Affichage des articles dont le libellé est Grattage de tête. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Grattage de tête. Afficher tous les articles

jeudi 14 mars 2013

Ignorance

L'ami Éric a mis un film sur son blogue qui a attiré mon attention, j'ai commencé à le regarder juste avant de quitter la job, genre cinq minutes, et je m'étais promis de le regarder en soirée, ce que je fit.
Juste avant de le visionner, j'ai écouté une pièce du nouveau Billy Bragg, qui sort mardi prochain, la voici :


Plus personne ne connait rien. C'est une pensée que je partage largement, surtout lorsqu'il est question des trop nombreux exemples de scientifiques se réfugiant dans leurs croyances, leurs dogmes, niant le fondement même de la science; être curieux et questionner tout, tout le temps, jusqu'à ce qu'on arrive à des faits, quantifiables, mesurables, reproduisibles.

Ce film sur les Pyramides d'Égypte ne donne pas le goût de devenir Égyptologue. 
J'encouragerai plutôt mes enfants à devenir mathématiciens.

Passez par là, c'est un deux heures fascinant :

jeudi 28 février 2013

Nourris un cochon et il viendra chier sur ton balcon

Histoire de vous remonter le moral pendant la dépression saisonnière, voici une capsule humoristique digne des plus grands moments d'humour drôle des comiqueries du Québec grôle, comme dit mon deuxième.
C'est grôle en calasse.

Voyez le lien ( quel crisse de site de toton du 20e siècle qui ne permet pas d'intégrer une vidéo sur un blog... Bravo.) :
http://www.lapresse.ca/videos/actualites/201302/27/46-1-des-journalistes-bouscules-par-la-police.php/5f34d8bb6f914506ae47982f68bcc510

Pourquoi c'est drôle? Parce que, simonac, les journalistes de CKUT ont à peu près tous des partiels depuis six mois à force de s'être fait défoncer les dents par les matraqueurs. Et qu'est-ce que les « vrais journalistes » faisaient pour les défendrent?
Ça :
 

Des sondages bidons pour continuer à faire travailler les forces patibulaires à temps triples.

Je ne vois qu'une chose à répondre, et pour être sûr d'être bien compris, je citerai le toujours très juste Surprenant Claude, collègue de travail très estimé, de moi :
Queul yab les crosse.

Et Pauline, ton jupon dépasse.

mercredi 27 février 2013

Comme une odeur de marde

D'habitude, je finis le travail et je m'enfonce directement sous terre pour retourner chez nous.
Aujourd'hui, j'ai décidé de sortir dehors juste un peu pour ensuite retourner sous terre par une autre entrée du métro.
J'avais cru voir par la fenêtre dans le bureau du boss qu'il faisait plutôt doux et c'était tout à fait le cas.
Doux comme un début de printemps, quand ça sent la terre et la marde de chien.
Ça ne sentait pas vraiment la terre, mais il y avait tout à fait un relent de marde dans l'air.
Pas de la merde, pas du caca, de la marde.

La marde médiatique, la marde politique étudiante et gouvernementale et la plus grosse marde de toutes les mardes, la marde étatique toujours représentée par son joujou préféré, la force policière.
L'hélicoptère, les rangs de cochons casqués, les chevaux prêts à charger, les files de camions blancs prêts à embarquer tous ceux qui oseront sortir du rang.
Pareil comme il y a six mois. Pareil comme avant les élections qui devaient tout changer.

À travers ce tableau, moi qui marche en me démardant comme je peux avec mes pensées contradictoires.
Moi toujours sur le bord de blâmer les étudiants de CÉGEP tout le temps en grève. Moi qui embarque dans le mécanisme du Spectacle et qui blâme sans réfléchir celui qui prend la rue. 
C'est bien ce qu'il y a de plus fâchant. Même en n'écoutant plus les nouvelles, en ne lisant que les manchettes sur l'internet, ils ont réussi à m'embourber dans le confort de l'indifférence, et ça me choque que les étudiants nous brassent la cage pour nous sortir de la marde. Vraiment, je le mérite mon cubicule rose.

L'Humanité est dans un char qui cale inexorablement dans un bassin de purin. Ça s'enfonce, l'air se raréfie, mais l'Humanité n'aime pas les nouvelles, faqu'elle change de poste et se regarde dans le miroir encore un peu, au cas.

J'ai continué de marcher, en regardant tout ça, le motton dans la gorge;  l'hélico stationnaire, les chevaux, les micros, les jeunes, les vieux. Une scène d'une pièce qui ne fait que commencer, il y aura plusieurs actes aux fils des ans...
J'ai poussé la porte du métro en jetant un coup d'oeil au beu qui gardait l'entrée. J'espère que mes enfants verront la fin de la pièce, et que cette fin soit heureuse... 
J'ai lâché la porte, me suis dirigé vers les entrailles et j'ai pesé sur play, essayant de me rassurer en me disant que tout n'est que poussière anyway...


lundi 3 septembre 2012

Louvoyer


Le frigidaire était vide,
on n'a pas eu le choix d'aller faire l'épicerie.
Ça l'air de rien, mais on fait pas ça souvent, c'est l'avantage d'habiter à 43 pas du marché.
Les courses se font à pied et au quotidien chez nous.
Sauf que, quand y a pu rien, y a pu rien. C'est ce que ça fait de partir trois semaines dans le bois.

On est monté dans le coin du Petit Liban; Sauvé/L'Acadie et on s'est lancé dans la foule et leurs paniers. C'était noir de monde comme si c'était un dimanche après-midi.
En revenant, le char était plein de sacs.
De la viande, de la crégnacé, des yogourts à boire, des pois chiches, du stuff à manger pour la rentrée.

La Petite dormait, mais pas fort fort, l'heure du boire s'en venait.
Fiston était à son poste, assis entre elle et le banc vide de Pépin, prêt à la divertir en cas de réveil.
L'avantage d'avoir travaillé en char dans ce coin-là pendant six ans c'est que tu finis par connaitre les subtilités de la circulation sur l'Acadie. Tu devines où te tenir pour pas trop ralentir et être pogné en arrière d'une file de chars qui savent pas où aller manger.

— Maman? La Petite est réveillée.
— Merci mon grand. Vas-tu prendre ton chemin par L'Esplanade ou bedon tu continues icitte?
— Sais pas sais-tu... Jvas continuer icitte, j'ai même pas le gout de passer proche du bureau...
— Ouan, je comprends ça... Mais, Jean-Talon?
— Boah, spa si pire. Ça descend plus vite icitte. Sur St-Laurent les lumiéres sont pas synchros, c'est fatiquant... Avec la Petite qui va vouloir téter tantôt pis la crégnacé en arrière j'aime mieux pas prendre de chance...
— Eille non, faudrait pas que ça fonde ste belle crégnacée là!

