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mardi 28 août 2012
Mascotte
Le cadran a sonné, il s’est presque aussitôt tu. Six heures et demie. J’ai pas besoin de lui pour me faire la morale : « Té couché trop tard. Trop tard. Trop tard. Trop tard. Trop tard. TroCLOMP. »
Silence.
La Petite dort entre nous deux. Sa respiration est profonde, calme quoique sifflante. Une crotte de nez, surement. J’essaierai de m’en souvenir, une shot d’eau salée et la pompe nasale. Plus tard. Elle sera pas contente.
Je la regarde, les yeux me ferment.
Douce me réveille.
— Gui, yé sept heures. Y a de l’école à matin, let’s go.
— Mrrmmffh.
J’ai de l’école? C’est les Schtroumpfs à la télé ? Y a de la neige dehors?
Le sifflement de nez de la Petite me rappelle que je ne suis pas à Amqui, que c’est pas moi qui commence sa deuxième année aujourd’hui. Ça m’aide à me lever du bon pied.
— Salut Pa
— Allo Guiôme ! Gros match aujourd’hui, han papa? Han papa?
— Mmmh, moui moui pépin. Plus tard, ok?
— Ok.
— Beau dodo pépin, on t’as pas vu de la nuit.
— Moi grand, han papa !
— Oh oui. T’es grand.
Une demi-heure après tout le monde est prêt à partir.
L’avantage des débuts d’année.
J’essaierai de m’en souvenir en février, quand il faudra leur enfoncer leurs toasts dans la bouche à huit heures moins cinq.
Et c’est parti.
Traversée du parc, petit crochet sur Dante, tourne à droite sur Henri-Julien, à gauche par la petite cour.
On aperçoit aussitôt un camion de télé de l’Empire. Son gros logo jaune-rouge-bleu, son antenne en érection.
On sort de la cour.
Douce prend Pépin dans ses bras.
Je prends Fiston par la main.
Je serre la Petite un peu plus contre mon cœur en remontant le tissu du porte-bébé sur sa tête.
Il y a une dizaine d’autos de polices. Des vélos aussi.
Pas de chevaux. Pas d’hélicoptère non plus, je crois.
Juste des policiers souriants.
Et une mascotte.
En forme de chien? D’ours?
Peut-être simplement une mascotte en forme de mascotte police.
On s’approche lentement.
Je sens que j’ai un étrange rictus en lieu de sourire.
Je me retourne, Pépin a le visage blotti dans le cou de Douce.
J’entends presque son cœur battre d’ici.
On arrive à la grille.
La mascotte à une épinglette avec son nom sur la poitrine.
Flik.
Fiston lâche ma main et prend la règle et l’étui que le policier lui tend.
— Tiens mon grand, bonne rentrée !
— Qu’est-ce qu’on dit Fiston?
— Merci.
— Sieg heil.
— Pardon monsieur?
— Oh, bon matin.
On se faufile par l’entrée.
Ils sont tous là.
L’Empire, la télé d’État en français, la radio d’État en anglais, la télé privée anglaise.
Tous souriants avec leurs caméras immenses, essayant d’agripper un jeune, un parent ou les deux en même temps.
Derrière la grille, les autos patrouille, les vélos blindés, les antennes micro-ondes affamées, turgescentes. Les téléspectateurs attendent.
J’entends un parent parler à Flik.
— J’ai un ami mascotte aussi, un gros panda, Anarchopanda, tu connais?
Pas de réponse autre que le tapement de son énorme pied botté.
Les professeurs sont là avec des pancartes, groupe 111, 212, 311, les enfants s’agglutinent autour d’eux.
J’ai perdu Fiston de vu.
Je regarde immédiatement en direction des souriantes, elles ont toutes leurs micros pointés sous le nez d’enfants, il n’est pas là.
Pépin est toujours caché au creux du cou de Douce. Elle parle avec des amis. Je l’entends :
— Quand même comique, on n’a pas le droit de prendre des photos de nos enfants à la pataugeoire, mais ici, pas de troubles, le party est pogné…
Le directeur arrive, la même bonne bouille que l’année passée, ça rassure, quand même.
Il fait son discours d’accueil, les caméras ne tournent plus. Les maquillées se remaquillent.
Il termine et invite les jeunes à entrer, les caméramans se réveillent à nouveau, automates à la recherche d’histoires humaines; la première entrée d’un élève de première année.
Il retourne vers la sortie aussitôt qu’il a ce qu’il veut, bousculant sans le savoir les deuxièmes années qui attendent d’entrer, balançant son imposante caméra à bout de bras.
J’aperçois Fiston qui l’évite et reprend son rang en parlant avec ses amis.
La cour se vide tranquillement d’enfants, ne reste que les parents dispersés à travers des uniformes bleus et des portes-micros.
Je rejoins Douce et les amis. On parle doucement, en cercle, faisant dos à l’armada.
— Le plus vieux de mon voisin s’est fait arrêter à l'université hier.
— Voyons donc toi calisse ?!
— J’imagine qu’y ont pas donné d’étui.
— Nope. Un beau bracelet en Ty-Wrap
— …
On quitte pour aller porter Pépin à sa garderie.
Il marche d’un pas nerveux, regardant toujours derrière lui.
La mascotte est avec le policier en chemise blanche, ils sont entourés par les caméras, les fardées posent leurs questions. Les téléspectateurs auront leurs réponses.
J’augmente la cadence, la Petite chigne un peu, elle bouge contre moi.
Je la serre un peu plus et je lui chante tout bas ce qui la calme le plus ces jours-ci :
My heart tells a different story.
My hands feel a different pulse.
If anything means anything,
There must be something meant for us to be.
Je n'ai pour réponse que le sifflement de son nez .
Ça va aller.
mercredi 4 juillet 2012
mercredi 20 juin 2012
vendredi 15 juin 2012
mercredi 13 juin 2012
La Smatte
À chaque jour suffit sa peine.
À chaque jour une nouvelle niaiserie de la part de ce parti arrogant, manipulateur et corrompu.
Aujourd'hui il y a eu cette épouvantable sortie en règle d'à peu près tout le conseil des ministres contre un poster trouvé dans la maison d'Amir Khadir et qui s'est mystérieusement frayé un chemin jusque sur la première page du Hournal de Mourial et de Kwibec...
Bolduc, qui rote encore son vaccin contre la grippe de l'automne passé, trouve ça dangereux, c'est peut-être subliminal. L'autre smatte trouve pas ça drôle.
M'en vas vous le dire moi, ce qui est subliminal (en fait ce l'est pas pantoute, c'est limpide) c'est clair que vous jouez aux abrutis et que vous polarisez encore un peu plus la situation actuelle pour préparer le terrain à des élections avant que la commission Charbonneau vous rentre dedans. Le tout est joué avec un soupçon de racisme, à la Joseph Facal et son article que je ne mettrai pas en lien ici. Voilà, c'est dit.
Et pis c'est pas drôle? Qui c'est qui se soucie encore de l'avis de cette ministre de l'inculture favorable à la guerre en Afghanistan?
Et pis, est-ce qu'elle trouve ça drôle, ce vidéo?
Simonac, ça me fait oublier le million de pubs qu'il nous a fait subir et ses livres pas drôles.
Ça l'air de rien, mais y en a pas des masses qui se commette comme lui ces temps-ci.
Merci Taschereau.
Un autre pour la route:
À chaque jour une nouvelle niaiserie de la part de ce parti arrogant, manipulateur et corrompu.
Aujourd'hui il y a eu cette épouvantable sortie en règle d'à peu près tout le conseil des ministres contre un poster trouvé dans la maison d'Amir Khadir et qui s'est mystérieusement frayé un chemin jusque sur la première page du Hournal de Mourial et de Kwibec...
Bolduc, qui rote encore son vaccin contre la grippe de l'automne passé, trouve ça dangereux, c'est peut-être subliminal. L'autre smatte trouve pas ça drôle.
M'en vas vous le dire moi, ce qui est subliminal (en fait ce l'est pas pantoute, c'est limpide) c'est clair que vous jouez aux abrutis et que vous polarisez encore un peu plus la situation actuelle pour préparer le terrain à des élections avant que la commission Charbonneau vous rentre dedans. Le tout est joué avec un soupçon de racisme, à la Joseph Facal et son article que je ne mettrai pas en lien ici. Voilà, c'est dit.
Et pis c'est pas drôle? Qui c'est qui se soucie encore de l'avis de cette ministre de l'inculture favorable à la guerre en Afghanistan?
Et pis, est-ce qu'elle trouve ça drôle, ce vidéo?
Simonac, ça me fait oublier le million de pubs qu'il nous a fait subir et ses livres pas drôles.
Ça l'air de rien, mais y en a pas des masses qui se commette comme lui ces temps-ci.
Merci Taschereau.
