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vendredi 28 août 2009

Chez Mon Oncle Antoine/ Le retour



«Quelle triste chose que sur toute la terre les gouvernements soient toujours précisément aussi coquins que les moeurs de leurs sujets peuvent leur permettre de l'être.»

Alexis de Tocqueville

dimanche 1 juin 2008

C'est pour quand, le silence?

L'Art, cette grande pute.
«L'art est le dernier rempart avant le vide".
Qu'on le renverse, alors.
Juste pour voir, tout d'un coup que.

De Michel-Ange et ses images du bon Dieu à Warhol et sa Can de soupe en passant par les Sex-Pistols, tous des putes.
C'est quand la dernière fois qu'une œuvre a vraiment fait trembler les murs du temple?
Combien de Victor Jara pour ces millions d'Éric Lapointe?
Ça va prendre combien de chroniques littéraires qui invite à se fermer la yeule plutôt qu'à brasser dla marde?
Combien de chanteurs engagés pour souffler dans les trompettes de la propagande?
Y va en falloir encore pas mal des romans dont la promotion se fera en ridiculisant les camps de concentration du 21e siècle?
Combien de temps avant qu'on s'écoeure?
Que la connerie soit passé de mode?


dimanche 25 mai 2008

La coche

Le kid a pogné le burger et l'a laissé tomber par terre en regardant son père.
L'air défiant, un peu, pas certain.
Testant ses limites.
La boulette s'est séparée du pain, l'avocat aussi.
Trois morceaux distincts en dessous de la table, sur le béton de la cour arrière.
Les yeux du père ont noircis, un peu, pas certain.
Conscient de ses limites.

Grave:
-Ramasse ça tu suite.

Joueur:
-Moua, vas me lever pis va l'écraseeeer!

Sombre, surpris:
-Coudonc, ski spasse ek toué viarge?
Leuve toué pis ramasse ça tu suite avant que jme fâche.

Un des voisins sur un des balcons aux étages supérieurs s'est retourné, curieux.

Le kid tourne ses fesses sur sa chaises, se préparant à se lever.
Le pied enligné sur le morceau d'avocat.

Menaçant:
-J'en veux pas de ça dans mon hambegue!

Il abaisse lentement son pied.

Déçu:
-Tu vas toujours ben pas faire ça? T'as le gout de brailler tant que ça??

Tout les voisins de la ruelle sont maintenant attentifs.

Le père se lève au même moment que le petit soulier écrase la chair mure et verte.
Dans un seul geste, l'homme soulève l'enfant ramasse le pain, la boulette, laisse le reste de l'avocat là.
Il tient le petit dans les airs par le bras, ils disparaissent à l'intérieur.
On entend une porte claquer, une fan démarrer.
La salle de bain.

Les cris du père s'entendent distinctement dans la ruelle malgré la porte, les pleurs de l'enfant et le bruit du ventilateur.

Les voisins ramassent leurs vaisselles.
Le ciel s'assombrit.

Les cris diminuent, les pleurs continuent.
Certains réverbères sont déjà allumés.

Un autre porte claque.
Le petit pleure maintenant à la fenêtre de sa chambre en frappant dedans.

Après un certain temps le bruit de la fan cesse.
L'homme sort lentement, une bière à la main,
s'assoit, les sourcils froncés, une main dans les cheveux, accoudé sur sa hanche.
Il reste immobile quelques minutes jusqu'à ce que quelque chose attire son regard.

En dessous de la table.

Trois taches sombres, distinctes, mouvantes, sur le béton de la cour arrière.
Les fourmis se sont appropriées les restes du burger, jusqu'à la simple tache de gras.
Elles sont des centaines, petites, se marchant les unes sur les autres, concentrées sur la digestion des restes de l'éclaboussure.
Il observe longuement le spectacle, absorbé par la discipline des fourmis.
Elle restent toutes à l'intérieur des cercles de gras.

Sans avertissement, son pied se dépose sur l'attroupement le plus près.
Les deux autres groupes de fourmis se disloquent instantanément, comme alertés par les cris des mourantes.
Il écrase aussitôt tout ce qui bouge en renversant la table dans un geste brusque, vif.
Ses pieds martèlent le béton pendant de longue minutes à la poursuite de quelconques survivantes.

Il n'y a plus personne sur les balcons.

Le kid, à la fenêtre, ne pleure plus.





lundi 19 mai 2008

Outremont.de
























«Sachez avoir tort. Le monde est rempli de gens qui ont raison. C'est pour cela qu'il écoeure.»