On passe l'échangeur qui surplombe la 40.
Arrêt à la lumière, départ, nouvelle confusion.
Chose qui veut aller au centre Rockland, l'autre qui en sort. Faut avoir des yeux tout le tour de la tête.
Je réussis une fois de plus à pas me faire rentrer dedans et on poursuit.

La Petite commence à faire ses sons de fille pas contente. C'est adorable.
Ça fait changement de ses frères qui étaient des affamés chroniques. Fallait leur donner le sein dans la minute suivant le premier chignement sinon c'était la crise.

Mais pas elle.
Elle fait la moue et son premier « Muuuuggnn » suit pas longtemps après.
Comme maintenant. On est encore loin, je viens à peine de contourner les pas-certains-de-comment-tourner-à-gauche-sur-Jarry, on approche St-Roch.
Les premiers pleurs commencent. On ne les entend pas souvent, c'est aigu, mais on l'aime.
Y a tout le temps un nifflette qui veut tourner sur Olgilvy qui met pas son flasher, je prévois le coup je suis dans la voie du centre.
On passe Ogilvy, ça pleure pas mal.
— On arrive bientôt papa? Chu tanné de l'entendre pleurer!
— Eh beh, t'avais oublié ce que c'était? On arrive sur Jean-Talon là.
— C'est proche de chez nous?
— 5-10 minutes, dépendamment du trafic.

Voie de gauche, file d'attente pour tourner sur Jean-Talon.
On attend, il passe six ou sept voitures à chaque flèche clignotante.
On n’est pas pressé, mais presque.

Je vois dans mon miroir qu'un autobus arrive par la droite à toute allure.
Il nous dépasse et je vois à qui on a affaire.
— Asti! L'ADQ! Ah ben câlisse, y veulent tourner à gauche en plus!
— C'est pas l'ADQ, c'est la CAQ, non?
— Y aurait beau changer le nom du Cheez-Whiz pour Délice Fromagé, ça resterait du crisse de Cheez-Whiz.
— Tu sacres, papa.
— Boah, pour les fois... Check ça! Y bloquent deux voies les caves!
— Gui, y a assez de bruit avec la Petite, crie pas en plus...
— Je crie pas, chu émotif. Fuck, j'aimerais ça qu'y débarque de son autobus, le champion, venir prendre une photo avec le bébé, juste pour voir comment ça passerait...
— Mais, y vont où là?
— On dirait ben que bloquer deux voies de ce bord citte c'était pas assez, y veulent bloquer l'autre bord itou. Y a pressé, pis pressé colon... Doivent avoir un débat avec la tivi kekpart.
— Spa une raison pour bloquer tout le monde!
— Fâche-toi pas après moi, on est du même bord! Bon, check ça, y passe sua rouge!
— Rendu là...
— Saint-esti, va falloir attendre la prochaine flèche. Check ça les amateurs, faut pas que tu roules à droite sur Jean-Talon, tout le monde se met sué quatre flashers pour aller s'acheter des cossins, ça jam ben raide. Faut rouler à gauche pis se placer à droite au coin de Wiseman pis Querbes. Méchant chauffeur...

On a finalement passé. La Petite a braillé jusqu'à la maison, ça aura pris 15 minutes.
Ça aurait été 10, n'eût été de l'autobus des déplaisants.
Ils me diront, c'est juste cinq minutes.
Je répondrai, exactement.
J'ai pas de patience avec les déplaisants.







mardi 28 août 2012

Mascotte


Le cadran a sonné, il s’est presque aussitôt tu. Six heures et demie. J’ai pas besoin de lui pour me faire la morale : « Té couché trop tard. Trop tard. Trop tard. Trop tard. Trop tard. TroCLOMP. »
Silence.
La Petite dort entre nous deux. Sa respiration est profonde, calme quoique sifflante. Une crotte de nez, surement. J’essaierai de m’en souvenir, une shot d’eau salée et la pompe nasale. Plus tard. Elle sera pas contente.
Je la regarde, les yeux me ferment.

Douce me réveille.
— Gui, yé sept heures. Y a de l’école à matin, let’s go.
— Mrrmmffh.

J’ai de l’école? C’est les Schtroumpfs à la télé ? Y a de la neige dehors?
Le sifflement de nez de la Petite me rappelle que je ne suis pas à Amqui, que c’est pas moi qui commence sa deuxième année aujourd’hui. Ça m’aide à me lever du bon pied.
— Salut Pa
— Allo Guiôme ! Gros match aujourd’hui, han papa? Han papa?
— Mmmh, moui moui pépin. Plus tard, ok?
— Ok.
— Beau dodo pépin, on t’as pas vu de la nuit.
— Moi grand, han papa !
— Oh oui. T’es grand.


Une demi-heure après tout le monde est prêt à partir.
L’avantage des débuts d’année.
J’essaierai de m’en souvenir en février, quand il faudra leur enfoncer leurs toasts dans la bouche à huit heures moins cinq.

Et c’est parti.
Traversée du parc, petit crochet sur Dante, tourne à droite sur Henri-Julien, à gauche par la petite cour.
On aperçoit aussitôt un camion de télé de l’Empire. Son gros logo jaune-rouge-bleu, son antenne en érection.
On sort de la cour.
Douce prend Pépin dans ses bras.
Je prends Fiston par la main.
Je serre la Petite un peu plus contre mon cœur en remontant le tissu du porte-bébé sur sa tête.
Il y a une dizaine d’autos de polices. Des vélos aussi.
Pas de chevaux. Pas d’hélicoptère non plus, je crois.
Juste des policiers souriants.
Et une mascotte.
En forme de chien? D’ours?
Peut-être simplement une mascotte en forme de mascotte police.

On s’approche lentement.
Je sens que j’ai un étrange rictus en lieu de sourire.
Je me retourne, Pépin a le visage blotti dans le cou de Douce.
J’entends presque son cœur battre d’ici.
On arrive à la grille.
La mascotte à une épinglette avec son nom sur la poitrine.
Flik.
Fiston lâche ma main et prend la règle et l’étui que le policier lui tend.
— Tiens mon grand, bonne rentrée !
— Qu’est-ce qu’on dit Fiston?
— Merci.
Sieg heil.
— Pardon monsieur?
— Oh, bon matin.

On se faufile par l’entrée.
Ils sont tous là.
L’Empire, la télé d’État en français, la radio d’État en anglais, la télé privée anglaise.
Tous souriants avec leurs caméras immenses, essayant d’agripper un jeune, un parent ou les deux en même temps.
Derrière la grille, les autos patrouille, les vélos blindés, les antennes micro-ondes affamées, turgescentes. Les téléspectateurs attendent.