Un autre pour la route:
mardi 12 juin 2012
Pétition À diffuser massivement
Signer la pétition en envoyant un courriel à cette adresse.
— — — — —
Madame Christine St-Pierre, Ministère de la Culture, des Communicatons et de la Conditon féminine 225, Grande Allée Est Québec (Québec) G1R 5G5
Madame la ministre,
C’est avec grand désarroi que nous avons pris connaissance des propos que vous avez prononcés ce vendredi 8 juin, propos selon lesquels « nous, on sait ce que ça veut dire le carré rouge, ça veut dire l’intimidation, la violence, ça veut dire aussi le fait qu’on empêche des gens d’aller étudier »1. Nous nous trouvons aujourd’hui dans l’obligation de vous demander de présenter des excuses publiques pour ces propos démagogiques qui tentent de discréditer la légitimité du port du carré rouge et de réduire malhonnêtement le sens qui lui est attaché, méprisant du coup le choix réfléchi et affirmé de très nombreux membres de la communauté artistique québécoise.
Que la ligne de parti vous oblige à une certaine réserve, nous le comprenons, mais que vous prêtiez si facilement votre ministère comme tribune à ce type de propagande alors qu’il est chargé d'administrer et de représenter les intérêts du milieu culturel québécois, nous indigne profondément: vous n’êtes pas sans savoir que la grande majorité des acteurs de ce milieu arborent fièrement le carré rouge. Tout comme le Premier ministre se doit d'être le représentant des intérêts de tout un peuple (chose qui, malheureusement, est actuellement mise en doute au Québec), une ministre de la Culture ne peut se permettre de mépriser les artistes et les travailleu(rs)ses culturel(le)s qui fondent les raisons d'être de son ministère.
Si votre objectif, en stigmatisant la violence associée au mouvement étudiant, est de vous faire du capital politique, nous tenons à vous rappeler que ce genre de stratagème éveille ce qu'il y a de plus boueux dans les consciences, et que de ne pas le savoir est indigne d’une ministre de la Culture. Or ce ne sont pas les voix qui manquent pour relever le sens et le niveau du débat que de toute évidence vous travaillez à abaisser: ces voix constituent le terrain fertile de la culture et viennent précisément de ce pan de la société qui oppose une culture humaniste à cette culture d’entreprise qui violente la libre pensée. Si le seul argument que vous décidez d'opposer à ce schisme idéologique profond est le recours à la peur pour justifier la nécessité du maintien de l’ordre, nous tenons à vous rappeler que ce flirt est extrêmement dangereux, et que dresser les vieux épouvantails de la peur au service de l’ordre rappelle de très mauvais souvenirs d’une histoire pas si lointaine.
Il est plus que temps que vous et les membres de votre parti preniez les responsabilités qui vous incombent en tant que représentants politiques quand vous usez de tels moyens de propagande pour diviser l’opinion publique, en stigmatisant le port du carré rouge comme un geste soutenant la violence. Vous aimez « oublier » que ce mot qui vous vient si fréquemment aux lèvres n'est pas incarné par les centaines de milliers de personnes, étudiants et citoyens qui marchent chaque soir dans nos rues, mais par un corps policier qui multiplie honteusement les gestes de brutalité envers des manifestants pacifiques. Vous aimez « oublier », aussi, que cette violence est celle de vos mots menteurs et méprisants, de votre inaction et de votre irrespect envers une part grandissante de notre population. Ce glissement sémantique témoigne de votre condescendance vis-à-vis de notre intelligence et du peu de respect que vous avez pour les raisons profondes et réfléchies d’arborer ce bout de tissu rouge. Une ministre de la Culture doit savoir faire preuve de discernement et ne pas rater l’occasion d’élever le débat au-dessus de la mêlée. Ce ne fut malheureusement pas le cas ce vendredi 8 juin et nous exigeons des excuses pour ce faux pas qui tente de nous plonger dans une rhétorique de la peur et dénigre par le fait même l’intelligence du milieu culturel et de ses représentants, qu’ils portent ou non le carré rouge. Nous ne pouvons consentir à cet abaissement du débat sur la place publique et cautionner par notre silence vos propos irrespectueux.
En espérant que vos mensonges cesseront rapidement de leurrer notre population, nous signons tous, acteurs et actrices du milieu culturel québécois.
Céline Couq
Responsable des communications
Éditions Triptyque / La revue Mœbius
www.triptyque.qc.ca
www.revuemoebius.qc.ca
514-597-1666
lundi 11 juin 2012
Quand t'as un premier ministre quelconque, tu crains les actes quelconques PRISE DEUX
Voilà pourquoi il faut garder un semblant de tête froide, se distancier un brin émotivement de toute cette bouillie pour les chats qu'est notre démoc.
J'étais tellement en simonac que j'ai oublié de mettre les liens vidéos, sans quoi on comprend rien.
Voici donc la raison de mon désarroi:
http://www.lapresse.ca/videos/actualites/201206/10/46-1-grand-prix-arrestations-mais-pas-de-perturbation.php/02741c81a55f4859935dc7c44a6c0156
Tout vas très bien au Québec.
À part des trucs quelconques comme la liberté de circuler sans manger un coup de matraque en arrière de la tête...
Où se faire arrêter en allant au funérailles de sa soeur.
J'étais tellement en simonac que j'ai oublié de mettre les liens vidéos, sans quoi on comprend rien.
Voici donc la raison de mon désarroi:
http://www.lapresse.ca/videos/actualites/201206/10/46-1-grand-prix-arrestations-mais-pas-de-perturbation.php/02741c81a55f4859935dc7c44a6c0156
Tout vas très bien au Québec.
À part des trucs quelconques comme la liberté de circuler sans manger un coup de matraque en arrière de la tête...
Où se faire arrêter en allant au funérailles de sa soeur.
Quand t'as un premier ministre quelconque, tu crains les actes quelconques
Je voudrais bien écrire plus sur cette absurdité, cette perle de novlangue, mais je suis plié en deux, secoué de spasmes, de pleurs et de rires.
Calisse de tabarnac.
Je vous déclare drette là, qu'après L'Inventaire, après L'air de Rien qui viendra après l'Inventaire, il y aura:
« LES ACTES QUELCONQUES »
Ouuuuuh.
Tremblez.
Câlisse.
Merci à la constable Chose Rousse, détentrice d'une maitrise en langue de bois fasciste. Quand tu sais pas quoi dire, tu dis rien.
Tabarnac. Sortez moué d'icitte.
Chu sul bord.
Drette sul bord.
*
J'appuie sur play, shuffle all.
Ça me fait jouer ceci:
Drown me slowly.
I've got a will this time I don't care what you say
I've got a feeling this will all go away
It's in the wind this time it's in the southern sky
I can't walk on water yet won't even try
So drown me slowly
Enclose me
Drown me slowly alright
Drown me slowly
Enfold me
Drown me slowly
All that I took with me was a bad taste in my mouth
Went all around the world just couldn't spit it out
Just like ground zero was the surface of the sun
That's a sickness I can't fix it not all at once
So drown me slowly
Enclose me
Drown me slowly alright
Drown me slowly
Enfold me
Drown me slowly
Don't let them take you down
You'll leave a better world than you found
Don't let them take you down
You'll leave a better world than you found
Don't let them take you down
Don't let them take you down
Don't let them take you down
Don't let them take you down
So drown me slowly
Enclose me
Drown me slowly alright
Drown me slowly
Enfold me
Drown me slowly
Drown me slowly
Drown me slowly
Drown me slowly
Calisse de tabarnac.
Je vous déclare drette là, qu'après L'Inventaire, après L'air de Rien qui viendra après l'Inventaire, il y aura:
« LES ACTES QUELCONQUES »
Ouuuuuh.
Tremblez.
Câlisse.
Merci à la constable Chose Rousse, détentrice d'une maitrise en langue de bois fasciste. Quand tu sais pas quoi dire, tu dis rien.
Tabarnac. Sortez moué d'icitte.
Chu sul bord.
Drette sul bord.
*
J'appuie sur play, shuffle all.
Ça me fait jouer ceci:
Drown me slowly.
I've got a will this time I don't care what you say
I've got a feeling this will all go away
It's in the wind this time it's in the southern sky
I can't walk on water yet won't even try
So drown me slowly
Enclose me
Drown me slowly alright
Drown me slowly
Enfold me
Drown me slowly
All that I took with me was a bad taste in my mouth
Went all around the world just couldn't spit it out
Just like ground zero was the surface of the sun
That's a sickness I can't fix it not all at once
So drown me slowly
Enclose me
Drown me slowly alright
Drown me slowly
Enfold me
Drown me slowly
Don't let them take you down
You'll leave a better world than you found
Don't let them take you down
You'll leave a better world than you found
Don't let them take you down
Don't let them take you down
Don't let them take you down
Don't let them take you down
So drown me slowly
Enclose me
Drown me slowly alright
Drown me slowly
Enfold me
Drown me slowly
Drown me slowly
Drown me slowly
Drown me slowly
dimanche 10 juin 2012
Rapaillage III
On les frappait, maintenant on les case tous dans le même wagon. Carré rouge+jeunesse=Terroriste potentiel.
