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lundi 20 octobre 2008

Reliques II



Grâce à ce brave commando8, j'ai remis la main sur de bonnes versions numérisées de quelques unes de mes photos de murs.
C'est drôle parce que je pensais à ça récemment.
Le processus que c'était.
J'attendais que la nuit tombe et je partais avec mon walkman, le trépied, les négatifs et la caméra 4x5 à grand angle de l'école.
Quand on parle de 4x5, on parle du négatif, 4 pouces par 5 pouces.
La caméra en question était super parce que compacte, ce qui me permettait de me déplacer pas mal, en bécik la plupart du temps (c'était celui de Commando8, incidemment).
Il y avait un chronomètre sur mon walkman, ce qui était pratique parce que je devais faire des expositions de six à neuf minutes, ça dépendait de la lumière.
La trame sonore était presque exclusivement constituée des deux premiers albums des Weakerthans. Fallow et Left and Leaving.
J'étais dans une grande quête de minimalisme et de simplicité, peut être en réaction avec le pelletage de nuage de certain de mes profs et collègues, et les paroles de John K Samson m'ont atteintes instantanément.

My city's still breathing (but barely it's true) through buildings gone missing like teeth. The sidewalks are watching me think about you, all sparkled with broken glass.

Fort à propos, puisque je considérais que le vagabondage nécessaire à la prise de ces photos était aussi important que les images elles mêmes.
Ce qui se reflétait je suppose puisqu'une des profs avait fait la remarque "Ça me rappelle le texte Wanderer de Walter Benjamin".
Me voilà qui droppe des noms d'auteurs que j'ai presque compris.

Aussi,
J'en entends déjà, au loin, "vas tu nous côlissser patience ek sa musique".
Je ne suis que musique, que danse.
Je suis une ronde dans un monde de croche.

Donc, photo et musique.

Left and leaving
Notez comment c'est beau un loup, merci youtube.



C'est une des premières celle là, j'étais pas sûr de où je m'en allais avec ça.




Aside




Tiens, une fleur.
None of the above






Je mets tout ça pèle mêle, évidemment, le projet final était un peu plus cohérent.










dimanche 10 août 2008

Porté disparu

Très chers 13 lecteurs, vous me voyez dans le regret de vous annoncer que nous partons, ma petite famille et moi, en vacances, et cela pour les deux prochaines semaines.
J'ai bien essayé de les convaincre de demeurer dans la civilisation, rien n'y fait.
Même la solution de rechange (voler un laptop) n'a pas passé au conseil.
Donc, vous n'aurez donc fort probablement pas de matériel gommeux à vous mettre sous la dent pour les deux prochaines semaines.

Pas de panique, j'ai pensé à vous!
Je vous envoie une sélection de musique de route que vous pourrez écouter d'un coup, ou à votre rythme, j'irai quand même pas vous dire quoi faire.

Pour sacrer le camp de la ville, faut du rock n roll.
Voici donc une courte sélection de rock de base de luxe.

Les barres blanches:





Les clés nouères:





En cas de pluie
Les Taxis morts pour beautée:



Un peu de Renaud, du vieux:



Du neu:




Ça devrait faire, pour la musique.
Vous pourrez vous promener ici à la guise de l'horaire que je vous ai confectionné pour les deux semaines.

Mardi le 12, vous pourrez regarder ça et ça, n'oubliez pas de me rappeler de scanner ça comme du monde la prochaine fois.

Jeudi (c'est les vacances, aux deux jours ça devrait être correct!) le 14, continuer sur la lancée des murs aveugles et lire le truc sur Sudbury, y a pas mal de liens dans les commentaires, si vous les avez pas vu encore.
En vlà un autre.
Ah, et salutations à Mariana qui visite le blog de temps à autres.

Samedi le 16, tant qu'à être dans le Nord de l'Ontario, autant monter encore un peu et relire Le Ripper. Dois bien rester du monde que j'ai pas encore achalé avec ça.

Lundi le 18, commencer la semaine relaxe, repartir de l'Ontario et passer par Hearst.

Mercredi le 20, s'amuser avec Monsieur Poilu.
Et oui, un jour, vous en aurez encore des nouvelles, je reçois plein de courrier à son sujet. Patience.

Vendredi le 22, attendre impatiemment mon retour en regardant ma photo, à moi, préféré des cinq dernières années. Celle là.

Voilà, bon deux semaines.

samedi 28 juin 2008

Sudbury

Je ne me suis jamais arrêté complètement à Sudbury.
Le train a traversé lentement les environs de la ville.
J'étais collé à la fenêtre.
Abasourdi par tout ces moignons d'arbres qui poussait tant bien que mal.
Malgré le nickel. Le cuivre. Le sulfure. L'homme.
Je m'étais promis que je reviendrais, avec mes kodaks.

Par la suite j'ai découvert Sudbury, le recueil de Patrice Desbiens.
En revenant du vernissage à Tristan, à Québec, dans leur vieille golf pourrie, assis en arrière.
Le livre était dans la craque du siège.
Je l'ai lu et je suis tombé encore un peu plus sur le cul.
De la poésie en français qui me parlait.
À moué.
Je revoyais aussi Sudbury et tout le monde qui parle français dans ces coins perdus que les banquiers n'ont pas oubliés.

En dinant avec fils tout à l'heure, j'ai ouvert la tévé.
Je sais pas pourquoi j'ai fait ça.
Plus étrange encore, la tévé était à TVA.
Fuck, que je me dis, vite, changeons de poste avant que le petit soit contaminé!
Sauf que.
J'arrivais au moment exact où la présentatrice de je sais pas quel émission disait:
«Et maintenant une jeune photographe qui photographie les endroits oubliés de Sudbury».
Watch out la marde que je me dis, cynique et désabusés du kodak que je suis.
Sauf que.
J'en shake encore.
Je me suis comme trouvé une âme sœur photographique.
C'est pas comme si ça ressemblait un peu.
C'est comme si j'étais là. En fille.
À Sudbury.
http://www.lapetitefumee.ca/sudbury.html
Je pensais jamais dire ça de ma vie, mais...
Merci TVA.



Mariana Lafrance