J’entends un parent parler à Flik.
— J’ai un ami mascotte aussi, un gros panda, Anarchopanda, tu connais?
Pas de réponse autre que le tapement de son énorme pied botté.

Les professeurs sont là avec des pancartes, groupe 111, 212, 311, les enfants s’agglutinent autour d’eux.
J’ai perdu Fiston de vu.
Je regarde immédiatement en direction des souriantes, elles ont toutes leurs micros pointés sous le nez d’enfants, il n’est pas là.
Pépin est toujours caché au creux du cou de Douce. Elle parle avec des amis. Je l’entends :
— Quand même comique, on n’a pas le droit de prendre des photos de nos enfants à la pataugeoire, mais ici, pas de troubles, le party est pogné…

Le directeur arrive, la même bonne bouille que l’année passée, ça rassure, quand même.
Il fait son discours d’accueil, les caméras ne tournent plus. Les maquillées se remaquillent.
Il termine et invite les jeunes à entrer, les caméramans se réveillent à nouveau, automates à la recherche d’histoires humaines; la première entrée d’un élève de première année.
Il retourne vers la sortie aussitôt qu’il a ce qu’il veut, bousculant sans le savoir les deuxièmes années qui attendent d’entrer, balançant son imposante caméra à bout de bras.
J’aperçois Fiston qui l’évite et reprend son rang en parlant avec ses amis.
La cour se vide tranquillement d’enfants, ne reste que les parents dispersés à travers des uniformes bleus et des portes-micros.
Je rejoins Douce et les amis. On parle doucement, en cercle, faisant dos à l’armada.
— Le plus vieux de mon voisin s’est fait arrêter à l'université hier.
— Voyons donc toi calisse ?!
— J’imagine qu’y ont pas donné d’étui.
— Nope. Un beau bracelet en Ty-Wrap
— …

On quitte pour aller porter Pépin à sa garderie.
Il marche d’un pas nerveux, regardant toujours derrière lui.
La mascotte est avec le policier en chemise blanche, ils sont entourés par les caméras, les fardées posent leurs questions. Les téléspectateurs auront leurs réponses.

J’augmente la cadence, la Petite chigne un peu, elle bouge contre moi.
Je la serre un peu plus et je lui chante tout bas ce qui la calme le plus ces jours-ci :

My heart tells a different story.
My hands feel a different pulse.
If anything means anything,
There must be something meant for us to be.

Je n'ai pour réponse que le sifflement de son nez .
Ça va aller.

mercredi 13 juin 2012

La Smatte

À chaque jour suffit sa peine.
À chaque jour une nouvelle niaiserie de la part de ce parti arrogant, manipulateur et corrompu.
Aujourd'hui il y a eu cette épouvantable sortie en règle d'à peu près tout le conseil des ministres contre un poster trouvé dans la maison d'Amir Khadir et qui s'est mystérieusement frayé un chemin jusque sur la première page du Hournal de Mourial et de Kwibec...
Bolduc, qui rote encore son vaccin contre la grippe de l'automne passé, trouve ça dangereux, c'est peut-être subliminal. L'autre smatte trouve pas ça drôle.
M'en vas vous le dire moi, ce qui est subliminal (en fait ce l'est pas pantoute, c'est limpide) c'est clair que vous jouez aux abrutis et que vous polarisez encore un peu plus la situation actuelle pour préparer le terrain à des élections avant que la commission Charbonneau vous rentre dedans. Le tout est joué avec un soupçon de racisme, à la Joseph Facal et son article que je ne mettrai pas en lien ici. Voilà, c'est dit.
Et pis c'est pas drôle? Qui c'est qui se soucie encore de l'avis de cette ministre de l'inculture favorable à la guerre en Afghanistan?

Et pis, est-ce qu'elle trouve ça drôle, ce vidéo?



Simonac, ça me fait oublier le million de pubs qu'il nous a fait subir et ses livres pas drôles.
Ça l'air de rien, mais y en a pas des masses qui se commette comme lui ces temps-ci.
Merci Taschereau.

Un autre pour la route:



mardi 12 juin 2012

Pétition À diffuser massivement


Signer la pétition en envoyant un courriel à cette adresse.


— — — — —

Madame Christine St-Pierre, Ministère de la Culture, des Communicatons et de la Conditon féminine 225, Grande Allée Est Québec (Québec) G1R 5G5

Madame la ministre,

C’est avec grand désarroi que nous avons pris connaissance des propos que vous avez prononcés ce vendredi 8 juin, propos selon lesquels « nous, on sait ce que ça veut dire le carré rouge, ça veut dire l’intimidation, la violence, ça veut dire aussi le fait qu’on empêche des gens d’aller étudier »1. Nous nous trouvons aujourd’hui dans l’obligation de vous demander de présenter des excuses publiques pour ces propos démagogiques qui tentent de discréditer la légitimité du port du carré rouge et de réduire malhonnêtement le sens qui lui est attaché, méprisant du coup le choix réfléchi et affirmé de très nombreux membres de la communauté artistique québécoise.

Que la ligne de parti vous oblige à une certaine réserve, nous le comprenons, mais que vous prêtiez si facilement votre ministère comme tribune à ce type de propagande alors qu’il est chargé d'administrer et de représenter les intérêts du milieu culturel québécois, nous indigne profondément: vous n’êtes pas sans savoir que la grande majorité des acteurs de ce milieu arborent fièrement le carré rouge. Tout comme le Premier ministre se doit d'être le représentant des intérêts de tout un peuple (chose qui, malheureusement, est actuellement mise en doute au Québec), une ministre de la Culture ne peut se permettre de mépriser les artistes et les travailleu(rs)ses culturel(le)s qui fondent les raisons d'être de son ministère.

Si votre objectif, en stigmatisant la violence associée au mouvement étudiant, est de vous faire du capital politique, nous tenons à vous rappeler que ce genre de stratagème éveille ce qu'il y a de plus boueux dans les consciences, et que de ne pas le savoir est indigne d’une ministre de la Culture. Or ce ne sont pas les voix qui manquent pour relever le sens et le niveau du débat que de toute évidence vous travaillez à abaisser: ces voix constituent le terrain fertile de la culture et viennent précisément de ce pan de la société qui oppose une culture humaniste à cette culture d’entreprise qui violente la libre pensée. Si le seul argument que vous décidez d'opposer à ce schisme idéologique profond est le recours à la peur pour justifier la nécessité du maintien de l’ordre, nous tenons à vous rappeler que ce flirt est extrêmement dangereux, et que dresser les vieux épouvantails de la peur au service de l’ordre rappelle de très mauvais souvenirs d’une histoire pas si lointaine.