Au moins, les cochons parlent encore franfais.
C'est vrai, tant qu'à vivre dans une république de banane, autant y vivre en franfais.
Faut en profiter pendant que ça dure. Ouais.
«Ce dimanche 10 juin à Montréal, je, Virginie Poulin-Bergeron, surnommée "Louve", déclare librement ce qui suit.
Je reviens du métro, il est midi trente. J'avais décidé de ne pas porter de carré rouge. Ni noir. En fait j'avais mis ce que j'avais apporté de plus candide. Une petite robe bleue et des sandales lacées. J'avais mon sac à dos rouge avec dedans, une trousse de premiers soins, deux marionnettes, papier, crayon, bouteille d'eau, des poïs en tissus.
Vers environ 11h, j'embarque à la station Sherbrooke. Quatre policiers, un officier. On fouille les gens qui portent le carré rouge. Je passe sans me faire fouiller. Station Berri. Un policier à tous les trois mètres carrés. Partout des cellules de policiers qui arrêtent des jeunes qui ne portent pas nécessairement de carré rouge, à ce que je vois. Je continue ma route vers le quai de la ligne jaune. Une policière m'arrête et me demande de lui donner mon sac. Je lui donne, elle l'ouvre. "C'est quoi ça?" "Une trousse de premiers soins". Elle me laisse continuer ma route.
Au quai direction Longueuil, environ trente policiers de chaque côté du quai, trois avec le kit de veste pare-bale et leurs chiens renifleurs. Un policier par wagon. On débarque au parc Jean Drapeau. Un barrage de policiers nous attendent de pied ferme pour arrêter les gens qui leur semblent soupçonnables. Je passe presque, une main ferme se pose sur mon épaule. Une policère me dit qu'elle va vérifier mon sac. Je lui donne, elle l'ouvre. Elle me parle d'une voix dure et autoritaire.
-C'est quoi ça, des masques?
-Des marionnettes.
-Vous faites quoi ici?
-Je suis venue voir le spectacle.
-Vous avez vos billets?
-Non.
-Allez vous-en, vous n'avez pas d'affaire ici.
-Je ne peux même pas aller voir les kiosques?
-C'est quoi ça?
-Des poïs. De la jonglerie maorie.
Elle tâtonne mes boules de tissus pour voir s'il n'y a pas qqe chose à l'intérieur. On s'organise pour m'escorter vers la sortie. Trois policiers m'encadrent.
(moi)-Ça doit être une dure journée pour vous.
-Pour nous aussi, c'est dur, vous savez pas.
(elle n'a vraisemblablement pas compris ce que je lui ai dit)
-Vous allez vers Longueuil ou Berri?
-Berri.
On m'escorte vers le quai d'embarquement. On me met avec une sept-huit autres personnes (toutes dans le début de la vingtaine, je crois) encadrées de cinq-six policiers. Deux gars tentent de parlementer. "Merde, on veut juste aller à la ronde!"
Le métro arrive, on nous fait embarquer. On nous demande de rester dans un coin du wagon délimité par deux policiers qui nous encadrent. Une jeune fille parle avec l'un d'eux. Je n'écoute pas trop la conversation. Une fille à côté de moi lit un livre. 1984. Je me penche pour lire par-dessus son épaule. Un jeune homme nous prend en photo de l'autre bout du wagon.
On arrive au quai de Berri-UQAM. Environ huit policiers nous attendent. L'un d'eux porte tout un kit noir, veste pare-balle et tasers (je crois que c'est ça) et a un berger allemand. On nous fait sortir. On nous place contre le mur, on nous demande de nous tourner face contre le mur. On attend un peu. Les deux jeunes qui voulaient aller à la ronde sacrent et rouspettent. Un policier prend la parole.
-Vous voyez le grand noir, là? (on se tourne pour voir un policier de six pieds cinq (à peu près) de couleur noire qui nous attend au bout du mur). Vous allez le suivre à la queue l'un derrière l'autre.
On part, on nous escorte (7-8 arrêtés, 7-8 policiers, environ) dans la station jusqu'à une porte de sortie de secours. Avant d'entrer dans une longue cage d'escalier, un jeune policier qui garde la porte lâche tout bas, à mon passage: "bonne chance dans vos études". Je me retourne "Merci!" en souriant. On monte une longue volée de marches. Les deux jeunes qui voulaient aller à la ronde discutent avec un autre jeune polcier qui semble "cool" et semble leur faire comprendre que lui aussi, il trouve que ça n'a pas de bon sens. L'un d'entre eux dit "si j'avais eu ma caméra, j'aurais filmé tout ça". On est 2-3 à sortir nos cells de nos poches et à commencer à filmer tout en marchant.
On aboutit dans une sortie de métro, celle la plus près de l'UQAM, je crois. Une policière nous attend et nous dit que si on nous revoit dans une sation de métro, on va être arrêtés. Deux jeunes veulent discuter avec elle. Je m'arrête avec mon cell pour filmer le tout. Le grand policier de couleur noire me met la main dans le dos.
-Vous allez sortir (en m'indiquant la porte);
-J'aimerais ça écouter le conversation
-Non, vous sortez.
Le policier avec un berger allemand me regarde. Le policier noir me pousse dans le dos doucement. Je soupire et sort. Dehors, une jeune fille semble ébranlée et émotive. Je lui presse le bras et lui sourit. On jase un peu, on se dit que ça n'a pas de bon sens. On se souhaite bonne journée, je repars. Je marche jusqu'à ma voiture, prend mon portable et me rend à l'auberge de jeunesse où j'ai dormi la veille pour écrire ceci.
Je déclare que tous les renseignements fournis dans ce document sont exacts et véridiques au meilleur de ma connaissance. Les dialogues ont été transcrits au meilleur de ma mémoire, mais diffèrent sans doute de la réalité au niveau de la forme des phrases. Ce texte est exempt de droits d'auteur et peut être utilisé à toute fin que vous jugeriez utile.»
Rapaillage II
Voilà.
On a atteint un niveau de répression tout à fait unique, en ce sens que c'est maintenant un crime de porter le carré rouge.
C'est particulièrement criminel de le porter dans le métro. Va savoir.
En même temps, la ministre de l'inculture le disait l'autre jour, c'est un symbole d'intimidation et de violence, le carré rouge.
Contrairement à l'étoile jaune, par exemple.
Quoique porter l'étoile jaune menait à des voyages en trains. Ici on parle de métro, wagons, rails.
Ça devient mêlant...
Je suis pas en train de comparer les deux symboles, eh, mais la police fait une maudite belle job de profilage ces jours-ci.
Ça rappelle octobre 70, quand les soldats arrêtaient des gens qui possédaient des livres sur le cubisme, croyant que ça en faisaient des communisses comme à Cuba...
Mais attention, y a un policier qui a dit de pas comparer les lieux de détentions à des « camps de concentrations light », vu que lui, il a de la famille qui a passé par là. C'est amusant, on dirait un sioniste policier, montréalais.
Que sais-je au fond, de ces questions d'oppression?
En tout cas, ce qui est clair, c'est que c'est contraire aux règles des droits et libertés.
----------------
Par Christian Tremblay
Aujourd'hui à Montréal, les policiers empêchaient les gens qui portaient le carré rouge de prendre le métro, ils leurs demandaient de les jeter aux poubelles et ont procédé à des contrôles d'identification totalement illégaux.
Je recommande fortement à tous ceux qui ont été victimes de cette intimidation ou de toute autre forme d'abus de porter plainte au SPVM, à la ville de Montréal et de se regrouper pour intenter une poursuite contre le SPVM.
L'identité de chacun lui appartient. Une personne n’a l’obligation de révéler son identité à un policier que dans les cas d’exceptions suivants :
- Elle est en état d’arrestation, ou en infraction.
- Elle est au volant d’un véhicule motorisé : le conducteur doit montrer son permis et le certificat d'immatriculation du véhicule (attention: les passagers ne sont pas obligés de s’identifier).
- Elle est mineure et se trouve dans un débit de boisson ou dans un cinéma (elle est obligée de s’identifier pour prouver qu’elle a au moins 18 ans).
- Elle circule dans un lieu public (parc, rue…) la nuit (le refus de s’identifier peut entraîner des accusations de vagabondage selon certains règlements municipaux).
Ce comportement de la police est une atteinte flagrante à nos droits démocratiques comme le stipule la Charte des droits et libertés, partie 1, section 2, du chapitre sur les libertés fondamentales...