Louis-Ferdinand Céline
Extrait d’une Lettre à Arthur Miller

vendredi 16 mai 2008

Je, me, moi

Je suis né dans une ville entourée de villages
je me suis rendu compte bien plus tard
que ce n'était qu'un village au milieu de villages

je me sentais pourtant bel et bien urbain
pas de quatre roues chez nous, pas de ski doo non plus
sauf le vieux jetski de mon père qui pourrissait sur le bord du cabanon

j'ai vécu trois réformes scolaires
au primaire
au secondaire
et au collégial

j'ai appris à maitriser la photographie argentique à l'université
sept ans plus tard mon bac est caduque
et je tâtonne mollement avec le numérique

j'ai appris à mesurer avec le système métrique
je mesure cinq pieds onze et je pèse
cent soixante quelques livres, quand le temps est humide

j'ai commencé à jouer au hockey à quatre ans, du violon à six ans
j'ai commencé à avoir honte en me promenant avec mon violon à huit ans
j'ai du rater quelques games du samedi matin pour cause d'évaluation d'arpège
le lendemain dans le vestiaire, je disais que j'avais été malade la veille

j'ai lâché le violon à l'adolescence,
un an plus tard je m'achetais une basse
sans trop me rendre compte que j'ai jamais vraiment su mes gammes
et que Metallica était pas nécessairement la meilleure
méthode d'enseignement
ma guitare sèche est présentement dans son case coincée
entre une photo de mur à l'envers et une étagère

il y avait deux gangs au secondaire
les joueurs de hockey et les joueurs de basket
y en avait juste un qui jouait aux deux
en faisant semblant de pas faire l'un quand il faisait l'autre
ça fait longtemps que j'ai pas joué au basket
ça me donne mal dans le bas du dos

les nouvelles de la région à la télé parlaient trois soirs sur cinq
de la tordeuse du bourgeon de l'épinette
à l'international, c'était l'Iran, l'Irak, Beyrouth
les Ztas-Zunis et la Lybie

25 ans plus tard cette semaine, les nouvelles parlaient de la tordeuse,
du Liban, de l'Iran, de l'Irak
des Ztas-zunis et de l'anniversaire d'Israël
en oubliant de dire que c'était aussi le mien

j'ai parlé à ma mère 15 secondes et j'ai eu le temps de la corriger sur
mon heure de naissance
je le sais chose, j'étais là aussi

les pommiers sont encore en fleurs
les lilas aussi
ça sent toujours la même chose

j'ai plus mon walkman aiwa avec nevermind dedans

j'ai aujourd'hui le même cossin mince que tout le monde
avec toujours autant de mélancolie dedans

j'ai 32 ans et je pense que je m'en câlisse ben.



mercredi 23 avril 2008

Extrusions


























«L'Amérique, l'Amérique, si c'est un rêve, je rêverai
L'Amérique, l'Amérique, si c'est un rêve, je veux rêver»

L'Amérique, Joe Dassin

samedi 19 avril 2008

Linéaire
























Memory will rust and erode into lists of all that you gave me:
some matches, a blanket, this pain in my chest, the best parts of Lonely, duct-tape and soldered wires, new words for old desires, and every birthday card I threw away.

Left and Leaving, The Weakerthans

samedi 29 mars 2008

Recherche

















«Écris quelque chose qui vaut la peine d'être lu sinon fais quelque chose qui vaut la peine d'être écrit.»

Benjamin Franklin

samedi 22 mars 2008

Échéance























«Rien n'est plus puissant qu'une idée dont le temps est venu.»
Victor Hugo

jeudi 13 mars 2008

Pénombre
























"Nous n’avons pas peur des ruines. Nous allons recevoir le monde en héritage. La bourgeoisie peut bien faire sauter et démolir son monde à elle avant de quitter la scène de l’Histoire. Nous portons un monde nouveau dans nos cœurs. »

Buenaventura Durruti

mardi 11 mars 2008

Couloir
















We consume our lives like we are thankful
For what we are being forced into

Is it our duty to die for governments and for gods?
Is it our privilege to slave for market and industry?
Is it our right to follow laws set to scare and oppress?
Is it our gift to stay in line and will it take away the blame?

We can no longer pay the price
We'll get organized

We will no longer believe that working for you will set us free.


The Deadly Rythm
Refused

dimanche 2 mars 2008

Haut
























On verra bientôt que d'oser vivre, ce n'est pas la fin du monde. Juste d'un monde.

René Lévesque

samedi 1 mars 2008

Produits
























We’re all sluts, cheap products in someone else’s notebook

The (international) Noise Conspiracy
Capitalism Stole my virginity

jeudi 28 février 2008

Déjà vu
























Asti de monde plate. Partout sua terre. Qui engendre plus d'asti de monde plate. L'horreur total. La terre en a été envahie.

Charles Bukowski


Traduction libre