Il est plus que temps que vous et les membres de votre parti preniez les responsabilités qui vous incombent en tant que représentants politiques quand vous usez de tels moyens de propagande pour diviser l’opinion publique, en stigmatisant le port du carré rouge comme un geste soutenant la violence. Vous aimez « oublier » que ce mot qui vous vient si fréquemment aux lèvres n'est pas incarné par les centaines de milliers de personnes, étudiants et citoyens qui marchent chaque soir dans nos rues, mais par un corps policier qui multiplie honteusement les gestes de brutalité envers des manifestants pacifiques. Vous aimez « oublier », aussi, que cette violence est celle de vos mots menteurs et méprisants, de votre inaction et de votre irrespect envers une part grandissante de notre population. Ce glissement sémantique témoigne de votre condescendance vis-à-vis de notre intelligence et du peu de respect que vous avez pour les raisons profondes et réfléchies d’arborer ce bout de tissu rouge. Une ministre de la Culture doit savoir faire preuve de discernement et ne pas rater l’occasion d’élever le débat au-dessus de la mêlée. Ce ne fut malheureusement pas le cas ce vendredi 8 juin et nous exigeons des excuses pour ce faux pas qui tente de nous plonger dans une rhétorique de la peur et dénigre par le fait même l’intelligence du milieu culturel et de ses représentants, qu’ils portent ou non le carré rouge. Nous ne pouvons consentir à cet abaissement du débat sur la place publique et cautionner par notre silence vos propos irrespectueux.

En espérant que vos mensonges cesseront rapidement de leurrer notre population, nous signons tous, acteurs et actrices du milieu culturel québécois.

Céline Couq
Responsable des communications
Éditions Triptyque / La revue Mœbius
www.triptyque.qc.ca
www.revuemoebius.qc.ca
514-597-1666

lundi 11 juin 2012

Quand t'as un premier ministre quelconque, tu crains les actes quelconques PRISE DEUX

Voilà pourquoi il faut garder un semblant de tête froide, se distancier un brin émotivement de toute cette bouillie pour les chats qu'est notre démoc.
J'étais tellement en simonac que j'ai oublié de mettre les liens vidéos, sans quoi on comprend rien.
Voici donc la raison de mon désarroi:

http://www.lapresse.ca/videos/actualites/201206/10/46-1-grand-prix-arrestations-mais-pas-de-perturbation.php/02741c81a55f4859935dc7c44a6c0156

Tout vas très bien au Québec.
À part des trucs quelconques comme la liberté de circuler sans manger  un coup de matraque en arrière de la tête...
Où se faire arrêter en allant au funérailles de sa soeur.

dimanche 10 juin 2012

Rapaillage III


On les frappait, maintenant on les case tous dans le même wagon. Carré rouge+jeunesse=Terroriste potentiel.
Au moins, les cochons parlent encore franfais.
C'est vrai, tant qu'à vivre dans une république de banane, autant y vivre en franfais.
Faut en profiter pendant que ça dure. Ouais.


«Ce dimanche 10 juin à Montréal, je, Virginie Poulin-Bergeron, surnommée "Louve", déclare librement ce qui suit.

Je reviens du métro, il est midi trente. J'avais décidé de ne pas porter de carré rouge. Ni noir. En fait j'avais mis ce que j'avais apporté de plus candide. Une petite robe bleue et des sandales lacées. J'avais mon sac à dos rouge avec dedans, une trousse de premiers soins, deux marionnettes, papier, crayon, bouteille d'eau, des poïs en tissus.

Vers environ 11h, j'embarque à la station Sherbrooke. Quatre policiers, un officier. On fouille les gens qui portent le carré rouge. Je passe sans me faire fouiller. Station Berri. Un policier à tous les trois mètres carrés. Partout des cellules de policiers qui arrêtent des jeunes qui ne portent pas nécessairement de carré rouge, à ce que je vois. Je continue ma route vers le quai de la ligne jaune. Une policière m'arrête et me demande de lui donner mon sac. Je lui donne, elle l'ouvre. "C'est quoi ça?" "Une trousse de premiers soins". Elle me laisse continuer ma route.

Au quai direction Longueuil, environ trente policiers de chaque côté du quai, trois avec le kit de veste pare-bale et leurs chiens renifleurs. Un policier par wagon. On débarque au parc Jean Drapeau. Un barrage de policiers nous attendent de pied ferme pour arrêter les gens qui leur semblent soupçonnables. Je passe presque, une main ferme se pose sur mon épaule. Une policère me dit qu'elle va vérifier mon sac. Je lui donne, elle l'ouvre. Elle me parle d'une voix dure et autoritaire.

-C'est quoi ça, des masques?
-Des marionnettes.
-Vous faites quoi ici?
-Je suis venue voir le spectacle.
-Vous avez vos billets?
-Non.
-Allez vous-en, vous n'avez pas d'affaire ici.
-Je ne peux même pas aller voir les kiosques?
-C'est quoi ça?
-Des poïs. De la jonglerie maorie.

Elle tâtonne mes boules de tissus pour voir s'il n'y a pas qqe chose à l'intérieur. On s'organise pour m'escorter vers la sortie. Trois policiers m'encadrent.

(moi)-Ça doit être une dure journée pour vous.
-Pour nous aussi, c'est dur, vous savez pas.
(elle n'a vraisemblablement pas compris ce que je lui ai dit)
-Vous allez vers Longueuil ou Berri?
-Berri.

On m'escorte vers le quai d'embarquement. On me met avec une sept-huit autres personnes (toutes dans le début de la vingtaine, je crois) encadrées de cinq-six policiers. Deux gars tentent de parlementer. "Merde, on veut juste aller à la ronde!"

Le métro arrive, on nous fait embarquer. On nous demande de rester dans un coin du wagon délimité par deux policiers qui nous encadrent. Une jeune fille parle avec l'un d'eux. Je n'écoute pas trop la conversation. Une fille à côté de moi lit un livre. 1984. Je me penche pour lire par-dessus son épaule. Un jeune homme nous prend en photo de l'autre bout du wagon.

On arrive au quai de Berri-UQAM. Environ huit policiers nous attendent. L'un d'eux porte tout un kit noir, veste pare-balle et tasers (je crois que c'est ça) et a un berger allemand. On nous fait sortir. On nous place contre le mur, on nous demande de nous tourner face contre le mur. On attend un peu. Les deux jeunes qui voulaient aller à la ronde sacrent et rouspettent. Un policier prend la parole.

-Vous voyez le grand noir, là? (on se tourne pour voir un policier de six pieds cinq (à peu près) de couleur noire qui nous attend au bout du mur). Vous allez le suivre à la queue l'un derrière l'autre.