Libertés fondamentales :
2. Chacun a les libertés fondamentales suivantes :
b) ……liberté d'expression
Et la loi 78 contrevient à la même partie de la Charte canadienne des droits et libertés (et la loi Canadienne a préséance sur les lois provinciales)
Libertés fondamentales :
2. Chacun a les libertés fondamentales suivantes :
b) liberté …… d'expression…;
c) liberté de réunion pacifique;
et de la charte des droits et libertés de la personne du Québec
PARTIE I
LES DROITS ET LIBERTÉS DE LA PERSONNE
CHAPITRE I
LIBERTÉS ET DROITS FONDAMENTAUX
3. Toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d'opinion, la liberté d'expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d'association.
1975, c. 6, a. 3.
Il est intéressant de constater que la loi 78 est inapplicable selon les deux chartes
Il est aussi possible de poursuivre l'employeur des policiers (ici la ville de Montréal) s’ils ont reçu l'ordre de commettre un acte illégal selon les disposition du code civil article 1464
1464. Le préposé de l'État ou d'une personne morale de droit public ne cesse pas d'agir dans l'exécution de ses fonctions du seul fait qu'il commet un acte illégal, hors de sa compétence ou non autorisé, ou du fait qu'il agit comme agent de la paix.
1991, c. 64, a. 1464.
Ou si le policier a agit de son propre chef il est possible de le poursuivre selon les disposition du code civil article 1457
1457. Toute personne a le devoir de respecter les règles de conduite qui, suivant les circonstances, les usages ou la loi, s'imposent à elle, de manière à ne pas causer de préjudice à autrui.
Elle est, lorsqu'elle est douée de raison et qu'elle manque à ce devoir, responsable du préjudice qu'elle cause par cette faute à autrui et tenue de réparer ce préjudice, qu'il soit corporel, moral ou matériel.
Elle est aussi tenue, en certains cas, de réparer le préjudice causé à autrui par le fait ou la faute d'une autre personne ou par le fait des biens qu'elle a sous sa garde.
1991, c. 64, a. 1457.
On a atteint un niveau de répression tout à fait unique, en ce sens que c'est maintenant un crime de porter le carré rouge.
C'est particulièrement criminel de le porter dans le métro. Va savoir.
En même temps, la ministre de l'inculture le disait l'autre jour, c'est un symbole d'intimidation et de violence, le carré rouge.
Contrairement à l'étoile jaune, par exemple.
Quoique porter l'étoile jaune menait à des voyages en trains. Ici on parle de métro, wagons, rails.
Ça devient mêlant...
Je suis pas en train de comparer les deux symboles, eh, mais la police fait une maudite belle job de profilage ces jours-ci.
Ça rappelle octobre 70, quand les soldats arrêtaient des gens qui possédaient des livres sur le cubisme, croyant que ça en faisaient des communisses comme à Cuba...
Mais attention, y a un policier qui a dit de pas comparer les lieux de détentions à des « camps de concentrations light », vu que lui, il a de la famille qui a passé par là. C'est amusant, on dirait un sioniste policier, montréalais.
Que sais-je au fond, de ces questions d'oppression?
En tout cas, ce qui est clair, c'est que c'est contraire aux règles des droits et libertés.
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Par Christian Tremblay
Aujourd'hui à Montréal, les policiers empêchaient les gens qui portaient le carré rouge de prendre le métro, ils leurs demandaient de les jeter aux poubelles et ont procédé à des contrôles d'identification totalement illégaux.
Je recommande fortement à tous ceux qui ont été victimes de cette intimidation ou de toute autre forme d'abus de porter plainte au SPVM, à la ville de Montréal et de se regrouper pour intenter une poursuite contre le SPVM.
L'identité de chacun lui appartient. Une personne n’a l’obligation de révéler son identité à un policier que dans les cas d’exceptions suivants :
- Elle est en état d’arrestation, ou en infraction.
- Elle est au volant d’un véhicule motorisé : le conducteur doit montrer son permis et le certificat d'immatriculation du véhicule (attention: les passagers ne sont pas obligés de s’identifier).
- Elle est mineure et se trouve dans un débit de boisson ou dans un cinéma (elle est obligée de s’identifier pour prouver qu’elle a au moins 18 ans).
- Elle circule dans un lieu public (parc, rue…) la nuit (le refus de s’identifier peut entraîner des accusations de vagabondage selon certains règlements municipaux).
Ce comportement de la police est une atteinte flagrante à nos droits démocratiques comme le stipule la Charte des droits et libertés, partie 1, section 2, du chapitre sur les libertés fondamentales...
Libertés fondamentales :
2. Chacun a les libertés fondamentales suivantes :
b) ……liberté d'expression
Et la loi 78 contrevient à la même partie de la Charte canadienne des droits et libertés (et la loi Canadienne a préséance sur les lois provinciales)
Libertés fondamentales :
2. Chacun a les libertés fondamentales suivantes :
b) liberté …… d'expression…;
c) liberté de réunion pacifique;
et de la charte des droits et libertés de la personne du Québec
PARTIE I
LES DROITS ET LIBERTÉS DE LA PERSONNE
CHAPITRE I
LIBERTÉS ET DROITS FONDAMENTAUX
3. Toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d'opinion, la liberté d'expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d'association.
1975, c. 6, a. 3.
Il est intéressant de constater que la loi 78 est inapplicable selon les deux chartes
Il est aussi possible de poursuivre l'employeur des policiers (ici la ville de Montréal) s’ils ont reçu l'ordre de commettre un acte illégal selon les disposition du code civil article 1464
1464. Le préposé de l'État ou d'une personne morale de droit public ne cesse pas d'agir dans l'exécution de ses fonctions du seul fait qu'il commet un acte illégal, hors de sa compétence ou non autorisé, ou du fait qu'il agit comme agent de la paix.
1991, c. 64, a. 1464.
Ou si le policier a agit de son propre chef il est possible de le poursuivre selon les disposition du code civil article 1457
1457. Toute personne a le devoir de respecter les règles de conduite qui, suivant les circonstances, les usages ou la loi, s'imposent à elle, de manière à ne pas causer de préjudice à autrui.
Elle est, lorsqu'elle est douée de raison et qu'elle manque à ce devoir, responsable du préjudice qu'elle cause par cette faute à autrui et tenue de réparer ce préjudice, qu'il soit corporel, moral ou matériel.
Elle est aussi tenue, en certains cas, de réparer le préjudice causé à autrui par le fait ou la faute d'une autre personne ou par le fait des biens qu'elle a sous sa garde.
1991, c. 64, a. 1457.
Rapaillage
J'hais Facebook.
Voilà pourquoi je suis tout le temps rendu là ces jours-ci.
J'y trouve des choses que je n'aurais pas vu ailleurs, malheureusement.
C'est une situation assez rocambolesque, une branche de la CIA qui sert de moyen de diffusion à tous ces trucs subversifs, contre le statu quo.
Bref.
Je tâcherai de diffuser à l'extérieur les choses d'intérêts que je trouve dans ce lieu carcéral aux couleurs gaies.
Pierre Foglia a écrit une chronique où il demandait aux gens d'arrêter de chialer contre son journal, détenu par les propriétaires du Québec, les Desmarais.Ça se lit ici.
C'est assez dommage parce que ses derniers papiers étaient plutôt jouissifs et loin du ton paternaliste de cette brique brune qu'il nous livre en fin de semaine...
Il est aussi vrai que plusieurs chroniqueurs de la Presse font du bon boulot depuis le début de la grève.
Mais il est aussi vrai que Desmarais est propriétaire, et, jusqu'à nouvel ordre, ce n'est pas pour faire la charité.
Ou si c'est le cas, la seule image qui me vient en tête vient de Mon Oncle Antoine, le boss de la mine qui descend la côte en carriole, en lançant ses menus cadeaux à la populace agglutinée sur les trottoirs...(C'est à 56:05, « Kein, le patron dla mine qui garroche ses bébelles... Y aura pas d'augmentations de salaires encore ct'année(...))
Citation du film, pour l'ami Bonin:
« Y nettoyent jamais ça, maudite maintenance de mes fesses! »
« Eye Joe, vlà lboss! »
« Qui mange dla marde! »
---------------------------
Le fou du roi a parlé : taisons-nous!
Robin Philpot*
Bon, Foglia fait l’éloge de ses patrons, les Desmarais, et il nous tape dessus tous. Et parce qu’il est « indépendantiste de gauche », nous devons tous nous taire et arrêter de critiquer ses patrons, son journal, ses collègues, ses journaux, les politiciens qui rampent devant les milliards des Desmarais, les hommes d’affaires qui rampent, les universités et autres HEC qui rampent. Monsieur Desmarais paie un avocat parce qu’il est ému d’une chronique de son Foglia, il s’intéresse à la culture, aux livres. Taisons-nous donc. Foglia l’a dit. Nous le faisons chier et il est « indépendantiste de gauche ».
