comme on dit.
faut juste que je continue à apprivoiser cette drôle de dualité qu'est mon mutisme dans la vie en général et l'envie de tout raconter à l'écrit. C'est pas toujours facile à vivre pour les proches à ce qu'y parait.

Un peu de rattrapage, alors:
— Faque les deux boys ont pognés la rougeole cet été, yipee! Tout est tiguidou, immunisé à vie, pas comme avec l'autre scrap qu'y vendent pis qu'y faut renouveler à tout bout de champ.

— On est allé faire du camping à Trois-Rivière, la capitale nationale de la poésie.
Y avait du karting et une piscine à vague qui menait pas mal de train.
On dormait sur un terrain aménager pour les roulottes, avec de la gravelle 3/4 comme plancher.
Je me suis toujours contenté de peu en général dans la vie, c'est pas au camping que je vais commencer à demander du luxe, tant que je peux faire des feux.
J'y ai écrit ceci, je relaie ici, sinon ça va pourrir sur mon disque dur:

« J'ouvre l’ordi, assis près du feu, une couple d’idées à écrire, pour se souvenir.
À l’ouverture, je me rends bien compte de l’agressivité de la patente, la lumière, le son électronique, l’odeur de pièces faites de matériaux provenant de plus loin que moi. Se rendre compte que le papier et le crayon aurait pu suffire, mais au prix que les portables coutent, on peut bien se permettre de s’en servir au bord du feu. Ne serait-ce que pour détourner l’attention des maringouins et les attirer avec l’écran plutôt qu’avec ma splendide odeur corporelle. Le contraste est quand même frappant entre le feu qui danse et crépite et l'écran froid qui attend ses instructions.

Lucinda dans les oreilles, passé les trois dernières heures à nourrir le feu, tourner, retourner la braise, l’étrange sensation de se croire dans la forêt, avoir la lumière des spots de la bâtisse en béton des toilettes dans le dos.
Les voisins à 10 pieds de la tente, l’intimité d’un parking bien québécois. »


Après ça, on est allé à Granby, au Zoo.
Il se trouve que Grand Fiston est un biologiste animalier en devenir.
«Ah, regarde, un porc-épic à crète»
«Comment tu sais, tu sais pas lire!»
«Je sais.»

L'autre jour, on naviguait sur une chaloupe à l'aube, il aperçoit une araignée:
— Papa, on a un passager sans destin, faut retourner à terre!»
Et Pépin d'ajouter:
— Papa, bébitte! Ahah!
Et on est aller déposer l'araignée sur le bord de la rivière.
La même fin de semaine, il a pêché son premier poisson, tout seul, sans appât, juste un hameçon.
Les crapets soleils étaient affamés.












Il fut finalement relâché, le crapet, malgré ce que la photo peut laisser croire.

Je leurs doit beaucoup aux fistons. Faut que je pédale pour être à la hauteur de ce qu'ils méritent.
Cette idée de passager sans destin m'habite depuis que je l'ai entendu, je me suis reconnu tout de suite.
Trop souvent je fais les choses à moitié, je prends trop de trucs pour acquis, je profite de la force de l'inertie, je vogue tranquillement alors que je pourrais filer, je me contente de trop peu.

La maxime d'accueil de ce blogue est là pour me rappeler que trop souvent, je suis un passager sans destin. À sa lecture je suis supposé me souvenir du pourquoi de l'existence de ce lieu puisque trop souvent et depuis trop longtemps, je me contente de déposer ici des photos, ce qui est bien mais qui n'est pas optimal pour garder mon cerveau actifs intellectuellement. Un Gui avec un cerveau actif vaut mieux pour sa famille, le reste du monde et lui-même. 

Faque, me revoilà.

10 commentaires:

É. a dit…

Excellent ! Bon retour, compadre !

Cpt Sarcasmes a dit…

Sneaky fucker

Gomeux a dit…

Ouais, c'est un peu carré comme texte de retour mais faut que je laisse ça aller, eh.
**
Peut-être bientôt, bientôt les Sneaky Fuckers.

s.gordon a dit…

Je l'aime, ton rattrapage. T'es attentif à des affaires, à ta manière, pis c'est toujours un plaisir de lire ça.

Doodle a dit…

Hey, salut ! Je passais dans l'coin et j'ai vu que la lumière était allumée...

Gomeux a dit…

Tire-toué une bûche!

McDoodle a dit…

Une bûche i-Mole?

Gomeux a dit…

Ah ben ça c'est le boutte, une bûche qui brûle!

SG-
Marci pour les bons mots, c'est bon pour l'âme.

Jean-François Thibaud a dit…

bonnes nouvelles de savoir qu'on va t'entendre plu souvent réféchir tout haut dans ton style percutant.

Gomeux a dit…

KABLAMO! (son percutant)
Merci Jee.