On part, on nous escorte (7-8 arrêtés, 7-8 policiers, environ) dans la station jusqu'à une porte de sortie de secours. Avant d'entrer dans une longue cage d'escalier, un jeune policier qui garde la porte lâche tout bas, à mon passage: "bonne chance dans vos études". Je me retourne "Merci!" en souriant. On monte une longue volée de marches. Les deux jeunes qui voulaient aller à la ronde discutent avec un autre jeune polcier qui semble "cool" et semble leur faire comprendre que lui aussi, il trouve que ça n'a pas de bon sens. L'un d'entre eux dit "si j'avais eu ma caméra, j'aurais filmé tout ça". On est 2-3 à sortir nos cells de nos poches et à commencer à filmer tout en marchant.

On aboutit dans une sortie de métro, celle la plus près de l'UQAM, je crois. Une policière nous attend et nous dit que si on nous revoit dans une sation de métro, on va être arrêtés. Deux jeunes veulent discuter avec elle. Je m'arrête avec mon cell pour filmer le tout. Le grand policier de couleur noire me met la main dans le dos.

-Vous allez sortir (en m'indiquant la porte);
-J'aimerais ça écouter le conversation
-Non, vous sortez.

Le policier avec un berger allemand me regarde. Le policier noir me pousse dans le dos doucement. Je soupire et sort. Dehors, une jeune fille semble ébranlée et émotive. Je lui presse le bras et lui sourit. On jase un peu, on se dit que ça n'a pas de bon sens. On se souhaite bonne journée, je repars. Je marche jusqu'à ma voiture, prend mon portable et me rend à l'auberge de jeunesse où j'ai dormi la veille pour écrire ceci.

Je déclare que tous les renseignements fournis dans ce document sont exacts et véridiques au meilleur de ma connaissance. Les dialogues ont été transcrits au meilleur de ma mémoire, mais diffèrent sans doute de la réalité au niveau de la forme des phrases. Ce texte est exempt de droits d'auteur et peut être utilisé à toute fin que vous
jugeriez utile.»



Rapaillage II

Voilà.
On a atteint un niveau de répression tout à fait unique, en ce sens que c'est maintenant un crime de porter le carré rouge.
C'est particulièrement criminel de le porter dans le métro. Va savoir.
En même temps, la ministre de l'inculture le disait l'autre jour, c'est un symbole d'intimidation et de violence, le carré rouge.
Contrairement à l'étoile jaune, par exemple.
Quoique porter l'étoile jaune menait à des voyages en trains. Ici on parle de métro, wagons, rails.
Ça devient mêlant...
Je suis pas en train de comparer les deux symboles, eh, mais la police fait une maudite belle job de profilage ces jours-ci.
Ça rappelle octobre 70, quand les soldats arrêtaient des gens qui possédaient des livres sur le cubisme, croyant que ça en faisaient des communisses comme à Cuba...
Mais attention, y a un policier qui a dit de pas comparer les lieux de détentions à des « camps de concentrations light », vu que lui, il a de la famille qui a passé par là. C'est amusant, on dirait un sioniste policier, montréalais.
Que sais-je au fond, de ces questions d'oppression?
En tout cas, ce qui est clair, c'est que c'est contraire aux règles des droits et libertés.

----------------

Par Christian Tremblay

Aujourd'hui à Montréal, les policiers empêchaient les gens qui portaient le carré rouge de prendre le métro, ils leurs demandaient de les jeter aux poubelles et ont procédé à des contrôles d'identification totalement illégaux.

Je recommande fortement à tous ceux qui ont été victimes de cette intimidation ou de toute autre forme d'abus de porter plainte au SPVM, à la ville de Montréal et de se regrouper pour intenter une poursuite contre le SPVM.

L'identité de chacun lui appartient. Une personne n’a l’obligation de révéler son identité à un policier que dans les cas d’exceptions suivants :

- Elle est en état d’arrestation, ou en infraction.

- Elle est au volant d’un véhicule motorisé : le conducteur doit montrer son permis et le certificat d'immatriculation du véhicule (attention: les passagers ne sont pas obligés de s’identifier).

- Elle est mineure et se trouve dans un débit de boisson ou dans un cinéma (elle est obligée de s’identifier pour prouver qu’elle a au moins 18 ans).

- Elle circule dans un lieu public (parc, rue…) la nuit (le refus de s’identifier peut entraîner des accusations de vagabondage selon certains règlements municipaux).

Ce comportement de la police est une atteinte flagrante à nos droits démocratiques comme le stipule la Charte des droits et libertés, partie 1, section 2, du chapitre sur les libertés fondamentales...

Libertés fondamentales :

2. Chacun a les libertés fondamentales suivantes :

b) ……liberté d'expression

Et la loi 78 contrevient à la même partie de la Charte canadienne des droits et libertés (et la loi Canadienne a préséance sur les lois provinciales)

Libertés fondamentales :

2. Chacun a les libertés fondamentales suivantes :

b) liberté …… d'expression…;

c) liberté de réunion pacifique;

et de la charte des droits et libertés de la personne du Québec

PARTIE I
LES DROITS ET LIBERTÉS DE LA PERSONNE

CHAPITRE I
LIBERTÉS ET DROITS FONDAMENTAUX

3. Toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d'opinion, la liberté d'expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d'association.

1975, c. 6, a. 3.

Il est intéressant de constater que la loi 78 est inapplicable selon les deux chartes

Il est aussi possible de poursuivre l'employeur des policiers (ici la ville de Montréal) s’ils ont reçu l'ordre de commettre un acte illégal selon les disposition du code civil article 1464

1464. Le préposé de l'État ou d'une personne morale de droit public ne cesse pas d'agir dans l'exécution de ses fonctions du seul fait qu'il commet un acte illégal, hors de sa compétence ou non autorisé, ou du fait qu'il agit comme agent de la paix.

1991, c. 64, a. 1464.

Ou si le policier a agit de son propre chef il est possible de le poursuivre selon les disposition du code civil article 1457

1457. Toute personne a le devoir de respecter les règles de conduite qui, suivant les circonstances, les usages ou la loi, s'imposent à elle, de manière à ne pas causer de préjudice à autrui.

Elle est, lorsqu'elle est douée de raison et qu'elle manque à ce devoir, responsable du préjudice qu'elle cause par cette faute à autrui et tenue de réparer ce préjudice, qu'il soit corporel, moral ou matériel.

Elle est aussi tenue, en certains cas, de réparer le préjudice causé à autrui par le fait ou la faute d'une autre personne ou par le fait des biens qu'elle a sous sa garde.

1991, c. 64, a. 1457.

Rapaillage

J'hais Facebook.
Voilà pourquoi je suis tout le temps rendu là ces jours-ci.
J'y trouve des choses que je n'aurais pas vu ailleurs, malheureusement.
C'est une situation assez rocambolesque, une branche de la CIA qui sert de moyen de diffusion à tous ces trucs subversifs, contre le statu quo.
Bref.
Je tâcherai de diffuser à l'extérieur les choses d'intérêts que je trouve dans ce lieu carcéral aux couleurs gaies.