S’il fallait se fier à Foglia, les Desmarais ont mis la main sur une bonne partie de la presse écrite, et cybernétique, au Québec, seulement parce qu’ils voulaient que les Québécois soient bien informés que leur journal soit comme « notre journal ».
Foglia ne s’embarrasse jamais trop des faits ni des déclarations des Desmarais eux-mêmes, le père en premier. En 2008, Paul Desmarais père a accordé une entrevue au magazine français Le Point. Nous avons mis la main sur la version de l’entrevue avant que celle-ci ne soit caviardée par les commissaires à l’information de Power. Les questions portaient sur sa présence dans les médias.
Le Point : À défaut de faire de la politique vous êtes un patron de presse…
Paul Desmarais : Tous les journaux du Québec […] sont séparatistes.
Le Point : Vous n’avez qu’à racheter d’autres journaux, vous avez les moyens…
Paul Desmarais : On ne peut pas. Ils sont souvent possédés par des fondations derrière lesquelles se cachent des nationalistes et des syndicalistes.
C’était en 2008. En bref, il voudrait influencer la politique davantage par ses journaux, mais, selon lui, il ne peut pas en acheter d’autres.
Quarante ans plus tôt, en 1971-1972, il disait sensiblement la même chose. C’était pendant la fameuse grève du journal. Paul Desmarais a accordé une longue entrevue à The Gazette. Il a toujours préféré sévir dans les médias anglais, car selon lui, les journalistes de langue française étaient « trop émotifs ». Voici comment il a expliqué le rôle qu’il voulait donner à son empire médiatique le 10 décembre 1971.
PAUL DESMARAIS : [La Presse] n’avait même pas de ligne fédéraliste quand j’ai pris le contrôle.
THE GAZETTE : Est-ce que cela veut dire qu’il devrait y en avoir une ?
PAUL DESMARAIS : Oui, j’ai senti que, sans contrôle de la politique éditoriale, le journal pouvait facilement se conformer aux caprices de celui qui était là, qu’il y avait un groupe qui pouvait prendre le contrôle du point de vue de l’information.
THE GAZETTE : Vous voulez dire les séparatistes ?
PAUL DESMARAIS : Oui. Mais pas seulement les séparatistes. Il y a beaucoup de violence au Québec. Tout est en ébullition… Le congrès de la FTQ cette semaine en est la preuve…
THE GAZETTE : […] Pensez-vous qu’il s’agit d’une révolution sociale au lieu d’une révolution linguistique ?
PAUL DESMARAIS : Je pense que la langue en fait partie, mais je pense que le but final, c’est la révolution sociale.
Notons que dans l’entrevue du Point de 2008, Paul Desmarais a terminée la partie sur l’empire médiatique comme suit : « C’est mon fils André qui est chargé de La Presse. Notre position est connue : nous sommes fédéralistes. Ça nous a valu des conflits très durs. Au final, on est arrivé à un compromis : je ne dois pas intervenir dans le journal. Le point de vue des séparatistes peut apparaître, mais la ligne éditoriale est fédéraliste. Il n’y a pas d’ambiguïtés. Si le Québec se sépare ce sera sa fin. Les séparatistes nous conduisent à la dictature des syndicats… » (La dernière phrase a été caviardée par Power).
Revenons à Pierre Foglia. Parce qu’il est un « indépendantiste de gauche » et que jamais les Desmarais ne lui ont rien dit, nous devons arrêter de chialer contre ses patrons, contre son journal et contre l’influence disproportionnée de Power Corporation sur la politique et le paysage médiatique du Québec.
Mais depuis que Paul Desmarais père a mis la main sur La Presse en 1967, ce qui a nécessité une loi spéciale de l’Assemblée nationale du Québec (appelée Assemblée législative à l’époque), il a toujours voulu renforcer sa mainmise sur les médias québécois. Il ne s’en cachait pas et il ne cachait pas ses raisons non plus.
En 1973, il a voulu acheter Le Soleil de Québec. Son ami Robert Bourassa a refusé, menaçant même d’adopter une loi spéciale pour l’en empêcher. Robert Bourassa craignait la concentration de la presse au Québec. Pas Foglia.
De nouveau, il a voulu l’acheter en 1987 et de nouveau Robert Bourassa lui a dit NON. En fait, Paul Desmarais a dû attendre jusqu’à l’an 2000 pour mettre la main sur Le Soleil (et le Quotidien de Chicoutimi et Le Droit). C’est alors sous la gouverne du premier ministre Lucien Bouchard que Desmarais a réussi son coup. Le commentaire de Lucien Bouchard pour expliquer son aplatventrisme : il fallait se fier à « l’éthique capitaliste ». Et d’aucuns se demandent pourquoi Lucien Bouchard est aujourd’hui toujours à la traîne des Desmarais, à Sagard et ailleurs. Drôle de coïncidence aussi : Foglia est surtout fier de son journal depuis les 10 dernières années, soit depuis que ses patrons ont pris le contrôle aussi du Soleil, du Quotidien et du Droit.
S’il fallait croire Pierre Foglia, cet intérêt des Desmarais pour les médias québécois surgit de leur seul souci de faire comme si leur journal (on devrait dire leurs journaux), sont « nos journaux ». Oui Virginie, le Père Noël existe!
Et s’il y avait une autre interprétation que celle de Foglia?
Mettons celle-ci.
Le Québec demeure la base arrière des Desmarais, pour ne pas dire leur basse cour. Après tout, depuis 1989, quand Power a vendu la Consolidated Bathurst et le Montreal Trust, empochant plus de 2 milliards $, les Desmarais n’ont investi à peu près rien au Québec, sauf dans leurs riches demeures et quelques journaux.
Pour poursuivre leur quête de richesse et de pouvoir de par le monde, ils ont besoin d’un Québec base arrière calme et bien dans le rang. Ils ont besoin d’un pouvoir politique qui mange dans leurs mains. D’où le parachutage de Jean Charest, conservateur, à la tête du Parti libéral du Québec et sa présence à tous les festins à Sagard ou à l’Élysée (avant la défaite de Sarkozy).
Ils ont besoin d’une simili culture, plutôt folklorique, qu’ils peuvent montrer aux VIP internationaux qu’ils reçoivent dans leurs divers châteaux, cette fameuse « joie de vivre canadienne française ».
Et ils ont besoin d’une base arrière qui se conforme dans l’allégresse à leurs exigences économiques et financières et à celles des autres du 1% qui président à l’effondrement économique des 99%. D’où l’acharnement éditorial des médias des Desmarais contre la grève étudiante.
Pour garder cette base arrière calme et dans le rang, ça prend des médias, comme La Presse et Le Soleil, même si ces médias ne sont pas rentables, du moins pas autant que les investissements dans les sables bitumineux ou les gaz de schiste.
Et ça prend des figurants, même des « indépendantistes de gauche », même si c’est seulement pour l’apparence.
Bref, ça prend des fous du roi comme Pierre Foglia. Ou devrait-on écrire Fouglia?
* Auteur de Derrière l’État Desmarais : Power (Les Intouchables, 2008)
Voilà pourquoi je suis tout le temps rendu là ces jours-ci.
J'y trouve des choses que je n'aurais pas vu ailleurs, malheureusement.
C'est une situation assez rocambolesque, une branche de la CIA qui sert de moyen de diffusion à tous ces trucs subversifs, contre le statu quo.
Bref.
Je tâcherai de diffuser à l'extérieur les choses d'intérêts que je trouve dans ce lieu carcéral aux couleurs gaies.
Pierre Foglia a écrit une chronique où il demandait aux gens d'arrêter de chialer contre son journal, détenu par les propriétaires du Québec, les Desmarais.Ça se lit ici.
C'est assez dommage parce que ses derniers papiers étaient plutôt jouissifs et loin du ton paternaliste de cette brique brune qu'il nous livre en fin de semaine...
Il est aussi vrai que plusieurs chroniqueurs de la Presse font du bon boulot depuis le début de la grève.
Mais il est aussi vrai que Desmarais est propriétaire, et, jusqu'à nouvel ordre, ce n'est pas pour faire la charité.
Ou si c'est le cas, la seule image qui me vient en tête vient de Mon Oncle Antoine, le boss de la mine qui descend la côte en carriole, en lançant ses menus cadeaux à la populace agglutinée sur les trottoirs...(C'est à 56:05, « Kein, le patron dla mine qui garroche ses bébelles... Y aura pas d'augmentations de salaires encore ct'année(...))
Citation du film, pour l'ami Bonin:
« Y nettoyent jamais ça, maudite maintenance de mes fesses! »
« Eye Joe, vlà lboss! »
« Qui mange dla marde! »
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Le fou du roi a parlé : taisons-nous!
Robin Philpot*
Bon, Foglia fait l’éloge de ses patrons, les Desmarais, et il nous tape dessus tous. Et parce qu’il est « indépendantiste de gauche », nous devons tous nous taire et arrêter de critiquer ses patrons, son journal, ses collègues, ses journaux, les politiciens qui rampent devant les milliards des Desmarais, les hommes d’affaires qui rampent, les universités et autres HEC qui rampent. Monsieur Desmarais paie un avocat parce qu’il est ému d’une chronique de son Foglia, il s’intéresse à la culture, aux livres. Taisons-nous donc. Foglia l’a dit. Nous le faisons chier et il est « indépendantiste de gauche ».
S’il fallait se fier à Foglia, les Desmarais ont mis la main sur une bonne partie de la presse écrite, et cybernétique, au Québec, seulement parce qu’ils voulaient que les Québécois soient bien informés que leur journal soit comme « notre journal ».
Foglia ne s’embarrasse jamais trop des faits ni des déclarations des Desmarais eux-mêmes, le père en premier. En 2008, Paul Desmarais père a accordé une entrevue au magazine français Le Point. Nous avons mis la main sur la version de l’entrevue avant que celle-ci ne soit caviardée par les commissaires à l’information de Power. Les questions portaient sur sa présence dans les médias.
Le Point : À défaut de faire de la politique vous êtes un patron de presse…
Paul Desmarais : Tous les journaux du Québec […] sont séparatistes.
Le Point : Vous n’avez qu’à racheter d’autres journaux, vous avez les moyens…
Paul Desmarais : On ne peut pas. Ils sont souvent possédés par des fondations derrière lesquelles se cachent des nationalistes et des syndicalistes.
C’était en 2008. En bref, il voudrait influencer la politique davantage par ses journaux, mais, selon lui, il ne peut pas en acheter d’autres.
Quarante ans plus tôt, en 1971-1972, il disait sensiblement la même chose. C’était pendant la fameuse grève du journal. Paul Desmarais a accordé une longue entrevue à The Gazette. Il a toujours préféré sévir dans les médias anglais, car selon lui, les journalistes de langue française étaient « trop émotifs ». Voici comment il a expliqué le rôle qu’il voulait donner à son empire médiatique le 10 décembre 1971.
PAUL DESMARAIS : [La Presse] n’avait même pas de ligne fédéraliste quand j’ai pris le contrôle.
THE GAZETTE : Est-ce que cela veut dire qu’il devrait y en avoir une ?
PAUL DESMARAIS : Oui, j’ai senti que, sans contrôle de la politique éditoriale, le journal pouvait facilement se conformer aux caprices de celui qui était là, qu’il y avait un groupe qui pouvait prendre le contrôle du point de vue de l’information.
THE GAZETTE : Vous voulez dire les séparatistes ?
PAUL DESMARAIS : Oui. Mais pas seulement les séparatistes. Il y a beaucoup de violence au Québec. Tout est en ébullition… Le congrès de la FTQ cette semaine en est la preuve…
THE GAZETTE : […] Pensez-vous qu’il s’agit d’une révolution sociale au lieu d’une révolution linguistique ?
PAUL DESMARAIS : Je pense que la langue en fait partie, mais je pense que le but final, c’est la révolution sociale.
Notons que dans l’entrevue du Point de 2008, Paul Desmarais a terminée la partie sur l’empire médiatique comme suit : « C’est mon fils André qui est chargé de La Presse. Notre position est connue : nous sommes fédéralistes. Ça nous a valu des conflits très durs. Au final, on est arrivé à un compromis : je ne dois pas intervenir dans le journal. Le point de vue des séparatistes peut apparaître, mais la ligne éditoriale est fédéraliste. Il n’y a pas d’ambiguïtés. Si le Québec se sépare ce sera sa fin. Les séparatistes nous conduisent à la dictature des syndicats… » (La dernière phrase a été caviardée par Power).
Revenons à Pierre Foglia. Parce qu’il est un « indépendantiste de gauche » et que jamais les Desmarais ne lui ont rien dit, nous devons arrêter de chialer contre ses patrons, contre son journal et contre l’influence disproportionnée de Power Corporation sur la politique et le paysage médiatique du Québec.
Mais depuis que Paul Desmarais père a mis la main sur La Presse en 1967, ce qui a nécessité une loi spéciale de l’Assemblée nationale du Québec (appelée Assemblée législative à l’époque), il a toujours voulu renforcer sa mainmise sur les médias québécois. Il ne s’en cachait pas et il ne cachait pas ses raisons non plus.
En 1973, il a voulu acheter Le Soleil de Québec. Son ami Robert Bourassa a refusé, menaçant même d’adopter une loi spéciale pour l’en empêcher. Robert Bourassa craignait la concentration de la presse au Québec. Pas Foglia.
De nouveau, il a voulu l’acheter en 1987 et de nouveau Robert Bourassa lui a dit NON. En fait, Paul Desmarais a dû attendre jusqu’à l’an 2000 pour mettre la main sur Le Soleil (et le Quotidien de Chicoutimi et Le Droit). C’est alors sous la gouverne du premier ministre Lucien Bouchard que Desmarais a réussi son coup. Le commentaire de Lucien Bouchard pour expliquer son aplatventrisme : il fallait se fier à « l’éthique capitaliste ». Et d’aucuns se demandent pourquoi Lucien Bouchard est aujourd’hui toujours à la traîne des Desmarais, à Sagard et ailleurs. Drôle de coïncidence aussi : Foglia est surtout fier de son journal depuis les 10 dernières années, soit depuis que ses patrons ont pris le contrôle aussi du Soleil, du Quotidien et du Droit.
S’il fallait croire Pierre Foglia, cet intérêt des Desmarais pour les médias québécois surgit de leur seul souci de faire comme si leur journal (on devrait dire leurs journaux), sont « nos journaux ». Oui Virginie, le Père Noël existe!
Et s’il y avait une autre interprétation que celle de Foglia?
Mettons celle-ci.
Le Québec demeure la base arrière des Desmarais, pour ne pas dire leur basse cour. Après tout, depuis 1989, quand Power a vendu la Consolidated Bathurst et le Montreal Trust, empochant plus de 2 milliards $, les Desmarais n’ont investi à peu près rien au Québec, sauf dans leurs riches demeures et quelques journaux.
Pour poursuivre leur quête de richesse et de pouvoir de par le monde, ils ont besoin d’un Québec base arrière calme et bien dans le rang. Ils ont besoin d’un pouvoir politique qui mange dans leurs mains. D’où le parachutage de Jean Charest, conservateur, à la tête du Parti libéral du Québec et sa présence à tous les festins à Sagard ou à l’Élysée (avant la défaite de Sarkozy).
Ils ont besoin d’une simili culture, plutôt folklorique, qu’ils peuvent montrer aux VIP internationaux qu’ils reçoivent dans leurs divers châteaux, cette fameuse « joie de vivre canadienne française ».
Et ils ont besoin d’une base arrière qui se conforme dans l’allégresse à leurs exigences économiques et financières et à celles des autres du 1% qui président à l’effondrement économique des 99%. D’où l’acharnement éditorial des médias des Desmarais contre la grève étudiante.
Pour garder cette base arrière calme et dans le rang, ça prend des médias, comme La Presse et Le Soleil, même si ces médias ne sont pas rentables, du moins pas autant que les investissements dans les sables bitumineux ou les gaz de schiste.
Et ça prend des figurants, même des « indépendantistes de gauche », même si c’est seulement pour l’apparence.
Bref, ça prend des fous du roi comme Pierre Foglia. Ou devrait-on écrire Fouglia?
* Auteur de Derrière l’État Desmarais : Power (Les Intouchables, 2008)
vendredi 1 juin 2012
De Quel Bord que Té?
Voici une autre preuve que l'internet c'est incroyablement utile.
Une pièce musicale composée à distance, en plus ou moins une semaine.
J'y suis crédité pour les paroles mais j'ai rien fait sauf proposer d'utiliser «une cenne».
De la ben belle ouvrage en tout cas.
Un vidéo devrait apparaitre d'ici pas long.
http://www.choisistoncote.com/
Choisis ton côté
Paroles françaises : Éric McComber, Guillaume Pâquet (incluant de modestes emprunts à Mohandas Karamchand Ghandi, Rainer Maria Rilke, Guillaume Apollinaire, Victor Hugo, Pablo Neruda, Confucius, Lao Tseu, George Orwell et Roger Waters, Richard Desjardins), texte original en anglais par Florence Reese.