Pierre Foglia a écrit une chronique où il demandait aux gens d'arrêter de chialer contre son journal, détenu par les propriétaires du Québec, les Desmarais.Ça se lit ici.
C'est assez dommage parce que ses derniers papiers étaient plutôt jouissifs et loin du ton paternaliste de cette brique brune qu'il nous livre en fin de semaine...
Il est aussi vrai que plusieurs chroniqueurs de la Presse font du bon boulot depuis le début de la grève.
Mais il est aussi vrai que Desmarais est propriétaire, et, jusqu'à nouvel ordre, ce n'est pas pour faire la charité.
Ou si c'est le cas, la seule image qui me vient en tête vient de Mon Oncle Antoine, le boss de la mine qui descend la côte en carriole, en lançant ses menus cadeaux à la populace agglutinée sur les trottoirs...(C'est à 56:05, « Kein, le patron dla mine qui garroche ses bébelles... Y aura pas d'augmentations de salaires encore ct'année(...))

Citation du film, pour l'ami Bonin:
« Y nettoyent jamais ça, maudite maintenance de mes fesses! »
« Eye Joe, vlà lboss! »
« Qui mange dla marde! »

---------------------------

Le fou du roi a parlé : taisons-nous!

Robin Philpot*

Bon, Foglia fait l’éloge de ses patrons, les Desmarais, et il nous tape dessus tous. Et parce qu’il est « indépendantiste de gauche », nous devons tous nous taire et arrêter de critiquer ses patrons, son journal, ses collègues, ses journaux, les politiciens qui rampent devant les milliards des Desmarais, les hommes d’affaires qui rampent, les universités et autres HEC qui rampent. Monsieur Desmarais paie un avocat parce qu’il est ému d’une chronique de son Foglia, il s’intéresse à la culture, aux livres. Taisons-nous donc. Foglia l’a dit. Nous le faisons chier et il est « indépendantiste de gauche ».
S’il fallait se fier à Foglia, les Desmarais ont mis la main sur une bonne partie de la presse écrite, et cybernétique, au Québec, seulement parce qu’ils voulaient que les Québécois soient bien informés que leur journal soit comme « notre journal ».
Foglia ne s’embarrasse jamais trop des faits ni des déclarations des Desmarais eux-mêmes, le père en premier. En 2008, Paul Desmarais père a accordé une entrevue au magazine français Le Point. Nous avons mis la main sur la version de l’entrevue avant que celle-ci ne soit caviardée par les commissaires à l’information de Power. Les questions portaient sur sa présence dans les médias.
Le Point : À défaut de faire de la politique vous êtes un patron de presse…
Paul Desmarais : Tous les journaux du Québec […] sont séparatistes.
Le Point : Vous n’avez qu’à racheter d’autres journaux, vous avez les moyens…
Paul Desmarais : On ne peut pas. Ils sont souvent possédés par des fondations derrière lesquelles se cachent des nationalistes et des syndicalistes.
C’était en 2008. En bref, il voudrait influencer la politique davantage par ses journaux, mais, selon lui, il ne peut pas en acheter d’autres.
Quarante ans plus tôt, en 1971-1972, il disait sensiblement la même chose. C’était pendant la fameuse grève du journal. Paul Desmarais a accordé une longue entrevue à The Gazette. Il a toujours préféré sévir dans les médias anglais, car selon lui, les journalistes de langue française étaient « trop émotifs ». Voici comment il a expliqué le rôle qu’il voulait donner à son empire médiatique le 10 décembre 1971.
PAUL DESMARAIS : [La Presse] n’avait même pas de ligne fédéraliste quand j’ai pris le contrôle.
THE GAZETTE : Est-ce que cela veut dire qu’il devrait y en avoir une ?
PAUL DESMARAIS : Oui, j’ai senti que, sans contrôle de la politique éditoriale, le journal pouvait facilement se conformer aux caprices de celui qui était là, qu’il y avait un groupe qui pouvait prendre le contrôle du point de vue de l’information.
THE GAZETTE : Vous voulez dire les séparatistes ?
PAUL DESMARAIS : Oui. Mais pas seulement les séparatistes. Il y a beaucoup de violence au Québec. Tout est en ébullition… Le congrès de la FTQ cette semaine en est la preuve…
THE GAZETTE : […] Pensez-vous qu’il s’agit d’une révolution sociale au lieu d’une révolution linguistique ?
PAUL DESMARAIS : Je pense que la langue en fait partie, mais je pense que le but final, c’est la révolution sociale.
Notons que dans l’entrevue du Point de 2008, Paul Desmarais a terminée la partie sur l’empire médiatique comme suit : « C’est mon fils André qui est chargé de La Presse. Notre position est connue : nous sommes fédéralistes. Ça nous a valu des conflits très durs. Au final, on est arrivé à un compromis : je ne dois pas intervenir dans le journal. Le point de vue des séparatistes peut apparaître, mais la ligne éditoriale est fédéraliste. Il n’y a pas d’ambiguïtés. Si le Québec se sépare ce sera sa fin. Les séparatistes nous conduisent à la dictature des syndicats… » (La dernière phrase a été caviardée par Power).
Revenons à Pierre Foglia. Parce qu’il est un « indépendantiste de gauche » et que jamais les Desmarais ne lui ont rien dit, nous devons arrêter de chialer contre ses patrons, contre son journal et contre l’influence disproportionnée de Power Corporation sur la politique et le paysage médiatique du Québec.
Mais depuis que Paul Desmarais père a mis la main sur La Presse en 1967, ce qui a nécessité une loi spéciale de l’Assemblée nationale du Québec (appelée Assemblée législative à l’époque), il a toujours voulu renforcer sa mainmise sur les médias québécois. Il ne s’en cachait pas et il ne cachait pas ses raisons non plus.
En 1973, il a voulu acheter Le Soleil de Québec. Son ami Robert Bourassa a refusé, menaçant même d’adopter une loi spéciale pour l’en empêcher. Robert Bourassa craignait la concentration de la presse au Québec. Pas Foglia.
De nouveau, il a voulu l’acheter en 1987 et de nouveau Robert Bourassa lui a dit NON. En fait, Paul Desmarais a dû attendre jusqu’à l’an 2000 pour mettre la main sur Le Soleil (et le Quotidien de Chicoutimi et Le Droit). C’est alors sous la gouverne du premier ministre Lucien Bouchard que Desmarais a réussi son coup. Le commentaire de Lucien Bouchard pour expliquer son aplatventrisme : il fallait se fier à « l’éthique capitaliste ». Et d’aucuns se demandent pourquoi Lucien Bouchard est aujourd’hui toujours à la traîne des Desmarais, à Sagard et ailleurs. Drôle de coïncidence aussi : Foglia est surtout fier de son journal depuis les 10 dernières années, soit depuis que ses patrons ont pris le contrôle aussi du Soleil, du Quotidien et du Droit.
S’il fallait croire Pierre Foglia, cet intérêt des Desmarais pour les médias québécois surgit de leur seul souci de faire comme si leur journal (on devrait dire leurs journaux), sont « nos journaux ». Oui Virginie, le Père Noël existe!
Et s’il y avait une autre interprétation que celle de Foglia?
Mettons celle-ci.
Le Québec demeure la base arrière des Desmarais, pour ne pas dire leur basse cour. Après tout, depuis 1989, quand Power a vendu la Consolidated Bathurst et le Montreal Trust, empochant plus de 2 milliards $, les Desmarais n’ont investi à peu près rien au Québec, sauf dans leurs riches demeures et quelques journaux.
Pour poursuivre leur quête de richesse et de pouvoir de par le monde, ils ont besoin d’un Québec base arrière calme et bien dans le rang. Ils ont besoin d’un pouvoir politique qui mange dans leurs mains. D’où le parachutage de Jean Charest, conservateur, à la tête du Parti libéral du Québec et sa présence à tous les festins à Sagard ou à l’Élysée (avant la défaite de Sarkozy).
Ils ont besoin d’une simili culture, plutôt folklorique, qu’ils peuvent montrer aux VIP internationaux qu’ils reçoivent dans leurs divers châteaux, cette fameuse « joie de vivre canadienne française ».
Et ils ont besoin d’une base arrière qui se conforme dans l’allégresse à leurs exigences économiques et financières et à celles des autres du 1% qui président à l’effondrement économique des 99%. D’où l’acharnement éditorial des médias des Desmarais contre la grève étudiante.
Pour garder cette base arrière calme et dans le rang, ça prend des médias, comme La Presse et Le Soleil, même si ces médias ne sont pas rentables, du moins pas autant que les investissements dans les sables bitumineux ou les gaz de schiste.
Et ça prend des figurants, même des « indépendantistes de gauche », même si c’est seulement pour l’apparence.
Bref, ça prend des fous du roi comme Pierre Foglia. Ou devrait-on écrire Fouglia?

* Auteur de Derrière l’État Desmarais : Power (Les Intouchables, 2008)

mercredi 30 mai 2012

On danse à Naziland

Je met ça ici, si vous êtes assez mongol pour le regarder au complet, vous êtes plus fous que moi.
Quand même, ça vaut la peine de regarder au moins à 19:30, Jean Charest et George H. W. Bush qui s'installe pour souper, côte à côte.
Des gens de grande culture, la preuve, Plamondon est là.



http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/351236/anonymous

mardi 22 mai 2012

L'Espoir

Je n'ai de ma vie, jamais été aussi fier d'être montréalais.
Je suis revenu de ma nouvelle job (de cave, j'en reparlerai en moment opportun), j'ai regardé les images de la manifestation.
J'ai très sincèrement pleuré, de joie et de rage de ne pas avoir pu ajouter mes pas aux leurs.
Me trouvait lâche.
Ça a vite passé.
À 20h, toute la smala est sortie sur le balcon en avant.
Petite séance de piochage sur les casseroles, pour se souvenir en même temps du Chili, Pinochet, Jara, Allende, Neruda et tous ceux disparus durant ces effroyables années de dictature américaine.

Les enfants savaient pourquoi on piochait.
Pépin qui sent sa soeur arriver bientôt est plutôt inquiet en général ces temps-ci, il a peur du vent, des bruits, de tout. J'ai dit un mot de trop (ou pas) pendant que j'expliquais et maintenant il a peur des polices.
« Faut faire du bruit pour faire partir les Méchants, Pépin! »
Y a pioché en tabarnac.
Je leur avais ben expliqué qu'on serait peut-être tout seul au début, mais que les gens arriveraient peut-être.
Après 5 minutes de piochage, Douce me dit d'arrêter. Ça m'irrite, je demande pourquoi.
Écoute, qu'elle dit.
Ça piochait partout dans le quartier.
On s'est mis à marcher.
J'ai tapoché sur une pancarte de passage d'écoliers qui était renversée.
Ça sonnait en esti.
On s'est ramassé avec les amis pas loin de chez nous.
C'était la fête, Grand Fiston et Vinny Boy qui courait partout en se tapant sur la tête, protégée par leurs casseroles.
Une bonne centaine de gens, ben tanné de se faire prendre pour des caves.
J'ai attendu en vain de voir un char de police passer.
Peut-être demain.

J'aime ma ville.
Mon pays, le Québec.
Il est plus que temps qu'on se le réapproprie, les chiens ont assez grugé dedans.
Au moins, Pinochet avait pas peur de porter l'uniforme.
Une autre preuve que Charest fait rien de bon.
Même pas capable de mettre le costume qui lui irait le mieux.




vendredi 18 mai 2012

Résistance

J'étais ti-cul.
C'est en fait dans mes premiers souvenirs, l'hiver de mes quatre ans et demi.
Ça me reviens pêle-mêle, mes premiers matchs de hockey à l'aréna, la grossesse de ma mère, la fois qu'elle pleurait à cause de la mort de Lennon, et surtout, surtout, ce nom étrange qui revenait partout; Pierre DeBané, le ministre de l'Expansion économique régionale.
À ce nom est associé le souvenir de marches en plein hiver, des marches qui n'avancent pas, mais qui au moins me donne le temps de regarder le train qui n'avance pas non plus, bloqué qu'il est par un voyage de gravelle sur la track.
Les gens voulaient travailler. DeBané avait promis une papeterie, elle est jamais venue, la papeterie.
Elle est allée à Matane, proche du bureau de comté de DeBané (je vais écrire ce nom-là aussi souvent que possible).
Peut-être que mes racines de pas content viennent de là.
La Gaspésie a tout un historique de confrontations avec les gouvernements. C'est une région qui fut longtemps laissée pour contre et carrément bafouée, notamment dans tout ce grand fiasco de Forillon.

À l'hiver 1981, donc, les gens ont manifesté à Amqui, contre les mensonges de DeBané.
Michel Chartrand est venu faire son tour, ça parlait d'Amqui dans les nouvelles.
Les femmes de la région on fait une chose extraordinaire, qui fait rêver aujourd'hui.
Elles ont réussi à faire fermer les commerces, rapailler le monde, principalement les femmes, et elles sont allées encercler le poste de police pour les empêcher de sortir et d'arrêter tout le monde.
L'idée est tellement simple et porteuse d'une vérité trop souvent oubliée, kissé qui paye les policiers?
Nous autres, câlisse.
Si ton boss t'empêche de rentrer travailler, ben, tu y vas pas.