Musique : Lay the Lily Low (chant traditionnel irlandais)
Mon père était porteur d’eau ; y est six pieds sous terre
Y chante avec moé à chaque manif pis y est pas près de se taire
Désormais en ce monde il n’y a plus que deux camps
Si t’es pas avec ton peuple t’es du bord des puissants
Choisis ton côté (ma sœur)
Choisis ton côté
Choisis ton côté (mon frère)
Choisis ton côté
Entre la machine et les derniers humains
Donne la patte au power ou donne-nous la main
Pour les canons, les bombardiers, y trouvent du cash sans peine
Mais quand moé je réclame mon dû y reste jamais une cenne
En buvant l'eau du puits, oublie pas ceux qui l'ont creusé
Levons la tête vers les étoiles, il est grand temps de les rallumer
Leur monde de mensonges déclare la guerre totale
À tout ce qui vit, à tout ce qui ose rêver d’un idéal
La vieille mentalité de l’œil pour l’œil dent pour dent
N’a engendré que des aveugles et des gouvernements
Quand la loi devient criminelle le devoir des citoyens
Est de désobéir au nom des lendemains
Il meurt lentement celui qui devient l'esclave de l’ignorance
Pourtant, il est tant de beauté dans tout rêve qui commence
Ils peuvent briser nos lignes et ils peuvent nous écrouer
Ils peuvent nous matraquer ; ils peuvent nous torturer
Vivre les yeux fermés ça peut leur servir de point de vue
Mais y peuvent rien contre une idée dont l’heure est enfin venue
Une pièce musicale composée à distance, en plus ou moins une semaine.
J'y suis crédité pour les paroles mais j'ai rien fait sauf proposer d'utiliser «une cenne».
De la ben belle ouvrage en tout cas.
Un vidéo devrait apparaitre d'ici pas long.
http://www.choisistoncote.com/
Choisis ton côté
Paroles françaises : Éric McComber, Guillaume Pâquet (incluant de modestes emprunts à Mohandas Karamchand Ghandi, Rainer Maria Rilke, Guillaume Apollinaire, Victor Hugo, Pablo Neruda, Confucius, Lao Tseu, George Orwell et Roger Waters, Richard Desjardins), texte original en anglais par Florence Reese.
Musique : Lay the Lily Low (chant traditionnel irlandais)
Mon père était porteur d’eau ; y est six pieds sous terre
Y chante avec moé à chaque manif pis y est pas près de se taire
Désormais en ce monde il n’y a plus que deux camps
Si t’es pas avec ton peuple t’es du bord des puissants
Choisis ton côté (ma sœur)
Choisis ton côté
Choisis ton côté (mon frère)
Choisis ton côté
Entre la machine et les derniers humains
Donne la patte au power ou donne-nous la main
Pour les canons, les bombardiers, y trouvent du cash sans peine
Mais quand moé je réclame mon dû y reste jamais une cenne
En buvant l'eau du puits, oublie pas ceux qui l'ont creusé
Levons la tête vers les étoiles, il est grand temps de les rallumer
Leur monde de mensonges déclare la guerre totale
À tout ce qui vit, à tout ce qui ose rêver d’un idéal
La vieille mentalité de l’œil pour l’œil dent pour dent
N’a engendré que des aveugles et des gouvernements
Quand la loi devient criminelle le devoir des citoyens
Est de désobéir au nom des lendemains
Il meurt lentement celui qui devient l'esclave de l’ignorance
Pourtant, il est tant de beauté dans tout rêve qui commence
Ils peuvent briser nos lignes et ils peuvent nous écrouer
Ils peuvent nous matraquer ; ils peuvent nous torturer
Vivre les yeux fermés ça peut leur servir de point de vue
Mais y peuvent rien contre une idée dont l’heure est enfin venue
vendredi 25 mai 2012
Tournant
J'écoutais une chic pièce de musique qu'un ami est en train de monter.
Je l'aide un peu, avec plein d'autres fous.
J'écoutais, donc, quand soudainement j'ai entendu autre chose derrière moi, dehors.
L'hélico de la Sureté du Québec.
Mon quartier était enfin visité par les toffes de la SQ!
J'ai envisagé quelques possibilités pour n'en retenir qu'une seule, pratiquer mon slapshot.
Ça fait un mois que j'ai pas joué au hockey, ça bout.
Comme j'étais pas capable de pogner le chopper avec mes pucks, j'ai décidé de reprendre ma théière déposée plus tôt dans la soirée, appelé une amie et on est allé voir où en était rendu le joyeux tintamarre.
Ça faisait trois heures que ça se promenait dans le voisinage, on est arrivé au coin St-Denis, c'était réellement impressionnant.
On est resté là à checker ça, ébahit, pendant un bon cinq minutes.
J'étais sur la rue, y a trois heures, à piocher avec les enfants, et c'est ce que ça engendré!
Je me suis transformé en enfant du 21e siècle et j'ai vécu à travers mon téléphone pour une minute, ne sachant pas que je capterais une perle dans le genre abruti :
On a vu les vans blanches de l'antiémeute avec ses antiémus dedans, j'ai bien fait attention de pas me faire encercler.
Finalement, tout le monde a continué sur St-Denis.
Apparemment, zéro arrestation.
Je me demande, est-ce que ça rapport avec le fait que c'est de plus en plus un mouvement populaire et plus seulement étudiant?
Les casseroles, c'est le moyen que les gens qui travaillent et qui ont des enfants, ou non, ont choisi pour se faire entendre.
Entends-tu, Charogne?
On a le Che de notre bord.
Tremble.
Et décalisse.
mardi 22 mai 2012
L'Espoir
Je n'ai de ma vie, jamais été aussi fier d'être montréalais.
Je suis revenu de ma nouvelle job (de cave, j'en reparlerai en moment opportun), j'ai regardé les images de la manifestation.
J'ai très sincèrement pleuré, de joie et de rage de ne pas avoir pu ajouter mes pas aux leurs.
Me trouvait lâche.
Ça a vite passé.
À 20h, toute la smala est sortie sur le balcon en avant.
Petite séance de piochage sur les casseroles, pour se souvenir en même temps du Chili, Pinochet, Jara, Allende, Neruda et tous ceux disparus durant ces effroyables années de dictature américaine.
Les enfants savaient pourquoi on piochait.
Pépin qui sent sa soeur arriver bientôt est plutôt inquiet en général ces temps-ci, il a peur du vent, des bruits, de tout. J'ai dit un mot de trop (ou pas) pendant que j'expliquais et maintenant il a peur des polices.
« Faut faire du bruit pour faire partir les Méchants, Pépin! »
Y a pioché en tabarnac.
Je leur avais ben expliqué qu'on serait peut-être tout seul au début, mais que les gens arriveraient peut-être.
Après 5 minutes de piochage, Douce me dit d'arrêter. Ça m'irrite, je demande pourquoi.
Écoute, qu'elle dit.
Ça piochait partout dans le quartier.
On s'est mis à marcher.
J'ai tapoché sur une pancarte de passage d'écoliers qui était renversée.
Ça sonnait en esti.
On s'est ramassé avec les amis pas loin de chez nous.
C'était la fête, Grand Fiston et Vinny Boy qui courait partout en se tapant sur la tête, protégée par leurs casseroles.
Une bonne centaine de gens, ben tanné de se faire prendre pour des caves.
J'ai attendu en vain de voir un char de police passer.
Peut-être demain.
J'aime ma ville.
Mon pays, le Québec.
Il est plus que temps qu'on se le réapproprie, les chiens ont assez grugé dedans.
Au moins, Pinochet avait pas peur de porter l'uniforme.
Une autre preuve que Charest fait rien de bon.
Même pas capable de mettre le costume qui lui irait le mieux.

Je suis revenu de ma nouvelle job (de cave, j'en reparlerai en moment opportun), j'ai regardé les images de la manifestation.
J'ai très sincèrement pleuré, de joie et de rage de ne pas avoir pu ajouter mes pas aux leurs.
Me trouvait lâche.
Ça a vite passé.
À 20h, toute la smala est sortie sur le balcon en avant.
Petite séance de piochage sur les casseroles, pour se souvenir en même temps du Chili, Pinochet, Jara, Allende, Neruda et tous ceux disparus durant ces effroyables années de dictature américaine.
Les enfants savaient pourquoi on piochait.
Pépin qui sent sa soeur arriver bientôt est plutôt inquiet en général ces temps-ci, il a peur du vent, des bruits, de tout. J'ai dit un mot de trop (ou pas) pendant que j'expliquais et maintenant il a peur des polices.
« Faut faire du bruit pour faire partir les Méchants, Pépin! »
Y a pioché en tabarnac.
Je leur avais ben expliqué qu'on serait peut-être tout seul au début, mais que les gens arriveraient peut-être.
Après 5 minutes de piochage, Douce me dit d'arrêter. Ça m'irrite, je demande pourquoi.
Écoute, qu'elle dit.
Ça piochait partout dans le quartier.
On s'est mis à marcher.
J'ai tapoché sur une pancarte de passage d'écoliers qui était renversée.
Ça sonnait en esti.
On s'est ramassé avec les amis pas loin de chez nous.
C'était la fête, Grand Fiston et Vinny Boy qui courait partout en se tapant sur la tête, protégée par leurs casseroles.
Une bonne centaine de gens, ben tanné de se faire prendre pour des caves.