J'ose même pas imaginer la réaction des médias populistes si on réalisait un pareil tour de force en ce moment.

Me semble que ça vaudrait la peine d'être essayé, tant qu'à se faire casser la gueule.
Une loi, ça vaut quoi, si tout le monde décide que ça vaut rien?
Est-ce que le reste de la population va finalement embarquer?


mardi 8 mai 2012

Le contenu de ce message pourrait choquer

Faut vraiment être brainwashé pour croire que les jeunes prennent la rue seulement pour contrer une augmentation de « 50 sous par jour ».
Honte aux Desmarais et leur laquais, Jean Charest. Qu'ils pourrissent tous autant qu'ils sont, sur place, instantanément, rattrapés par leur idéologie de pleins de marde.
Et essayez même pas de venir me dire que la police fait ce qu'elle peut. Moi aussi je fais ce que je peux, en n’étant pas police.
« On voit pas tout, y manque la provocation des manifestants! »
Ben, vas-y manifester si tu veux voir tant que ça comment ça marche!
J'espère pour toi et ton crâne que tu cours vite.

lundi 7 mai 2012

Heureusement, il nous reste la jeunesse

Aujourd'hui, en mangeant mon samouiche, j'ai entendu ce genre de sophisme:
«Y auront yenk à bouère une biére de moins par 'hour.»
Je répondrai ceci:
«Touche pas à ma biére.»

dimanche 6 mai 2012

Sortir du Cirque

Tombé sur ça par le plus grand des hasard.
C'est rare que je dis ça mais c'est à faire circuler


-------

Déclaration du 4 mai 2012 : appel à sortir du cirque et de l’encadrement du spectacle

par Eric Martin, 4 mai 2012, à 10:35 ·
Pendant que les médias québécois débattent de questions triviales - vote secret, indexation, position du PQ, « violence » - ce sont étrangement les journalistes étrangers qui semblent le mieux à même de saisir l’importance de la lutte que mènent les étudiant-e-s du Québec.
Selon le Guardian britannique : les étudiants du Québec sont « the most powerful challenge to neoliberalism on the continent» (le plus important défi pour le néolibéralisme du continent). Même Paris Match, le journal people français, s’interroge : « Le premier grand mouvement socio-écologique est-il en train de naître dans la Belle Province ? Rarement, en tout cas, revendications économiques, sociales et environnementales n’ont paru aussi imbriquées à une telle échelle et sur une telle durée. C’est sans doute l’un des aspects les plus novateurs de ce « printemps érable » ». Même si les chroniqueurs s’acharnent à faire passer le mouvement étudiant pour un mouvement particulariste, on doit constater que le printemps québécois, au même titre que le printemps arabe, est en lutte contre un système global et une élite détachée, mensongère et corrompue.

Que ce soit de la part des médias, du gouvernement et des soi-disant experts, nous avons affaire systématiquement à une entreprise de dépolitisation de la lutte étudiante. On ne veut pas, en effet, entendre la parole des étudiant-e-s, et l’on ramène toute l’affaire à une question procédurale et technique. Force est de constater que cette dépolitisation atteint un sommet lorsque par tous les moyens, le gouvernement oppose les droits prétendument individuels aux droits collectifs, alors que : l’individu ne peut exercer ses libertés que dans un monde commun et dans le cadre d’une communauté d’appartenance. Et deuxièmement, les droits confinés à l’individu accentuent l’isolement de cet individu et le réduisent à l’état de consommateur, lequel est par définition censé jouir de son acte solitaire. Jamais un individu seul ne peut faire société, c’est-à-dire agir politiquement dans et pour le commun.

À preuve, le pouvoir politique et médiatique impose une grille de lecture qui avance que la grève étudiante est un « boycott ». La violence de l’État (matraquages, grenades, répression) se double d’une violence symbolique qui est d’autant plus pernicieuse qu’elle impose les cadres de pensée orwelliens avec lesquels il faut, selon elle, comprendre ce qui est en train d’arriver. Alors que même le Guardian reconnaît que l’État ne cédera pas même un pouce sans qu’il y ait soulèvement populaire massif, nos propres journaux et télévisions déplorent le manque d’ordre et de sécurité. Mais le désordre n’est pas imposé par les étudiant-e-s : il est l’expression de la nature même du capitalisme financier, dont le modus operandi est la destruction du monde commun. Il est ainsi clair que la sécurité dont on nous rabat les oreilles est l’injonction de se taire et de s’adapter constamment à la fuite en avant d’un système qui ne répond plus qu’aux exigences de sa propre croissance infinie.

En ce moment où tous et toutes nous semblons perdre le contrôle et la mainmise sur ce qui advient de notre appartenance commune et de la maintenance de nos vies, il est urgent de rappeler que la signification profonde du mouvement initié par les étudiant-e-s s’oppose à la fausse émancipation libérale qui pose la liberté personnelle comme seule réponse à la crise générale de la société. Cette pseudo-liberté est une fuite en avant vers la guerre de tous contre tous. Or, il n’y a véritablement de liberté individuelle que dans son incarnation et expression collectives. Ce que les étudiant-e-s expriment, c’est le refus de la perte du monde commun. Les étudiant-e-s ont bien compris que le chantier de démolition qui tient lieu d’avenir qu’on leur offre est non seulement une insulte à l’intelligence, mais aussi une impasse de civilisation. Les étudiant-e-s n’ont rien à perdre que leurs dettes, ils ont un monde à se réapproprier.

Eric Martin, professeur, philosophie, Édouard-Montpetit
Benoît Coutu, chargé de cours, sociologie, UQAM
Nadine Lanouette, professeur, philosophie, Lionel-Groulx,
Maxime Ouellet, professeur associé, école des médias, UQAM
Jacques-Alexandre Mascotto, professeur associé, sociologie, UQAM

samedi 5 mai 2012

Détonations

C'est samedi soir. À mon poste.
Faut que j'écrive mais je suis pas capable.
Le coeur gros, les yeux mouillés, enragé.
J'écoute en boucle Master of Wars de Dylan.
J'en ai plein le cul du cynisme ambiant.
Du mépris.
Du fascisme non plus rampant, mais mûr et juteux.
Dégoulinant.
L'état de siège.
Je suis en 1929.
En 2012.
Sieg Heil calisse de tabarnak.
Deux étudiants sont entre la vie et la mort et personne n'en parle sauf ceux qui y étaient et qui propagent la nouvelle comme ils peuvent.
C'est ce qu'il nous reste, les mots.
Le silence est complice de la violence.

« Well let me ask you one question, is your money that good? Will it buy you forgiveness?
Do you think that it could? »