J'ai attendu en vain de voir un char de police passer.
Peut-être demain.
J'aime ma ville.
Mon pays, le Québec.
Il est plus que temps qu'on se le réapproprie, les chiens ont assez grugé dedans.
Au moins, Pinochet avait pas peur de porter l'uniforme.
Une autre preuve que Charest fait rien de bon.
Même pas capable de mettre le costume qui lui irait le mieux.
lundi 21 mai 2012
Désarroi
J'essaie d'écrire sur ce qui se passe ici, au Québec, en 2012.
J'y arrive pas.
La rage.
Quel gâchis.
Honte.
Honte aux silencieux, aux bornés, aux obstineux sans génie.
Fermez vos TV.
C'est là que ça se passe:
http://cutvmontreal.ca/broadcasts/2012/5/20
Dans la rue.
Charest, mange dla marde.
J'y arrive pas.
La rage.
Quel gâchis.
Honte.
Honte aux silencieux, aux bornés, aux obstineux sans génie.
Fermez vos TV.
C'est là que ça se passe:
http://cutvmontreal.ca/broadcasts/2012/5/20
Dans la rue.
Charest, mange dla marde.
vendredi 18 mai 2012
Résistance
J'étais ti-cul.
C'est en fait dans mes premiers souvenirs, l'hiver de mes quatre ans et demi.
Ça me reviens pêle-mêle, mes premiers matchs de hockey à l'aréna, la grossesse de ma mère, la fois qu'elle pleurait à cause de la mort de Lennon, et surtout, surtout, ce nom étrange qui revenait partout; Pierre DeBané, le ministre de l'Expansion économique régionale.
À ce nom est associé le souvenir de marches en plein hiver, des marches qui n'avancent pas, mais qui au moins me donne le temps de regarder le train qui n'avance pas non plus, bloqué qu'il est par un voyage de gravelle sur la track.
Les gens voulaient travailler. DeBané avait promis une papeterie, elle est jamais venue, la papeterie.
Elle est allée à Matane, proche du bureau de comté de DeBané (je vais écrire ce nom-là aussi souvent que possible).
Peut-être que mes racines de pas content viennent de là.
La Gaspésie a tout un historique de confrontations avec les gouvernements. C'est une région qui fut longtemps laissée pour contre et carrément bafouée, notamment dans tout ce grand fiasco de Forillon.
À l'hiver 1981, donc, les gens ont manifesté à Amqui, contre les mensonges de DeBané.
Michel Chartrand est venu faire son tour, ça parlait d'Amqui dans les nouvelles.
Les femmes de la région on fait une chose extraordinaire, qui fait rêver aujourd'hui.
Elles ont réussi à faire fermer les commerces, rapailler le monde, principalement les femmes, et elles sont allées encercler le poste de police pour les empêcher de sortir et d'arrêter tout le monde.
L'idée est tellement simple et porteuse d'une vérité trop souvent oubliée, kissé qui paye les policiers?
Nous autres, câlisse.
Si ton boss t'empêche de rentrer travailler, ben, tu y vas pas.
J'ose même pas imaginer la réaction des médias populistes si on réalisait un pareil tour de force en ce moment.
Me semble que ça vaudrait la peine d'être essayé, tant qu'à se faire casser la gueule.
Une loi, ça vaut quoi, si tout le monde décide que ça vaut rien?
Est-ce que le reste de la population va finalement embarquer?
C'est en fait dans mes premiers souvenirs, l'hiver de mes quatre ans et demi.
Ça me reviens pêle-mêle, mes premiers matchs de hockey à l'aréna, la grossesse de ma mère, la fois qu'elle pleurait à cause de la mort de Lennon, et surtout, surtout, ce nom étrange qui revenait partout; Pierre DeBané, le ministre de l'Expansion économique régionale.
À ce nom est associé le souvenir de marches en plein hiver, des marches qui n'avancent pas, mais qui au moins me donne le temps de regarder le train qui n'avance pas non plus, bloqué qu'il est par un voyage de gravelle sur la track.
Les gens voulaient travailler. DeBané avait promis une papeterie, elle est jamais venue, la papeterie.
Elle est allée à Matane, proche du bureau de comté de DeBané (je vais écrire ce nom-là aussi souvent que possible).
Peut-être que mes racines de pas content viennent de là.
La Gaspésie a tout un historique de confrontations avec les gouvernements. C'est une région qui fut longtemps laissée pour contre et carrément bafouée, notamment dans tout ce grand fiasco de Forillon.
À l'hiver 1981, donc, les gens ont manifesté à Amqui, contre les mensonges de DeBané.
Michel Chartrand est venu faire son tour, ça parlait d'Amqui dans les nouvelles.
Les femmes de la région on fait une chose extraordinaire, qui fait rêver aujourd'hui.
Elles ont réussi à faire fermer les commerces, rapailler le monde, principalement les femmes, et elles sont allées encercler le poste de police pour les empêcher de sortir et d'arrêter tout le monde.
L'idée est tellement simple et porteuse d'une vérité trop souvent oubliée, kissé qui paye les policiers?
Nous autres, câlisse.
Si ton boss t'empêche de rentrer travailler, ben, tu y vas pas.
J'ose même pas imaginer la réaction des médias populistes si on réalisait un pareil tour de force en ce moment.
Me semble que ça vaudrait la peine d'être essayé, tant qu'à se faire casser la gueule.
Une loi, ça vaut quoi, si tout le monde décide que ça vaut rien?
Est-ce que le reste de la population va finalement embarquer?
mercredi 16 mai 2012
Incompétents
Quelle incroyable bande de crisse de morons d'esti.
Quelle superbe façon de perpétuer cette si particulière cécité.
Comme si les jeunes qui sont dans la rue étaient faits de la même pâte molle que les irresponsables
de ma génération qui se crissent de toutes, tant que leurs piscines à Blainville chauffent encore un peu plus.
Ça fait combien de lois spéciales en 9 ans?
Ils s'attendent à quoi?
C'est à croire qu'ils souhaitent des émeutes pour continuer de se faire petit à petit, un coup de matraque à la fois, du capital politique.
C'est ta tombe que tu viens de creuser, Johnny C.
Tu iras rejoindre tes amis chez Barrick Gold oubedon Power Corp.
À moins que tu préfères ça?
Quelle superbe façon de perpétuer cette si particulière cécité.
Comme si les jeunes qui sont dans la rue étaient faits de la même pâte molle que les irresponsables
de ma génération qui se crissent de toutes, tant que leurs piscines à Blainville chauffent encore un peu plus.
Ça fait combien de lois spéciales en 9 ans?
Ils s'attendent à quoi?
C'est à croire qu'ils souhaitent des émeutes pour continuer de se faire petit à petit, un coup de matraque à la fois, du capital politique.
C'est ta tombe que tu viens de creuser, Johnny C.
Tu iras rejoindre tes amis chez Barrick Gold oubedon Power Corp.
À moins que tu préfères ça?
mardi 15 mai 2012
Grand Art
C'est une chose que je veux faire depuis longtemps.
Ça me semble être la forme d'art la plus vivante depuis une 20e d'années.
Y a qu'à regarder les maitres tel que Banksy pour s'en convaincre.
J'ai toujours pas eu le temps de m'y mettre. À la retraite (!), surement, ou une fois que les enfants seront en âge d'en faire avec moi.
En attendant, y en a un sapré bon qui est apparu dans le quartier, ça a ça de bon, les crises politiques, l'éveil des consciences et de l'art.
C'était sur un mur de l'école à Grand Fiston ce matin, ça me remplit de joie.
Pchhhhhhhh!
mardi 8 mai 2012
Le contenu de ce message pourrait choquer
Faut vraiment être brainwashé pour croire que les jeunes prennent la rue seulement pour contrer une augmentation de « 50 sous par jour ».
Honte aux Desmarais et leur laquais, Jean Charest. Qu'ils pourrissent tous autant qu'ils sont, sur place, instantanément, rattrapés par leur idéologie de pleins de marde.
Et essayez même pas de venir me dire que la police fait ce qu'elle peut. Moi aussi je fais ce que je peux, en n’étant pas police.
« On voit pas tout, y manque la provocation des manifestants! »
Ben, vas-y manifester si tu veux voir tant que ça comment ça marche!
J'espère pour toi et ton crâne que tu cours vite.
Honte aux Desmarais et leur laquais, Jean Charest. Qu'ils pourrissent tous autant qu'ils sont, sur place, instantanément, rattrapés par leur idéologie de pleins de marde.
Et essayez même pas de venir me dire que la police fait ce qu'elle peut. Moi aussi je fais ce que je peux, en n’étant pas police.
« On voit pas tout, y manque la provocation des manifestants! »
Ben, vas-y manifester si tu veux voir tant que ça comment ça marche!
J'espère pour toi et ton crâne que tu cours vite.
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